Des chercheurs toulousains découvrent des microplastiques chez 10 % des poissons de la Garonne

Des scientifiques toulousains du CNRS ont quantifié pour la première fois la pollution en microplastiques dans les eaux et les sédiments de la Garonne. Les résultats de ce projet PastiGar révèlent que 10% des poissons et 2% des inverébrés ont ingéré des morceaux de plastique.

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La Garonne, source de pollution pour les poissons.
La Garonne, source de pollution pour les poissons. (Crédits : CNRS)

Les images de tortues des mers ayant consommé des morceaux de plastiques ont fait le tour du monde. C'est pourtant une image tronquée de cette forme de pollution : 80% des plastiques retrouvés dans les océans proviennent des rivières et des fleuves. Les cours d'eau servent de convoyeur de cette pollution depuis la zone où les plastiques entrent dans la nature jusqu'aux océans. Pendant cette phase de transport, les plastiques se fragmentent en petits morceaux de moins de 5 mm appelés microplastiques.

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L'agglomération toulousaine particulièrement touchée

Pour mieux comprendre cette pollution, des chercheurs de deux laboratoires toulousains du CNRS et de l'Université Paul Sabatier ont réussi pour la première fois à quantifier la présence des microplastiques dans les eaux de surface de la Garonne et de ses affluents. Lors de ce projet de recherche baptisé PlastiGar et financé par l'Agence de l'Eau Adour-Garonne et la région Occitanie, les scientifiques ont déployé au cours de l'année 2019 des filets afin de filtrer l'eau de surface pour mesurer cette pollution au niveau de 14 sites situés entre les Pyrénées et la ville d'Agen, en passant par l'agglomération toulousaine. Au total, les scientifiques ont récupéré 1.887 particules de 0.7 à 5 mm.

microplastique

Morceaux de plastique retrouvés dans la Garonne (Crédits: CNRS).

La pollution en microplastiques était particulièrement importante dans des zones fortement urbanisées de l'agglomération toulousaine. "Il existait également de fortes différences entre les saisons, avec une concentration augmentant fortement lorsque le débit des cours d'eau diminuait en été", relève le CNRS dans une restitution des résultats du projet.

Entre un et quatre microplastiques par poisson

Sur la base de ce constat, les scientifiques ont décidé de concentrer leurs travaux sur six sites localisés directement en amont, en aval et au sein de l'agglomération toulousaine afin de mieux comprendre si ces microplastiques contaminaient les différentes espèces d'invertébrés et de poissons de la Garonne.

"Les résultats ont démontré que 2% des invertébrés et 10% des poissons avaient ingéré des microplastiques. Chez les poissons contaminés, il y avait entre un et quatre microplastiques par individu", notent les chercheurs.

Avant de détailler :

"Les invertébrés, les prédateurs et les individus de grande taille, tels que les larves de libellules et les écrevisses, présentaient les contaminations les plus fortes, indiquant certainement une consommation directe des microplastiques. Chez les poissons, les résultats étaient différents. En effet, les prédateurs n'étaient pas les plus contaminés, mais plutôt les poissons tels que le goujon ou le barbeau qui se nourrissent dans les sédiments. Ces résultats indiquent une ingestion principalement directe et accidentelle des microplastiques composés des polymères les plus denses lorsqu'elles s'alimentent sur le fond des cours d'eau."

Les scientifiques toulousains concluent à une pollution en microplastiques "omniprésente dans le bassin versant de la Garonne", un phénomène fortement accentué autour des zones urbanisées. Pour autant, comparé à d'autres cours d'eau de France et d'Europe, ce niveau de pollution n'a pourtant rien d'extraordinaire et se situe dans la gamme des valeurs observées.

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