Air France teste à l'aéroport de Toulouse un tracteur à bagages sans chauffeur

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Air France teste à Toulouse un tracteur à bagages autonome.
Air France teste à Toulouse un tracteur à bagages autonome. (Crédits : Rémi Benoit)
Un tracteur électrique sans chauffeur sillonne depuis la mi-novembre les pistes de l'aéroport Toulouse-Blagnac. La compagnie aérienne Air France a choisi la Ville rose pour expérimenter cette innovation, avant une possible généralisation en France.

Le véhicule qui s'élance sur les pistes ressemble à s'y méprendre à n'importe quel tracteur à bagages. À un rond-point, il croise un autre tracteur et prend le temps de s'arrêter avant de repartir. Sauf que dans le véhicule, il n'y a aucun pilote à l'horizon. Depuis la mi-novembre, l'aéroport de Toulouse teste le tracteur à bagages AT135 conçu par la société Charlatte Autonom.

Un test à proximité des avions d'Air France

Dans un premier temps, pas question d'approcher de trop près l'avion.

"Le véhicule circule depuis les galeries bagages du hall d'embarquement. Un opérateur de manutention renseigne sur une tablette tactile le point de parking où l'engin est attendu. Le véhicule s'approche mais ne franchit pas la zone avion. C'est un opérateur qui reprend le volant pour se garer sous l'appareil", décrit Bastien Devaux, président de Charlatte Autonom.

tracteur a bagages autonome

Le tracteur sans chauffeur approche des avions d'Air France (Crédits : Rémi Benoit).

Des précautions imposées par la réglementation : un engin bardé de capteurs n'a pas le droit aujourd'hui d'être trop près d'un avion, par crainte d'interférences. Si les parcours demandés au tracteur sont préenregistrés, le véhicule s'appuie sur toute une série de capteurs pour s'adapter à l'environnement : des lidar (détection de la distance, ndlr), un GPS pour se repérer mais aussi un capteur d'inertie.

Quelques dizaines d'incidents par an

La promesse de la technologie est de réduire les accidents sur les pistes. Philippe Crébassa, président du directoire de l'aéroport de Toulouse, les estime à "quelques dizaines par an" : "Mais ce chiffre comptabilise aussi bien les collisions d'engins qu'un véhicule dépassant la vitesse autorisée", précise-t-il.

Jusqu'à la fin décembre, la navette est testée uniquement vers les appareils d'Air France. Pour Vincent Euzeby, responsable IT&Tech innovation de la compagnie, cette solution "pourrait permettre de réduire les coûts de maintenance sur les tracteurs à bagages. C'est aussi un premier pas vers les véhicules autonomes".

Charlatte Autonom préféré à Easymile

Air France avait d'abord envisagé de lancer une expérimentation au sein des Aéroports de Paris mais ces derniers ont refusé. L'aéroport de Toulouse est apparu comme le lieu idéal, moins de trafic mais beaucoup de passage malgré tout. À l'origine, la société TLD, partenaire de la startup toulousaine Easymile, spécialisée dans les navettes sans chauffeur, était également sur les rangs pour mener l'essai. "Mais les échanges se sont avérés de bien meilleure qualité avec Charlatte Autonom", indique Vincent Euzeby.

tracteur a bagages autonome

Charlatte Autonom a conçu le véhicule (Crédits : Rémi Benoit).

"Charlatte Autonom est une filiale de deux entreprises : Charlatte manutention qui produit des tracteurs électriques à bagages et Navya qui a déployé 130 navettes autonomes dans le monde en cinq ans", rappelle Bastien Debaux.

Passés les essais, la société espère une mise en service commerciale à partir du second semestre 2020. De son côté, Air France pourrait généraliser à d'autres aéroports français les tracteurs sans chauffeur en cas de succès de l'expérimentation.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2019 à 20:13 :
J'espère qu'ils envisagent une version électrique ou hydrogène pour cette flotte captive !!!
a écrit le 03/12/2019 à 18:31 :
Flotte captive, aire de travail prédéfinie, peinture au sol pour les itinéraires, itinéraires redondants, absence de piétons, règles rigides de circulation, ressource humaine limitée, habilitée et formée… Il faut avouer que l'aéroport est le lieu idéal pour une mise en œuvre d'un développement d'équipements automatisés, robotisés et électrifiés. Tout y est favorable, bien plus que sur les routes ou circule le public.

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