LGV Bordeaux-Toulouse : les élus satisfaits mais vigilants sur le calendrier

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Les élus toulousains sont satisfaits que la LGV Bordeaux-Toulouse soit classée parmi les chantiers prioritaires.
Les élus toulousains sont satisfaits que la LGV Bordeaux-Toulouse soit classée parmi les chantiers prioritaires. (Crédits : Rémi Benoit)
Élus et décideurs économiques toulousains sont soulagés après la remise du rapport Duron qui classe la ligne Bordeaux-Toulouse parmi les chantiers ferroviaires français prioritaires. En revanche, le calendrier avancé pourrait faire reculer d'au moins dix ans la mise en service de la totalité du tronçon. Carole Delga et Jean-Luc Moudenc demandent à être reçus par Emmanuel Macron dans les prochains jours pour exposer leurs arguments.

"Notre mobilisation pour la grande vitesse en Occitanie depuis plusieurs mois, tous bords politiques confondus, du monde économique à la société civile, a porté ses premiers fruits. Les projets de LGV ne sont pas rayés d'un trait de plume dans le rapport du Comité d'orientation des infrastructures (COI)", s'est félicitée depuis son compte Twitter la présidente de la Région Occitanie Carole Delga.

Jeudi 1er février, le rapport Duron réalisé par le Conseil d'orientation des infrastructures (COI) a été remis à la ministre des Transports, Élisabeth Borne. Le COI propose trois scénarios d'investissements ferroviaires sur les 20 ans à venir sur l'ensemble de la France. Suivant le scénario qui sera choisi dans les jours à venir par le gouvernement, le calendrier de la LGV Bordeaux-Toulouse, dont la mise en service était prévue pour 2024, sera totalement bouleversé. Le scénario privilégié par le COI (le numéro 2) préconise la mise en place d'aménagements ferroviaires au Nord de Toulouse dès 2018-2022. Objectif : limiter la saturation ferroviaire, une problématique que dénonçait Carole Delga lors de ses voeux à la presse.

Par ailleurs, le rapport propose de décaler la mise en service de la LGV Bordeaux-Toulouse (prévue pour 2024) et de la réaliser en plusieurs étapes : la ligne nouvelle Toulouse-Agen sur la période 2028-2032 et la ligne nouvelle Bordeaux-Agen sur 2033-2037 selon le scénario 2.

Lire aussi : LGV Bordeaux-Toulouse : le noeud ferroviaire de Toulouse prioritaire, la ligne nouvelle décalée

"Le tronçon Bordeaux-Toulouse ne doit pas être scindé en plusieurs tranches"

Interrogé par La Tribune, le président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc estime que :

"Le point positif est que le projet n'est pas enterré. Nous sommes prêts à le décaler à condition d'avoir un financement sûr. Le calendrier pour Toulouse-Agen est acceptable. Il y a en revanche deux bémols : le phasage de la ligne Bordeaux-Agen est trop lointain. Par ailleurs, les propositions de financement alternatif que nous avions remis à la ministre des Transports n'ont pas toutes été retenues".

Le maire de Toulouse, le président du Département Georges Méric et la présidente de Région espèrent être reçus dans les jours à venir par Emmanuel Macron, le président de la République, pour exposer leurs arguments avant que l'État ne tranche définitivement.

De son côté, le président du Conseil départemental de Haute-Garonne, Georges Méric, "exprime sa satisfaction suite au classement de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse parmi les projets d'infrastructure nationaux prioritaires mais reste vigilant sur l'engagement d'un projet global... Le projet GPSO doit être considéré comme une opération unique et globale, le tronçon Bordeaux-Toulouse ne doit pas être scindé en plusieurs tranches."

Au niveau des acteurs économiques locaux, le président de la CCI Occitanie Alain Di Crescenzo espère pour que "le gouvernement choisisse le scénario 3, le seul qui permettrait un début des travaux dès 2023 sur le tronçon Toulouse-Agen et sur la ligne Montpellier-Perpignan".

Pour sa part, Jean-Louis Chauzy, président du Ceser (Conseil économique, social et environnemental régional) Occitanie veut mettre l'accent sur les modes de financement :

"Nous avons gagné le débat d'idées car la LGV Toulouse-Bordeaux est redevenue un chantier prioritaire. Mais la limite de ce rapport c'est le modèle de financement proposé, qui relève d'un monde ancien, à savoir 50 % apportés par l'État et 50 % par les collectivités et qui a des conséquences sur le calendrier proposé. Nous attendons un arbitrage favorable du président de la République pour obtenir un meilleur calendrier.

Nous demandons une adaptation du modèle financier du Grand Paris Express. Avec ce type de financement, on pourrait avoir fini les travaux avant la fin de la prochaine décennie".

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Commentaires
a écrit le 03/02/2018 à 10:43 :
il y a de quoi etre satisfait en effet , dans le meilleur des cas pas avant 2030 ou 2032 c'est à dire surement jamais.Bordeaux sud Toulouse nord Toulouse Agen en 2024 c'est inimaginable ? Les élus c'est à vous de vous bouger.
a écrit le 02/02/2018 à 2:21 :
Nos élus ne valent rien ils se font berner encore une fois mais qui va taper du poing sur la table dans cette équipe de bras cassé 2012,2015,2017,2024 et maintenant 2030 ou 2037 cela veut dire qu'elle ne se fera jamais !
il faut 2024 comme initialement prévu et payé !!! ( Ils sont capable de faire les JO à Paris ils sont donc capable de faire le TGV à Toulouse ) Mais pour ça il faut des coronés ce qu'ils n'ont pas, ni de charisme bref que des mous du genoux nos politiques régionaux, autant abandonner ils sortiront un peux la tête haute.

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