Prolongement de la ligne B du métro : les enjeux de l'enquête publique

Fragilisé par le projet de troisième ligne de métro, le prolongement de la ligne B fait l'objet d'une enquête publique lancée le 2 avril dernier. Elle va déterminer l'utilité du projet et permet aux citoyens de donner leur avis sur le chantier. Pour peser sur le débat, à Labège, les entreprises ont lancé une vaste campagne de soutien au PLB. Le point sur un projet phare pour le sud-est de l'agglomération toulousaine.

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La ligne B du métro doit arriver à Labège d'ici à 2020 (photomontage)
La ligne B du métro doit arriver à Labège d'ici à 2020 (photomontage) (Crédits : Rémi Benoit)

C'est une étape cruciale pour le projet de prolongement de la ligne B du métro jusqu'à Labège. L'enquête publique sur le PLB a été officiellement lancée le 2 avril dernier et se tiendra jusqu'au 18 mai prochain. Elle comporte quatre objets : déterminer l'utilité du projet, l'autorisation au titre de la loi sur l'eau, la mise en circulation du plan d'occupation des sols de Labège et la détermination des parcelles à déclarer cessibles. Surtout, elle permet à chacun de s'exprimer sur la construction de cette ligne. En effet, pendant toute la durée de l'enquête, le public peut formuler ses observations, soit directement en ligne, soit en se déplacement en mairie. Un dossier complet et des panneaux d'information sont d'ailleurs disponibles au sein des municipalités.

5 stations de métro en plus et 37 000 voyageurs attendus

Lancé en 2006, le projet prévoit de poursuivre, depuis Ramonville, le métro sur 5 kilomètres supplémentaires, en ajoutant cinq stations à la ligne B : le Parc technologique du canal, l'Institut national polytechnique, l'Innopole, le centre des congrès Diagora et, enfin, le terminus à la station Labège, qui ne serait plus qu'à 23 minutes de la station Jean Jaurès.

L'enjeu est de taille pour le pôle économique et universitaire du sud-est de l'agglomération toulousaine. 3 000 élèves devraient ainsi être desservis ainsi que l'ensemble des entreprises présentes sur les deux villes. Le quartier Innopole représente à lui seul 800 entreprises et 16 000 emplois. Le métro doit permettre aussi de relier des lieux culturels à l'image de la salle de concert "le Bikini". Au total, 37 000 voyageurs sont attendus chaque jour sur la ligne.

D'un coût total de 362 millions d'euros, le projet serait financé à hauteur de 141 millions d'euros par le Sicoval, du même montant par Tisséo et de 80 millions d'euros par le Conseil général de Haute-Garonne. L'État s'est engagé de son côté à verser 20,5 millions d'euros. Prévu à l'origine pour 2013, le PLB est désormais repoussé à l'horizon 2020.

Le PLB remis en cause par la troisième ligne de métro

Mais alors que le financement et le tracé du projet sont déjà actés, le PLB est fragilisé par un autre projet cher à Jean-Luc Moudenc : la construction d'une troisième ligne de métro. Dès la campagne des municipales au printemps 2014, l'élu appelait de ses vœux la réalisation de ce grand projet. Début février, devant le comité de Tisséo, le président de Toulouse Métropole détaille la réalisation d'une troisième ligne de métro entre Colomiers et Labège et remet en question le prolongement de la ligne B.

Du coup, du côté des partisans du projet, la mobilisation s'organise. Le 17 mars dernier, l'Asso PLB voit le jour. Cette structure réunit à sa création 138 entreprises favorables au prolongement de la ligne B du métro jusqu'à Labège. Depuis, l'association a déployé une véritable campagne de communication sur les réseaux sociaux avec la création d'un site internet et de comptes Twitter et Facebook. Toute une série d'autocollants ont été distribués ainsi que des tracts. Objectif : inciter les habitants et les salariés du sud-est de l'agglomération toulousaine à donner leur avis sur l'enquête publique.

"Nous nous greffons à tous les événements organisés à Diagora. Rien que lors d'un salon Toulouse game show, nous avons récolté 500 avis. Une semaine après le lancement de l'enquête publique, nous avions réuni plus de 1 000 réponses", explique Hervé Schlosser, vice-président de la Tic Valley, qui a été désigné il y a quelques semaines pour présider l'Asso PLB.

La structure s'est fixée pour objectif de recueillir 10 000 avis d'ici à la fin de l'enquête le 18 mai prochain. Une campagne de communication qui rappelle une autre campagne menée cette fois en 2009. À l'époque, la communauté d'agglomération du sud-est toulousain voulait faire pression sur le Grand Toulouse (ex-Toulouse Métropole) et Tisséo qui refusaient le financement de l'infrastructure de transport. Plus de 250 000 stickers avaient alors été distribués.

Quelle que soit l'issue de l'enquête publique, ce sera au préfet de Haute-Garonne de trancher sur le projet, via un arrêté sur l'utilité publique des travaux. Les élus devront ensuite se prononcer pour officiellement lancer le chantier.

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