Autoroute Toulouse-Castres : trois recours vont être déposés

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Des opposants au projet d'autoroute Toulouse-Castres vont saisir le Conseil d'État.
Des opposants au projet d'autoroute Toulouse-Castres vont saisir le Conseil d'État. (Crédits : Regis Duvignau)
Alors que la déclaration d’utilité publique de la future autoroute Toulouse-Castres a été publiée le 19 juillet, des opposants vont déposer trois recours auprès du Conseil d’État d’ici la mi-septembre. Ainsi, un collectif de maires et deux associations seront les porteurs de ces recours. Ils espèrent financer les frais d’avocats par un appel aux dons.

"C'est le premier acte administratif que l'on peut attaquer en justice", lance Philippe Marty, adjoint au maire du village de Lacroisille. L'élu local fait référence à la publication de la déclaration d'utilité publique (DUP) de la future autoroute Toulouse-Castres au Journal Officiel le 19 juillet par le gouvernement. Pour rappel, une DUP est une procédure administrative française qui permet de réaliser une opération d'aménagement, après qu'une enquête publique ait été effectuée. Une enquête publique qui avait rendu un avis favorable fin 2016, à condition que les services de l'État prennent en compte trois réserves soulevées par les enquêteurs.

Dès lors, les opposants à ce projet d'autoroute entre Toulouse-Castres, reliant les deux villes par une 2x2 voies, ont organisé vendredi 27 juillet une conférence de presse dans la salle des fêtes de ce village du Tarn (81) pour officialiser leur intention de déposer un recours contre cette DUP. Mais en réalité ce sont trois recours qui vont être déposés auprès du Conseil d'État par trois entités différentes.

"Un recours va être déposé par le collectif des maires de la vallée du Girou qui réunit 17 communes, un autre par l'association France Nature Environnement Midi-Pyrénées et un dernier par une autre association, La Coulée Verte. L'objectif de cette démarche collective est d'avoir des recours complémentaires afin d'annuler la DUP", détaille Philippe Marty.

Non suspensifs, les recours devront être déposés avant le 19 septembre prochain, soit deux mois après la publication au Journal Officiel du texte par le gouvernement. C'est le délai maximum pour effectuer une telle démarche. Après cela, les contestataires du projet espèrent obtenir un verdict par le Conseil d'État d'ici 18 mois.

Un appel aux dons pour financer les frais d'avocats

Pour les accompagner dans cette démarche qui s'annonce longue et complexe, les trois entités ont fait appel à des cabinets d'avocats différents. Le collectif des maires a notamment choisi le cabinet toulousain Cairn. Mais c'est une initiative coûteuse.

"Selon divers paramètres, dont notamment la durée de la procédure, cela nous reviendra au total entre 5 000 et 8 000 euros de frais d'avocats. Pour les financer, nous avons lancé un appel aux dons, géré par l'association PACT (Pas d'Autoroute Castres-Toulouse, ndlr). Si la somme récoltée n'est pas suffisante, les mairies compléteront", annonce Sabine Mousson, la maire de Teulat, une autre commune du Tarn opposée au projet.

Dans un communiqué annonçant la démarche, cette association rappelle notamment ses arguments justifiant sa lutte contre le projet : "L'impact sur la santé et l'environnement est largement négatif, les destructions de terres agricoles et de zones naturelles sont irréversibles, le coût supporté par les collectivités locales est sans précédent, le péage de 15 euros est injuste, les déviations gratuites existantes deviendront payantes et les villages retrouveront le trafic routier d'avant".

"Nous avons toujours été pour le désenclavement de Castres et de son bassin d'emploi, mais pas par un projet d'autoroute", rappelle de son côté Sabine Mousson.

En effet, les opposants privilégient un aménagement de l'actuelle RN 126, qui répond bien plus aux besoins du territoire selon eux. Ils avaient d'ailleurs financé il y a quelques temps une étude pour exploiter cette hypothèse.

Lire aussi : L'autoroute Toulouse-Castres devrait voir le jour

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a écrit le 31/07/2018 à 11:04 :
Ce serai bien une 2x2 voies. Le soucis c'est comment trouver l'argent public qui n'existe plus. Bien entendu si les maires opposes a ce projet acceptent de payer ou faire payer les gens qui soutiennent leur projet, alors je soutiens ardemment. Pour le reste, ces maires qui se trouvent en amont de toulouse (et pas a castres, aval du projet) ne se tapent pas la route en mauvais etat et dangereuse tous les jours pour aller travailler a toulouse ou a castres. Jamais pu comprendre qu'on préfère sacrifier de l'emploi e du développement économique au un petit égoïsme mesquin de campagne.
a écrit le 31/07/2018 à 9:48 :
la vitesse a 80 sur le réseau secondaire serait plus dangereuse ! pour montrer son mécontentement si l usagé s abstenait d emprunter les autoroutes devenues trop chères ? une belle pagaille :!
a écrit le 31/07/2018 à 9:47 :
la vitesse a 80 sur le réseau secondaire serait plus dangereuse ! pour montrer son mécontentement si l usagé s abstenait d emprunter les autoroutes devenues trop chères ? une belle pagaille :!
a écrit le 31/07/2018 à 8:57 :
Vu le trajet en effet on voit mal le côté utile du truc, la région est déjà quand même pas mal abimée par le goudron et le béton, si c'est pour faire encore uns fois plaisir à tel ou tel oligarque cela n'en vaut vraiment pas la peine.

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