Startup : Skybirdsview, l'aéronautique au service des drones

Fondée début 2015 à Montauban, la startup Skybirdsview s'est positionnée sur un marché de niche en pleine expansion : l'intégration d'outils de surveillance aérienne ou de cartographie sur des drones lourds (de plus de 25 kg). La jeune société a déjà vendu ses services en Indonésie, en Côte d'Ivoire ou à Haïti. Elle espère lever 600 000 euros d'ici à la fin de l'année pour développer son activité à l'export.
La startup est spécialisée dans l'intégration d'outils de surveillance aérienne sur des drones lourds.
La startup est spécialisée dans l'intégration d'outils de surveillance aérienne sur des drones lourds. (Crédits : Skybirdsview)

Stéphane Imbert est un entrepreneur atypique dans le milieu des startups. Car, avant de lancer sa société, il a été pendant 10 ans pilote dans l'armée de l'air. Après 2 500 heures de vol au compteur et un pépin de santé, Stéphane Imbert entame une reconversion sur le marché des drones. En janvier 2015, il crée avec son associé Cyril Andrès la startup montalbanaise Skybirdsview. Ultradynamique, le secteur devrait, selon une étude de Xerfi, bondir en France de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013 à 288 millions d'euros à la fin 2015. Pour exister face à la prolifération d'acteurs (déjà 1 300 entreprises de drones en France), l'ancien pilote a décidé de se spécialiser sur un segment de niche : l'intégration d'outils de surveillance aérienne ou de cartographie sur des drones lourds (de plus de 25 kg).

"90 % des sociétés françaises de drones proposent de la photo ou de la vidéo, des utilisations qui ne demandent pas de compétences techniques particulières, observe Stéphane Imbert. Nous faisons partie des quatre sociétés françaises à s'être positionnées sur l'utilisation de drones civils lourds qui nécessitent des compétences aéronautiques. La DGAC demandent d'ailleurs une licence de pilote de ligne dès qu'on souhaite faire voler le drone au-delà d'un kilomètre."

Ces drones grand format, également appelés drones hélicoptères, peuvent supporter une vingtaine de kilos de matériel et disposent d'une très forte autonomie : 1h30 à deux heures en vol contre une vingtaine de minutes pour les drones de loisirs. Via ces drones haut de gamme essentiellement destinés aux professionnels, la startup propose des services de surveillance aérienne, de cartographie ou de topographie.

"Nous avons ainsi collaboré avec l'Institut Français de la vigne (basé dans le Gard) pour sonder les vignes et connaître le stade de maturation des récoltes. De son côté, la DDT du Tarn-et-Garonne nous a demandé des les aider à délimiter le domaine public sur les bords du Tarn", illustre l'entrepreneur.

L'autre versant de l'activité de Skybirdsview, c'est la formation.

"Nous avons noué un partenariat avec le concepteur de drones Delair-Tech. Nous avons déjà formé 45 de leurs clients. Et d'autres structures se sont montrées intéressées. Avec 3 semaines par mois de cours, cette activité représente pour le moment 50 % de notre activité", décrit Stéphane Imbert.

Une levée de fonds pour stimuler l'export

Basée à Montauban, la société compte pour le moment deux associés et deux salariés. Mais trois recrutements sont déjà prévus d'ici à fin 2015 et Skybirdsview table sur une dizaine de salariés à très court terme.

Par ailleurs, la startup va lancer une levée de fonds et espère récolter 600 000 euros. Objectif : disposer d'une trésorerie suffisante pour faire face à l'afflux de demandes en provenance du monde entier.

"Notre premier client était basé en Indonésie. Nous avons également noué des partenariats en Côte d'Ivoire, à Haïti, en Nouvelle-Zélande et au Cameroun. Nous sommes aussi actuellement en pourparlers avec l'Inde. Mais, dans les pays asiatiques, il s'agit davantage de joint-ventures, les entreprises cherchent à pouvoir acquérir les compétences pour devenir ensuite autonomes sur ces missions", poursuit Stéphane Imbert.

L'export représente pour le moment 20 % du chiffre d'affaires de la société mais, à terme, les associés aimeraient qu'il représente 70 % de leurs revenus.

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