Jazz in Marciac, le festival qui a réveillé le Gers

La petite commune de Marciac accueille depuis quarante ans l’un des plus grands festivals de jazz en France. Avec 20 millions d’euros de retombées économiques, l’événement fait vivre tout un territoire. Décryptage.

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De nombreux artistes de renommée internationale se produisent à Marciac, tel le trompettiste Ibrahim Maalouf en 2018.
De nombreux artistes de renommée internationale se produisent à Marciac, tel le trompettiste Ibrahim Maalouf en 2018. (Crédits : SIPA)

"Avant Jazz in Marciac, le tourisme était une notion très éloignée pour notre petite commune encaissée dans le sud du Gers. Nous n'avons pas la montagne ni la mer, mais des paysages vallonnés. Le département, qui vit surtout de l'agriculture, a développé depuis le festival un nouveau secteur économique avec le tourisme", rappelle Jean-Louis Guilhaumon, maire de la commune de Marciac et président de Jazz in Marciac.

Né en 1978, ce festival attire chaque année plus de 240 000 visiteurs sur trois semaines (dont 60 000 entrées payantes) en faisait jouer des artistes de renommée internationale. Sting, Wynton Marsalis, Melody Gardot ou Gilberto Gil font partie des artistes attendus cet été, du 25 juillet au 15 août. Le festival en lui-même a rapporté plus de 3 millions d'euros de recettes en 2018, mais son impact sur le territoire est beaucoup plus important.

D'après une étude réalisée par le cabinet-conseil Traces TPi en 2014, Jazz in Marciac génère plus de 20 millions d'euros de retombées économiques. Un chiffre colossal grâce notamment à un ticket moyen très élevé (570 euros dépensés en moyenne par chaque festivalier). Mis à part les 35 000 visiteurs venus à la journée, la majeure partie des spectateurs prolongent leur séjour dans la campagne gersoise, en moyenne sept jours. Le maire se souvient comment à la naissance de Jazz in Marciac, il y a quarante ans, "des habitants ont créé des chambres d'hôtes pour loger les festivaliers car il n'existait pas d'hôtels à proximité". La commune compte aujourd'hui une dizaine de chambres d'hôtes, une offre complétée dans les communes voisines dans un rayon de 30 km.

Un poumon culturel

Les spectateurs profitent aussi du festival pour goûter la gastronomie locale. Chacun dépense en moyenne 100 euros en produits du terroir entre conserves de foie gras, magret de canards et bouteilles d'Armagnac. Pour écouler ces produits, 60 commerces de bouche s'ajoutent aux dix cafés-restaurants ouverts à l'année dans la commune.

"Le festival dure trois semaines mais l'activité économique et touristique est très dynamique sur un mois et demi, soit presque une saison", note Jean-Louis Guilhaumon.

Désormais, la ville essaie de prolonger l'effet Jazz in Marciac au-delà de la saison estivale. En 2011, une nouvelle salle de spectacles, l'Astrada, a ouvert avec une programmation tournée vers le jazz, le théâtre et la danse. "Nous faisons 50 levées de rideau par an. Nous avons une salle de 500 places dans une commune de 1 350 habitants!", s'exclame le maire. Marciac aime à cultiver son rôle de poumon culturel
au cœur de la ruralité.

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