Embelium cultive des emballages 100 % naturels et compostables

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Embelium a mis au point une alternative naturelle aux emballages en polystyrène.
Embelium a mis au point une alternative naturelle aux emballages en polystyrène. (Crédits : Embellium)
Basée dans les Hautes-Pyrénées, Embelium a mis au point une alternative naturelle aux emballages en polystyrène. Ce matériau innovant, fabriqué en France, est composé à partir de fibres d’origine agricole. Entièrement végétal et biodégradable, il se décline sous plusieurs formes et peut convenir pour l’isolation et la protection de nombreux objets. Portrait.

Chaque année, des millions de tonnes de déchets plastiques se retrouvent dans l'environnement, notamment les océans, perturbant ainsi les écosystèmes. Souvent, ces déchets ont une durée de vie très limitée et sont à usage unique. Depuis Laloubère dans les Hautes-Pyrénées, Embelium travaille sur des emballages cultivés et naturels. Vertueux et a très faible impact sur l'environnement, ce matériau peut être utilisé pour l'isolation et la protection des objets du quotidien. Entièrement végétale et compostable, cette alternative est 100 % Made in France.

 "En tant qu'apiculteur, je cherchais un matériau absolument naturel pour isoler les ruches. Habituellement, cela est fait avec des matières de pétrochimie ce qui ne convient pas, surtout en apiculture bio. Après avoir trouvé ce matériau, j'ai découvert qu'il était possible de le mettre en forme, d'en faire des objets et des éléments de packaging", raconte Rémi Laurant, fondateur d'Embelium.

Mélange de chanvre et de mycélium

Ce produit innovant, sur lequel il travaille depuis 2016, est obtenu grâce au mélange entre des co-produits agricoles français, non valorisés, qui finissent généralement en déchets (chanvre, lin, rafle de maïs, etc) et du mycélium, qui se trouve sous terre en particulier dans les forêts. Une fois ces deux éléments 100 % naturels assemblés, l'Embelium voit le jour. Ce dernier a un aspect de polystyrène, est de couleur blanche et est doux au toucher. Résistant aux chocs et à l'humidité, il est ininflammable, et est un isolant phonique et thermique. Il se décompose en 12 semaines, au fond du jardin, dans un composteur ou encore une benne à déchets verts. Inutile de chauffer la matière ou d'y ajouter des produits chimiques.

"Les co-produits agricoles sont des éléments issus de l'agriculture ou de la nature, mais qui ne sont pas cultivés spécifiquement pour réaliser ce matériau. L'Embelium ne pousse pas à transformer les surfaces agricoles alimentaires en surfaces agricoles dédiées aux matériaux et ne conduit pas à la déforestation", ajoute l'ancien président d'une PME dont l'activité principale était l'aéronautique.

Une solution pour les entreprises engagées

Grâce à des moules, il est possible de donner différentes formes à l'Embelium et obtenir différents packagings tels que des coffrets bouteilles pour vin et spiritueux, des boîtes pour cosmétiques ou encore des calages et protections pour pots en verre. Il convient donc à différents types d'applications et permet d'imaginer et inventer tous les emballages possibles. Par exemple, l'un des clients de la petite société, un industriel qui fabrique des éléments de chauffage dans l'énergie verte, se sert du matériau pour réaliser des cales qui permettent de positionner correctement les éléments dans les cartons durant le transport.

"Tous les clients qui sont intéressés par Embelium cherchent à limiter l'impact environnemental de leurs emballages et utilisent aujourd'hui du polystyrène ou de la mousse. Nous venons de créer un nouvel emballage pour un savon solide. Ce dernier va servir à la mise en vente, mais également après utilisation pour y ranger le produit ou en faire un autre usage, lui donner une seconde vie contrairement à un packaging en carton par exemple", ajoute l'entrepreneur.

Une fois sa fonction principale de protection et emballage terminée, la matière peut être réutilisée, et son usage déjoué. Il est ainsi possible de transformer un élément de calage rond en un pot de fleurs ou crayons.

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L'emballage peut être transformé en pot de fleurs (Crédits : Embellium).

Un prix de vente plus élevé

Contrairement à la mousse ou au polystyrène qui sont produits en série à partir d'éléments peu respectueux de l'environnement, Embelium est plus cher à produire et a par conséquent un prix de vente plus élevé. Plutôt rare, il ne bénéficie pas de l'écrasement des coûts possible par l'industrialisation. Tout de même, le coût de création d'un modèle dans cette matière resterait assez économique par rapport à d'autres solutions selon Rémi Laurent. Elle serait parfaitement adaptée pour des quantités allant de 1.000 à 10.000 pièces. Dans ces quantités-là, le coût de création du modèle "est très économique".

"Si l'on compare Embelium à un emballage en polystyrène fabriqué à des millions d'exemplaires dans une usine qui crache de la fumée partout, il y a évidemment un écart important. Le polystyrène est certes très économique et efficace, mais il n'est pas recyclé malgré le fait d'être recyclable. Le coût technique du recyclage et de la collecte seraient trop importants", explique le chef d'entreprise.

En quête de clients qui partage sa vision

Commercialisé depuis peu, le concept d'Embelium séduit aujourd'hui une poignée de clients français qui évoluent dans la cosmétique ou encore les énergies vertes. La startup qui est en cours de démarrage commercial, n'a pas vocation à exporter ses produits, mais à se rapprocher de ses clients. Elle vise des entreprises et structures qui développent des produits à forte valeur technologique, qu'ils souhaitent protéger, et qui comme elle, ne veulent pas "faire de concession par rapport à l'environnement".

Le fondateur d'Embelium travaille aujourd'hui seul au développement de son entreprise. Ce dernier n'a pas d'objectif précis en terme de chiffre d'affaires pour son projet. Son but principal est de démontrer qu'il y a une place pour les matières naturelles dans l'usage quotidien.

"L'objectif est de permettre au consommateur de faire la différence entre des matières qui sont 100 % naturelles et celles qui sont présentées comme telles, mais qui ne le sont pas. Il faut montrer qu'il existe des solutions, à faire émerger, qui ont un très faible impact environnemental et économique et qui sont dans des boucles locales. Embelium en est une, il en existe certainement plein d'autres. Il s'agit d'une nouvelle matière qui a besoin de trouver des clients qui se l'approprient et la comprennent pour en faire quelque chose de positif", termine Rémi Laurant.

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Commentaires
a écrit le 16/03/2021 à 8:54 :
Une bien belle idée qui mériterait d'être soutenue par du protectionisme dont normalement c'est le rôle. Il y aurait tant à faire avec ce bien bel outil d'ailleurs...

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