Régionales : Martin Malvy réélu avec 67,77% des voix devant Brigitte Barèges à 32,23%

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Martin Malvy a remporté haut la main le duel l'opposant à Brigitte Barèges lors du 2e tour des élections régionales. Le président sortant a recueilli 67,77% des voix. Il bénéficie à plein de l'union conclue avec Europe Écologie et le Front de Gauche mardi dernier. Loin derrière, la chef de file de l'UMP atteint 32,23%.

Martin Malvy a remporté haut la main le duel l'opposant à Brigitte Barèges lors du 2e tour des élections régionales. Le président sortant a recueilli 67,77% des voix. Il bénéficie à plein de l'union conclue avec Europe Écologie et le Front de Gauche mardi dernier. Loin derrière, la chef de file de l'UMP atteint 32,23%. Elle abandonne son poste de députée pour siéger au Conseil régional. Les réactions et la composition du futur Conseil régional.

Largement en tête au soir du premier tour, Martin Malvy n'avait même pas besoin de sceller la moindre alliance pour l'emporter au 2e tour. Pour éviter une triangulaire comme en 2004, le socialiste a pourtant choisi de faire liste commune avec Europe Ecologie, qui était en capacité de se maintenir, et le Front de Gauche. Bien lui en a pris : il décroche le meilleur résultat de France. Avec 67,77% des voix, il s'octroie une majorité très confortable de 69 sièges au Conseil régional et repart pour un 3e mandat, très vraisemblablement le dernier.

Le Conseil régional se composera donc ainsi : 37 sièges pour les socialistes et apparentés, 15 pour Europe Ecologie, 9 pour le Parti Radical de Gauche, 7 pour le Front de Gauche et 1 pour le MRC. La droite bénéficiera de 22 sièges : Brigitte Barèges souhaite "un seul groupe sous la bannière UMP Majorité présidentielle".

Depuis le siège de la fédération départementale du Parti socialiste à Toulouse, Martin Malvy s'est exprimé vers 20h45, le président du Conseil général de Haute-Garonne Pierre Izard à ses côtés :"C'est la plus belle élection que j'ai jamais connue. L'union entre les différents courants de gauche a bien fonctionné. Cela n'a pas été facile car nous avons laissé des camarades en chemin. C'était une campagne militante. Je suis très heureux d'avoir réuni autant de jeunes. Midi-Pyrénées a des atouts formidables : industrie, PME, laboratoires de recherche... Ces cartes fabuleuses, nous devons les valoriser. Par ailleurs, le deuxième enseignement de cette élection, c'est la défaite de la droite. Elle prouve le fait que le gouvernement est déconnecté de la réalité. C'est une réponse à la droite et à la politique insupportable qu'elle mène. Concernant l'union, c'est l'acte politique que nous devions connaître. La gauche ne gagnera jamais si elle est désunie. Cet exemple doit être une leçon pour l'avenir." Martin Malvy a tenu à remercier "les militants, tous les militants. Il y a quelques mois, nous nous étions dit qu'il faudrait mener jusqu'au bout une campagne militante. Pari gagné !"

Les résultats en main, Gérard Onesta (chef de file d'Europe Ecologie) ne s'est pas départi de son humour : "Ca ne m'était jamais arrivé d'avoir mon nom sur le ticket du vainqueur ! Je vois dans ce score deux messages : d'une part, la droite doit revoir sa copie. Ensuite, cela prouve, impose même, un rassemblement de la gauche. C'est le seul moyen de la réinventer. Pour 2012 et la présidentielle, le boulot commence maintenant. Si ça ne marche pas, il ne faudra pas chercher d'excuses."

Christian Picquet, chef de file du Front de Gauche, a accueilli cette "excellente" nouvelle avec le sourire. "Cela prouve bien que ce gouvernement est minoritaire dans ce pays et le rejet de la politique de l'UMP. Pour la gauche, tout commence. Nous devons donner à Midi-Pyrénées une ambition à la mesure de ce score sans appel."

