L’Occitanie, un eldorado pour les chercheurs dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

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50 chercheurs de renommée internationale vont débarquer en France dans le cadre de ce programme.
50 chercheurs de renommée internationale vont débarquer en France dans le cadre de ce programme. (Crédits : DR)
Le président de la République, Emmanuel Macron, a dévoilé lundi 11 décembre les premiers bénéficiaires de son initiative "Make Our Planet Great Again". Un programme de soutien financier et logistique à destination des chercheurs étrangers qui étudient le réchauffement climatique et qui souhaitent poursuivre leurs travaux en France. Parmi les 18 premiers lauréats, sept d’entres eux vont s’installer en Occitanie.

L'annonce avait eu un retentissement international. Début juin, le président des Etats-Unis, Donald Trump, annonce la sortie de son pays des accords de Paris sur le climat, signés par 195 pays lors de la COP 21 en décembre 2015. La sortie de ce traité d'une des plus grosses nations pollueuses de la planète ne pouvait laisser sans réaction.

Quelques heures après ce retrait, Emmanuel Macron, président de la République, répond à son homologue américain dans une allocution télévisée, faisant part de son regret devant cette décision unilatérale et lance un appel à la communauté scientifique.

"À tous les scientifiques, ingénieurs, entrepreneurs, citoyens engagés, que la décision du président des Etats-Unis a déçu, vous trouverez en la France une seconde patrie. Venez travaillez ici, avec nous, sur des solutions concrètes pour le climat. Ce soir, les Etats-Unis ont décidé de tourner le dos au monde, mais la France ne tournera pas le dos aux Américains", avait alors déclaré le plus jeune président français.

Cette annonce est donc devenue un appel à projet sous le nom "Make Our Planet Great Again" (rendre à notre planète sa grandeur, NDLR), via un site internet. L'objectif est d'attirer en France une cinquantaine de chercheurs en provenance de l'étranger, qui étudient le réchauffement climatique. Emmanuel Macron a donc dévoilé les 18 premiers bénéficiaires de ce programme lundi 11 décembre lors du Tech For Planet, événement qui présente les innovations au service de l'environnement.

7 chercheurs, voire plus, vont débarquer en Occitanie

Parmi les 18 scientifiques dévoilés, pas moins de sept d'entre eux vont débarquer dans les prochaines semaines et prochains mois dans la Région Occitanie pour collaborer avec des laboratoires régionaux (liste détaillée en fin d'article, ndlr).

"C'est une reconnaissance de l'excellence et de l'attractivité de nos laboratoires de recherche en Occitanie, car ce sont les chercheurs candidats à l'appel à projet qui doivent eux-mêmes identifier un laboratoire d'accueil compatible avec leur domaine de recherche. Ils ont fait le choix de venir en Occitanie de leur plein grès. Il y a fort à parier que l'accueil d'ESOF (Euro Science Open Forum) et ses 4000 chercheurs, l'été prochain à Toulouse, a certainement aidé à ce rayonnement auprès des scientifiques intéressés par l'initiative Make Our Planet Great Again", se réjouit Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région Occitanie en charge du développement économique, de la recherche, de l'innovation et de l'enseignement supérieur.

Ainsi, en plus de l'accueil par des laboratoires de recherches français, l'appel à projet inclut un soutien financier pour les sélectionnés. Le programme prévoit que les laboratoires et institutions retenus pour recevoir ces chercheurs, co-construisent un projet de recherche en suivant le principe du "1 € pour 1€". En clair, un euro financé par l'Etat devra être égal à un euro provenant de l'établissement coordinateur et de ses partenaires.

"La Région Occitanie a décidé de venir en soutien de nos laboratoires régionaux en débloquant 3 millions d'euros pour financer ce programme. Une somme qui sera inscrite au budget 2018. Concrètement, quand l'Etat investira 2 € sur un programme de recherches, le laboratoire hébergeur n'aura à financer que 1 €, l'autre étant apporté par la Région", détaille l'élue régionale.

Les équipes de la Région espèrent accueillir d'autres chercheurs dans le cadre de ce programme lors de la seconde vague de sélectionnés qui sera dévoilée au printemps prochain.

Liste des chercheurs qui vont travailler en Occitanie :

  • En provenance de l'université de Hawaii (USA), le professeur Julien Boucharel étudie le lien entre l'activité des cyclones et la dynamique océanique. Il sera hébergé par le Laboratoire d'études en géophysique et océanographique spatiales de Toulouse.
  • Du supercomputing center de Barcelone, le docteur Virginie Guemas développe un modèle de paramétrisation  des flux de chaleur pour l'interface glace-atmosphère aux pôles. Elle sera accueillie par le Centre national de recherches météorologiques de Toulouse.
  • Originaire de l'université de Californie Santa Barbara (USA), le docteur Delphine Renard veut utiliser l'agrobiodiversité pour sécuriser une fourniture stable de nourriture en contexte de variabilité climatique. Elle mènera son étude à Montpellier, au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive.
  • Le docteur Vincent Vadez, en provenance du CGIAR d'Inde, va travailler sur l'amélioration de semences pour les régions arides et les climats du futur. Des études qui seront menées au sein du Laboratoire diversité, adaptation, développement de Montpellier.
  • Le professeur Camille Parmesan, originaire de l'université du Texas à Austin (USA), étudiera l'impact du changement climatique sur les espèces. Elle sera accueillie par la Station d'écologie théorique et expérimentale de Moulis (09).
  • Du NCAR Boulder (USA), le docteur Benjamin Sanderson se penchera sur les risques et incertitudes liés au changement climatique. Des travaux qu'il mènera à Toulouse, au Laboratoire Climat, Environnement, couplage et incertitudes.
  • En provenance de l'Institut of Soil Science and Plant Cultivation de Pologne, le docteur Lorie Hamelin étudie le développement de la biomasse et gestion circulaire du carbone associé. Elle mènera ses travaux à Toulouse au Laboratoire d'ingénierie des Systèmes Biologiques et des Procédés.

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