Aéroport de Toulouse : Anne-Marie Idrac réagit à la "disparition" de Mike Poon

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Anne-Marie Idrac
Anne-Marie Idrac (Crédits : Rémi Benoit)
Le Chinois Mike Poon, nouvel actionnaire et membre du Conseil de surveillance de la société de gestion de l'aéroport de Toulouse (ATB), serait introuvable depuis un mois. Selon l'agence Reuters, l'homme d'affaires aurait subitement démissionné de sa société chinoise de leasing, Calc. Son nom serait cité dans une enquête pour corruption. Pour Anne-Marie Idrac, présidente du Conseil de surveillance de l'aéroport Toulouse-Blagnac, il n'y a pas lieu de s'inquiéter.

D'après une dépêche Reuters, la société China Aircraft Leasing Group Holding Ltd (Calc), basée à Hong Kong, a annoncé vendredi 19 juin que "son directeur général Poon Ho Man (connu sous le nom de Mike Poon) avait démissionné mercredi 17 juin sans explication et avec effet immédiat, alors qu'il était en congé". Toujours selon Reuters, la démission du directeur financier de Calc, Yu Tai Tei, "soumise fin mai pour des motifs personnels, est par ailleurs entrée en vigueur jeudi 18 juin".

Selon Capital, citant le quotidien South China Morning Post, qui lui-même cite des sources proches du groupe, Poon Ho Man aurait "disparu plus d'un mois" avant l'annonce officielle de sa démission.

Le nom du dirigeant serait par ailleurs cité dans une enquête pour corruption menée par les autorités auprès de l'une des compagnies clientes de Calc, la compagnie aérienne China Southern Airlines.

Le groupe Calc, qui compte au moins tripler sa flotte de 50 appareils d'ici à 2022, a passé en janvier une commande d'un montant de 10,2 milliards de dollars auprès d'Airbus.

Réaction d'Anne-Marie Idrac

Toulouse est (indirectement) touchée par cette affaire car Poon Ho Man est également le président de Casil Europe, la société qui a racheté 49,99 % des parts de la société de gestion de l'aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) pour 308 millions d'euros.

Anne-Marie Idrac, la présidente du Conseil de surveillance de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB), élue le 5 mai dernier, a minimisé la nouvelle :

"Je ne sais pas où est Mike Poon mais, à vrai dire, cela ne m'importe pas tellement. Il est président de Calc. Calc est un loueur d'avion qui n'a rien à voir avec l'aéroport et avec qui je n'ai pas de relations d'affaires."

La disparition d'un membre éminent du conseil de surveillance d'ATB n'émeut pas outre mesure sa présidente, qui s'explique :

"Il est membre du conseil de surveillance, mais il n'y a pas de réunion du conseil de surveillance aujourd'hui. La prochaine a lieu en septembre. Je ne peux pas connaître l'emploi du temps de tous les membres du conseil de surveillance."

Réaction des opposants à la "privatisation"

Pour Chantal Beer Demander, la présidente du Collectif d'opposants à la privatisation, cette nouvelle renforce les soupçons sur le déroulement de cette semi-privatisation :

"La vente de l'aéroport était déjà sulfureuse avec la présence du groupe Lavalin, interdit de marché public pendant 10 ans par la banque mondiale [...] mais la nouvelle de la démission du PDG de ce groupe ne fait que renforcer les doutes sur la probité des intervenants de cette opération. Les suspicions de corruption doivent amener le gouvernement à publier le pacte d'actionnaires et le projet industriel pour l'aéroport et à renoncer à la vente, sans attendre le recours au conseil d'État que nous avons déposé."

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