Brigitte Barèges s'est efforcée, tout au long de la semaine, de remobiliser ses troupes après la claque reçue au 1er tour. Mais ses efforts, ainsi que ses appels en direction des abstentionnistes, seront finalement restés vains. La députée-maire de Montauban, élue lors des primaires de l'UMP au détriment de Gérard Trémège, maire de Tarbes et ex-UDF, recueille 32,23% des voix. L'heure n'était pourtant pas à la morosité à 20h, au QG de Brigitte Barèges, à l'annonce des premiers résultats. Loin d'être accablée par un score qui s'apparente à une déroute, la tête de liste de la majorité présidentielle en Midi-Pyrénées affichait une mine presque réjouie : "On se maintient par rapport aux autres régions françaises, commente-t-elle. On n'est pas ridicule, alors que nous partions de loin, face à un président sortant qui a fait campagne pendant 12 ans. J'estime, en outre, que nous avons commencé à perdre ces élections en perdant les municipales en 2008. Mais nous avons mené une belle campagne au cours de laquelle on s'est bien amusé. Je ne regrette rien."

Au fur et à mesure que les résultats tombent, le constat est toutefois implacable : excepté en Aveyron où l'UMP flirte avec les 40 % (39,34 %), partout ailleurs la défaite est cuisante. Une débâcle que la députée-maire de Montauban attribue au clientélisme de Martin Malvy, à la presse, au contexte économique et à la confusion des genres: "Je regrette que l'on ait mélangé les enjeux électoraux mais la gauche a bien réussi son coup en faisant de ces régionales une élection nationale, a-t-elle analysé à chaud. On sait bien qu'en temps de crise économique, il faut trouver des boucs émissaires."

Loin de céder au découragement, Brigitte Barèges avait, dès le 19 mars en soirée, annoncé son intention de siéger au Conseil régional à la tête de l'opposition, contrairement à ce qu'elle avait annoncé lors de la campagne : "C'est un nouveau départ qui s'amorce : je vais mettre à profit les 4 ans qui viennent pour reconstruire, faire émerger une nouvelle génération d'élus et combler mon déficit de notoriété qui m'a certainement pénalisé lors de ce scrutin." Conséquence ? Elle a décidé de renoncer à son mandat de député: "J'ai pris le goût de la Région au cours de cette campagne. Il y a des enjeux considérables à relever qui justifient que je m'y consacre pleinement, justifie-t-elle. Etant une femme d'action et de concrétisation, je suis plus à l'aise avec un mandat local." Et d'annoncer, sous les applaudissements des militants, qu'elle entrait "officiellement" en campagne pour 2014 dès ce soir. En ayant, au préalable, "réglé ses comptes" avec quelques "apparatchiks" de son camp: "Ils ne m'ont pas soutenu pour préparer leur propre candidature lors du prochain scrutin. On va donc laver notre linge sale en famille avant de repartir au combat."

Dans les locaux de France 3, Elizabeth Pouchelon, directrice de campagne de Brigitte Barèges, s'efforçait de positiver elle aussi : "Globalement, nous avons bien résisté dans un contexte difficile. Notre score est honorable. Quant à la décision de Brigitte Barèges d'abandonner son poste de députée, cela s'explique facilement : elle trouve ce résultat encourageant et ne veut pas laisser l'élan né de cette campagne retomber. Elle pense être faite pour la politique locale pouvoir être plus utile localement et abandonne donc son siège à l'Assemblée Nationale. Cela lui permet dès à présent de constituer un vrai groupe d'opposition dans la perspective des prochaines élections."

Le taux d'abstention au second tour atteint 45,61% .

Mikaël Lozano et Jean Couderc

Plus d'informations à suivre

En photo : Christian Picquet (Front de Gauche), Martin Malvy (PS), Gérard Onesta (Europe Ecologie) et Jean-Michel Baylet (PRG). (photo Rémi Benoit)

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