Parkisseo explique les raisons de sa liquidation judiciaire

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Parkisseo proposait une application mobile pour trouver les places de stationnement disponibles autour de soi
Parkisseo proposait une application mobile pour trouver les places de stationnement disponibles autour de soi (Crédits : DR)
La startup toulousaine, créée en 2013 par Régis Duhot, a déposé le bilan en février 2019. Spécialisée dans le stationnement intelligent, l'entreprise avait exporté ses produits en Albanie, au Pays-Bas et au Luxembourg, mais sans réussir à s'implanter en France. Aujourd'hui, elle cherche un repreneur à travers le cabinet de liquidation Benoit et Associés.

Après avoir travaillé 25 ans comme directeur financier dans des sociétés d'électronique grand public, Régis Duhot avait décidé de monter à Toulouse sa propre startup de stationnement intelligent, baptisée Parkisseo, tout en s'installant à l'IoT Valley. Grâce à ses capteurs de places de parking (vendus à 100 euros l'unité plus un abonnement annuel), les automobilistes pouvaient en trouver une autour d'eux plus rapidement, le tout via une application sur leur smartphone.

Un échec auprès des collectivités

Après avoir essayé de vendre son produit aux entreprises, Parkisseo avait finalement décidé de trouver des clients dans les collectivités, en créant notamment un système dédié aux policiers.

"Même si le produit était bien accueilli par les entreprises, le retour sur investissement n'était pas évident. Nous avons donc fait le choix de nous tourner vers les collectivités. Nous avions créé une alerte pour les téléphones de policiers en cas d'abus sur toutes les zones qui étaient limitées dans le temps, (exemple : zones bleues)", explique Régis Duhot.

Suite à sa rencontre en 2016 avec le maire de Carcassonne et être parvenu à signer un contrat en l'espace de quelques semaines, l'ex-dirigeant s'était senti confiant quant à l'avenir de son produit auprès des collectivités, malgré les avertissements de son entourage. "Quelques personnes m'avaient mis en garde en me disant qu'avec les collectivités, il fallait compter trois ans entre le premier contact et la signature. Mais je n'ai rien écouté", avoue Régis Duhot.

"Nous nous sommes heurtés à la lenteur et au manque de réactivité des collectivités. L'an dernier, un commercial en avait visité plus de deux cents partout en France et nous avons eu quasiment zéro retour. Pourtant, elles étaient très à l'écoute, nous en avions vu certaines plusieurs fois qui étaient très intéressées par nos solutions. Et au final, il n'y en a pas une seule qui a pris une décision", déplore l'ancien CEO.

Malgré tout, la jeune pousse avait réussi à vendre quelques-uns de ses capteurs à l'étranger. "Nous avons vendu en Hollande, en Finlande et en Albanie, mais à chaque fois, de trop petites quantités, insuffisantes pour rentabiliser la société", explique l'ancien patron.

L'envie de recommencer

Pour sauver sa startup, l'ex-dirigeant avait alors tenté de trouver de l'argent sur le marché privé à travers une levée de fonds, en vain. Dès lors, depuis le mois de février, Parkisseo est en liquidation judiciaire et cherche des repreneurs. "Il fallait que je paye les trois employés et moi-même, et je ne pouvais plus. Au total, l'investissement global était monté à 500 000 euros entre les investissements privés et les emprunts", précise le fondateur.

Malgré l'échec de ce premier projet, Régis Duhot garde des souvenirs positifs de son expérience inédite dans le monde des startups, et son ambition n'en a pas été ébranlée.

"J'ai adoré l'idée d'être à la tête de ma startup, j'ai trouvé l'expérience absolument géniale dans tous les domaines. Il y a l'obligation de toucher à tout : une startup de quatre personnes c'est un tout petit monde, nous travaillions sur le marketing, les contacts avec les fournisseurs, les clients, etc. Ma volonté va toujours vers ce genre de poste et de projet".

Pour l'heure, la société de l'ex-dirigeant est entre les mains de maître Amizet, (du cabinet de liquidation Benoit et Associés) et intéresse deux repreneurs potentiels.

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