Oncopole : la navette EasyMile testée dès février 2020

 |   |  699  mots
La navette EasyMile est équipée d'une rampe PMR électrique intégrée, comme l'a prouvé le test à Pibrac en 2017.
La navette EasyMile est équipée d'une rampe PMR électrique intégrée, comme l'a prouvé le test à Pibrac en 2017. (Crédits : Rémi Benoit)
Dès le début d'année 2020, l'entreprise EasyMile testera pour la troisième fois à Toulouse ses navettes autonomes. Seulement, pour la première fois, il n'y aura pas d'opérateur à bord grâce au nouveau cadre législatif promis par la ministre des Transports lors d'une visite en 2017 à Toulouse. Ce nouveau test, qui s'effectuera à l'Oncopole, permettra aux navettes de faire la jonction entre l'Institut et son parking visiteurs.

Après deux expérimentations concluantes à Pibrac, puis dans le centre-ville de Toulouse, la pépite locale EasyMile avait annoncé début mai le lancement prochain d'un troisième test de ses navettes autonomes à Toulouse, sur le site de l'Oncopole. Néanmoins, aucun calendrier de mise en œuvre n'avait été communiqué hormis la tenue d'une réunion préparatoire entre Toulouse Métropole et EasyMile à la mi-juin.

"C'est encore en discussion avec la Métropole de Toulouse, mais nous allons essayer de la mettre en place cette année. Cela demande du temps car l'expérimentation est progressive, avec une complexité de plus en plus importante. Pour la bonne tenue de la ligne expérimentale sur l'Oncopole, il est nécessaire de faire des aménagements sur les carrefours de circulation concernés, avec notamment la mise en place de feux de circulation connectés", expliquait alors à La Tribune début juin Benoit Perrin, le COO d'EasyMile (directeur des opérations, ndlr).

Finalement, les travaux d'aménagements ont été effectués cet été et la collectivité vient d'annoncer le calendrier pour cette expérimentation inédite, puisque pour la première fois les navettes EasyMile circuleront à Toulouse sans opérateur à bord.

18 mois d'expérimentation

Ainsi, cette nouvelle phase de tests se déroulera en quatre temps. Tout d'abord, en février 2020, le véhicule d'une capacité de 12 personnes dont six places assises se déplacera sur la contre-allée nord du trajet reliant l'Oncopole à son parking visiteurs. Puis il effectuera le même trajet durant l'été 2020, mais cette fois-ci sans opérateur à bord. Après cette première partie, la navette autonome et "propre" effectuera un nouveau trajet, vers l'avenue Joliot Curie, en mars 2021, avec de nouveau un opérateur à bord, avant de refaire ce circuit à l'été 2021 sans opérateur à l'intérieur. Néanmoins, les divers acteurs du dossier se veulent rassurant à ce sujet.

"Cette expérimentation apportera des garanties fortes sur le plan de la sécurité : présence humaine sur le site même durant les phases sans opérateur à bord, site équipé de 3 caméras de vidéosurveillance et un dispositif d'éclairage intelligent pour améliorer le ressenti des usagers- avec une gamme complète de capteurs (LIDARS, caméras, GPS, IMU, odométrie) permettant une navigation sûre et fiable", font savoir Toulouse Métropole, EasyMile, Alstom et l'IUCT Oncopole dans un communiqué commun.

Jusqu'à présent, la réglementation française permettait de réaliser ce type d'expérience seulement sur des voies fermées à la circulation. En visite à Toulouse le 10 novembre 2017, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, avait alors promis de "donner un cadre plus souple pour les expérimentations de véhicules autonomes", face aux équipes de la jeune pousse. Parole tenue grâce notamment à la loi Pacte, promulguée en 2018, sans oublier la loi LOM récemment adoptée par l'Assemblée nationale, et qui facilite aussi la tenue d'expérimentation de véhicules autonomes.

Une distance de 800 m à effectuer

Avec ce nouveau cadre législatif, les divers acteurs du dossier ont pensé ce test pour faire le lien entre le parking déporté visiteurs et patients et l'Institut. Les navettes EasyMile seront ainsi un complément au service actuel de navettes thermiques, qui font aujourd'hui la jonction.

"Le tracé sélectionné propose une distance cohérente avec l'usage du "premier et dernier kilomètre" (environ 800 m), une offre également complémentaire des services structurants existants (piétons, cycles, réseau Linéo, téléphérique urbain sud à compter de fin 2020), sur un campus de renommée internationale avec de fortes perspectives de croissance", ajoute le communiqué.

Toulouse Métropole a présenté au début de la saison estivale sa nouvelle stratégie de développement axée autour de l'Oncopole, établissement de lutte contre le cancer à la renommée internationale. L'objectif est de fédérer cet Institut et tout l'écosystème qui l'entoure (5 000 salariés travaillent dans la zone) afin de faire de ce quartier un lieu de vie riche en services, avec une offre de transports complète.

Lire aussi : "Téléo", nouveau nom du téléphérique de Toulouse

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :