Manifestations en série à Toulouse, les commerçants du centre-ville demandent une trêve de Noël

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© photo Rémi Benoit
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Déjà fragilisés par le contexte économique, les commerçants du centre-ville s'inquiètent des conséquences des manifestations en série qui se sont déroulées dans le centre-ville ces dernières semaines à Toulouse. À l'approche des fêtes, cruciales pour leur chiffre d'affaires, ils demandent aux organisateurs et aux manifestants d'être "responsables" et d'observer une trêve de Noël jusqu'à la fin de l'année.

Avec une manifestation chaque samedi depuis le 1er novembre, l'actualité sociale est dense à Toulouse. Le 22 novembre, un quatrième rassemblement est annoncé, à 11 h place Jeanne-d'Arc, par un collectif unitaire rassemblant syndicats et partis politiques. Un autre, non-déclaré à la préfecture lui, appelle à manifester à partir de 15 h, place Esquirol.

"Trop, c'est trop", estiment les commerçants toulousains. Réunis à la Chambre du commerce et de l'industrie de Toulouse, ce jeudi matin, les représentants des associations de commerçants du centre-ville ont fait part de leurs inquiétudes face à ces mouvements à répétition. "Nous ne remettons pas en cause le droit de manifester, rappelle en préambule Alain Di Crescenzo, le président de la CCIT, mais nous voulons sensibiliser les organisateurs de manifestations aux conséquences catastrophiques pour le commerce dans l'hyper-centre."

Comme le secteur du bâtiment, le commerce ne va pas bien. "Au 3e semestre 2014, tous les commerçants nous ont indiqué des baisses d'activités et de marge", constate Alain Di Crescenzo. Le moral est au plus bas, surtout chez les plus petits. La période novembre-décembre-janvier représente un tiers de l'activité annuelle et le samedi, c'est 50 % de l'activité de la semaine. S'il y a des perturbations à ce moment-là, cela pose problème." D'après la CCIT, les manifestations à répétitions entravent le commerce. "Chaque après-midi fermé coûte entre 3 000 et 20 000 € de perte de chiffre d'affaires, affirme Alain Di Crescenzo. Il y a un risque pour l'emploi. Nos collaborateurs ne sont pas des variables d'ajustement mais quand on ne peut plus, on ne peut plus."

Un raz-le-bol confirmé par Philippe Léon, président de l'association des commerçants de la rue Alsace-Lorraine. "Nos adhérents sont au bord de la crise de nerfs. Nous sommes en train de perdre les 30 à 40 % de chiffre d'affaires réalisés sur cette période, alors que personne ne peut se le permettre. Cela fait saigner le commerce de Toulouse." Et Antoine Nori, le représentant des commerçants du quartier Victor Hugo d'ajouter : "Nous avons déjà perdu deux fois le montant prévu pour les primes de fin d'année. Nos salariés savent qu'ils n'en auront pas. Je ne pourrai même pas embaucher pendant les prochains soldes."

Quelles solutions ?

Face à ces difficultés, les commerçants demandent la mise en place d'une d'une trêve de Noël ou tout du moins, le déplacement des manifestations en dehors de l'hyper-centre. "Il n'y a pas qu'un seul parcours, ni un seul jour - le samedi - pour manifester", observe Alain Di Crescenzo. "Il faut faire preuve d'innovation et trouver un itinéraire qui pénalise le moins possible l'hyper-centre commercial et les lieux piétonniers", ajoute Antoine Nori. "Oui au droit d'expression, mais la question qui se pose est celle du partage de l'espace public de façon intelligente et responsable, conclut Pascal Bellocq, vice-président de la Chambre des métiers et de l'artisanat. Ce qui nuit aux entrepreneurs et à leurs collaborateurs, nuit à la collectivité."

En relation avec la Préfecture et la Mairie sur ces questions, les représentants des commerçants comptent rencontrer les organisateurs de manifestations. "Je ne sais pas si nous serons compris, mais nous serons entendus, espère Alain Di Crescenzo. Il faut que les gens sachent qu'il y a des conséquences pour les commerçants."

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