Un plan à 4 millions d’euros face à la crise des urgences du CHU de Toulouse

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Les urgences du CHU de Toulouse se mobilisent contre la surcharge croissante de travail et le refus de création de nouveaux postes.
Les urgences du CHU de Toulouse se mobilisent contre la surcharge croissante de travail et le refus de création de nouveaux postes.
La direction du CHU de Toulouse a présenté un plan de 4 millions d'euros pour désengorger les urgences face à une charge de travail croissante. Pour les syndicats, ce plan ne suffit pas. La CGT a par conséquent voté la reconduite du mouvement de grève qui dure depuis plusieurs semaines.

Elles sont en grève depuis trois semaines. Les urgences du CHU de Toulouse se mobilisent contre la surcharge de travail et le refus de création de nouveaux postes. Face à cette crise, la direction du CHU vient d'adopter un plan de renforcement des urgences. Avec un "accroissement annuel d'activité de 5% durablement constaté depuis plus de 10 ans" au sein du service d'urgences, la direction reconnaît, dans un communiqué, "une charge de travail croissante et l'épuisement des équipes".

"Il y a un réel mal-être chez nos professionnels de santé et une perte de sens dans leur travail. Nous voulons rectifier ce problème et nous répondons au mieux à leurs attentes avec ce plan qui a été élaboré par le biais de groupes de travail et de rencontres avec les professionnels. C'est une très belle avancée et une réelle mesure", soutient Valérie Pons-Prêtre, secrétaire générale du CHU de Toulouse.

Recrutement de 11 équivalents temps plein

Le plan apporte "des réponses pérennes" pour le personnel de santé et permet en même temps, de "préserver la qualité et la sécurité des prises en charge des patients", selon le CHU de Toulouse. Pour ce faire, la direction compte notamment réaliser plusieurs recrutements.

"Nous allons rapidement embaucher 11 équivalents temps plein d'aide-soignants pour les urgences de Purpan. Nous allons aussi recruter des infirmiers en plus à Rangueil et nous allons renforcer les équipes du Samu 31", détaille la secrétaire générale.

Du côté des syndicats, ces annonces sont loin d'être satisfaisantes.

"11 équivalents temps-plein, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant. Ils prévoient un renforcement d'aide-soignants, mais qu'en est-il des médecins et des infirmiers à Purpan ? C'est fou qu'ils ne le prennent pas en compte alors que nous avons besoin de renforts sur ces postes. Il nous faudrait au moins 40 équivalents temps plein paramédicaux et 15 équivalents temps plein médicaux", indique Julien Terrié, représentant syndical CGT au CHU de Toulouse.

Plus d'un million d'euros encore à financer

Pour appliquer les différentes mesures prises par ce plan, le CHU de Toulouse se dote d'une enveloppe de quatre millions d'euros. 2,7 millions ont déjà été budgétés.

"Pour le 1,3 million d'euros restant, nous allons engager des discussions avec l'Agence régionale de santé. Il y a aussi des pistes internes qui peuvent être envisagées en mettant en place une stratégie de raccourcissement des délais aux urgences par exemple. Mais pas question de déshabiller un service pour mieux en habiller un autre", informe la représentante du CHU de Toulouse.

La CGT, n'est pas dupe, pour elle, cette somme va "forcément être prélevée au détriment d'autres services". Le syndicat dénonce aussi un effet d'annonce.

"Les 2,7 millions d'euros ont déjà été injectés. Le plan face à la crise des urgences ne représente réellement qu'un budget de 1,3 million d'euros", dénonce Julien Terrié. "Nous n'avons pas anticipé ces 2,7 millions d'euros depuis 2018, nous avons modifié nos plans d'actions face à la crise des urgences donc le plan représente bien quatre millions d'euros de budget", rétorque de son côté la secrétaire générale.

La grève reconduite

Les personnels des urgences se sont réunis en assemblée générale jeudi 17 octobre, suite à la publication du plan de renforcement. Ils ont décidé de reconduire le mouvement de grève.

"On voit que les agents ont raison de se mobiliser puisque la pression du mouvement paie. Mais ce n'est pas suffisant. Nous allons alors continuer à faire grève jusqu'à obtenir des solutions qui règlent le problème", lance le représentant syndical.

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Commentaires
a écrit le 21/10/2019 à 8:52 :
C'est toujours pareil en France il faut une gréve pour que nos élus et représentants ce réveille enfin. Ils sont lâches car ils ne veulent pas que leurs castes dites supérieures soit taxé pour financer l'effort collectif.

Bravo et soutien aux grévistes pour la défense et la sauvegarde de nos services d'urgences.

Xavier B

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