François Hollande à Toulouse : "Chacun son tour"

 |   |  571  mots
François Hollande a échangé pendant deux heures avec des lycéens de Toulouse.
François Hollande a échangé pendant deux heures avec des lycéens de Toulouse. (Crédits : Pierrick Merlet)
En déplacement à Toulouse, lundi 15 avril, pour échanger avec des lycéens au sujet de l'Europe, François Hollande n'a pas souhaité commenter l'actualité. Néanmoins, à travers des allusions, il appelle Emmanuel Macron à faire preuve de patience dans sa prise de décision en écoutant les corps intermédiaires.

Près d'un an après sa précédente venue à Toulouse pour dédicacer son livre "Les leçons du pouvoir", l'ancien président de la République, François Hollande, était de retour dans la Ville rose lundi 15 avril. Alors que le soir-même son successeur doit annoncer des chantiers résultant du Grand Débat National lancé en réponse à la crise des Gilets jaunes, François Hollande s'est rendu au lycée Pierre-de-Fermat, dans le centre-ville toulousain. Là-bas, environ 250 lycéens de cinq établissements de la région l'ont questionné sur l'Europe, à quelques semaines d'un scrutin (à l'issue incertaine) devant renouveler le Parlement européen.

"Pensez-vous que l'objectif d'homogénéité de l'Union européenne entre les États est possible ?", "Quelles sont les trois grandes priorités pour l'Europe dans les années à venir selon vous ?", "Comment pouvons-nous combattre l'euroscepticisme ?", ont ainsi posé quelques élèves volontaires, avant d'entamer les sujets sensibles.

Pour un retour de l'ISF

Malgré le fait que la rencontre soit organisée pour répondre à des questions sur l'Europe et son mandat de chef de l'État, un jeune Toulousain a souhaité connaître le sentiment de l'ancien dirigeant sur l'actualité des dernières semaines : "Comment jugez-vous l'action du gouvernement en réponse au mouvement des Gilets jaunes et si vous étiez encore président de la République, qu'auriez-vous fait ?". Celui qui avait prévu de ne pas commenter l'actualité se voit alors obligé de répondre.

"Ma conviction est que quand une mesure fiscale est longuement rejetée car incompréhensible, il vaut mieux faire un pas de côté et essayer d'avancer. Lorsque l'on laisse une colère perdurer, lorsque la rancœur s'ajoute, lorsqu'il y a des violences, lorsqu'il y a des répressions, cela créé à ce moment-là une crispation beaucoup plus difficile de calmer comme on peut le constater avec le mouvement actuel. Cela s'est embrayé sur d'autres revendications qui n'avaient plus rien à voir avec le prix des carburants, qui révèlent sans doute une crise plus profonde qui remonte à une période beaucoup plus lointaine que ma présidence, où des personnes qui vivent sur des territoires ont le sentiment et la démonstration qu'ils n'ont plus accès aux mêmes services que les autres, que c'est plus dure pour eux, qu'elles sont oubliées par les décisions publiques, elles ont le sentiment que les métropoles ont capté l'essentiel du pouvoir. Donc il faut une réponse qui n'est plus simplement fiscale, même s'il faut rétablir l'impôt sur les plus riches, mais la réponse doit être de plus long terme en se posant la question de comment faire revivre ces territoires... Pour le reste, je n'irai pas plus loin afin de pas perturber l'allocution télévisée du président de la République de ce soir... Chacun son tour", termine François Hollande en rigolant.

Difficile de ne pas voir un message caché en direction de son ancien poulain, Emmanuel Macron. En plus de lui reprocher son entêtement, l'ancien secrétaire national du Parti socialiste a également mis en garde son ancien ministre de l'Économie contre "la tentation de vouloir allez vite, sans prendre le temps du dialogue avec les élus locaux et les syndicats". Alors, certes François Hollande ne voulait pas perturber l'intervention d'Emmanuel Macron, mais une piqure de rappel était inévitable.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :