Comment Toulouse se prépare au Brexit ?

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Le Brexit génère des inquiétudes au sein des entreprises de la région toulousaine.
Le Brexit génère des inquiétudes au sein des entreprises de la région toulousaine. (Crédits : Toby Melville)
L'absence d'accord d'ici le 29 mars sur le Brexit pourrait avoir des conséquences non négligeables sur les échanges commerciaux entre la France et le Royaume-Uni. Une réunion de sensibilisation a été organisée à Toulouse pour préparer au mieux les entreprises à cette échéance. Elles sont des milliers depuis la Ville rose à commercer avec la Grande-Bretagne.

Le 29 mars 2019. Cette date est dans toutes les têtes des 7 850 entreprises de la région Occitanie qui commercent avec le Royaume-Uni, "dont environ 4 000 entreprises sont installées dans la région toulousaine", selon Jean-Michel Pillon, le directeur régional des douanes à Toulouse. À cette échéance, le voisin d'outre-Manche de la France sortira de l'Union européenne et donc de son commerce intérieur. Aucun accord de sortie n'étant ratifié par le parlement britannique pour le moment, un Brexit sans accord, ou "hard Brexit", risque d'avoir des conséquences sur les échanges commerciaux entre les entreprises britanniques et les 27 autres membres de l'Union européenne.

"Le risque d'un Brexit sans accord s'est accru ces dernières semaines, mais il reste impossible de savoir comment va se dérouler l'après Brexit... Il est donc urgent de se préparer et d'anticiper les éventuelles conséquences sur vos activités. Le Royaume-Uni va devenir un pays tiers vis-à-vis de l'UE avec lequel on va repartir de zéro. Les échanges commerciaux seront régis par les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC, ndlr)", a tenu à alerter le préfet d'Occitanie, Étienne Guyot, devant une centaine de chefs d'entreprises de Toulouse venus assister à une réunion de préparation et d'échanges sur le Brexit à la CCI de la Ville rose.

Depuis le mois d'octobre dernier, ces réunions d'informations à destination des entreprises françaises se multiplient partout en France. La préfecture de Haute-Garonne a donc tenu la sienne lundi 18 mars, mais elle ne s'interdit pas de renouveler l'exercice "si la demande est là", a fait savoir le préfet en poste depuis novembre 2018.

Néanmoins, pas de panique. Si vous n'avez pu assister à cette réunion de sensibilisation, le gouvernement a mis en place un site d'information et d'accompagnement sur le Brexit à destination des entreprises et des particuliers (cliquez ici pour le consulter).

Anticiper pour mieux se préparer

Afin d'anticiper au mieux les conséquences de cet événement politique inédit, pour lequel des rebondissements sont encore à prévoir, les pouvoirs publics français préconisent une méthode en trois étapes : réaliser un diagnostic portant sur ses relations commerciales ou financières avec des entreprises britanniques, identifier les mesures à prendre, et se donner les moyens de les mettre en œuvre.

"Recréer une frontière est tout sauf anodin quand on a passé des dizaines d'années à les démanteler. Mais le Brexit reste avant tout un rendez-vous entre le Royaume-Uni et la France, pays par lequel pas moins de 80% de la marchandise britannique à destination des 27 pays de l'UE transitent", fait remarquer le directeur des douanes pour illustrer l'importance de cette préparation et anticipation.

Dans la région toulousaine, l'un des secteurs le plus impacté par cette sortie risque d'être l'aéronautique. Par exemple, des pièces fabriquées au Royaume-Uni et destinées à être assemblées dans l'UE à 27 devront faire l'objet d'une nouvelle certification. Une situation à laquelle pourrait être également confronté le secteur automobile.

Les exemples sont très nombreux et chaque secteur d'activité fait l'objet d'un traitement spécifique. Néanmoins, le gouvernement français a fait adopter en urgence cinq ordonnances en cas de Brexit sans accord devant garantir une certaine continuité dans les échanges commerciaux entre les deux pays. Affaire à suivre.

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Commentaires
a écrit le 22/03/2019 à 14:40 :
La Grande Bretagne qui n a plus de grand que le nom ne mérite en aucun cas la Clémence . Depuis des décennies elle bloque les possibles avancées de l Europe . Elle ne peut pas bénéficier des avantages et refuser les inconvénients du marché commun. Bye bye. ...
a écrit le 22/03/2019 à 12:41 :
Toulouse fait forcément penser à Airbus, dont les ailes sont produites au Royaume-Unis.

Un article sur le cas spécifique d'Airbus serait bienvenu. Je pense que c'est un enjeu qui justifie un article dédié, surtout que si Airbus se retrouve avec des problèmes de rupture de flux sur sa chaine d'assemblage, cela va impacter toute la chaine en amont qui va être désorganisée, (par exemple Saint Nazaire), et les sous-traitants.

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