"Toulouse, haut lieu du trafic de cigarettes"

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Philippe Coy a été élu à la tête de la confédération nationale des buralistes en octobre dernier, pour un mandat de trois ans. Il succède à Pascal Montredon.
Philippe Coy a été élu à la tête de la confédération nationale des buralistes en octobre dernier, pour un mandat de trois ans. Il succède à Pascal Montredon. (Crédits : DR)
Elu en octobre, le nouveau président de la confédération des buralistes, Philippe Coy, a qualifié Toulouse de « capitale du trafic de cigarettes en France », lors d’une interview sur une chaîne de radio nationale lundi 4 décembre. Des propos qui interviennent peu de temps après la visite, dimanche 12 novembre, en Ariège du ministre de l’Action et des Comptes Publics, Gérald Darmanin, à ce sujet. Entretien avec l’homme, buraliste à Lescar (64), qui défend les 25 000 buralistes de France.

Récemment, vous avez qualifié la ville de Toulouse comme "capitale de l'économie souterraine" en ce qui concerne le trafic de cigarettes établi par des réseaux parallèles. Comment justifiez-vous ces propos ?

Toulouse, mais aussi Paris, sont identifiées en France pour être des hauts lieux de la vente de cigarettes par des réseaux parallèles et mafieux. Des quartiers comme Arnaud-Bernard à Toulouse sont réputés pour leur paquet de cigarettes à 5 voire 4 euros parfois. Ajoutez à cela, la proximité de la région Occitanie avec l'Andorre, principauté où les cigarettes sont beaucoup moins chères qu'en France et qui favorise encore plus le trafic. Ce dernier met en péril la politique de santé publique de l'Etat, nourrit le sentiment d'insécurité dans les quartiers concernés, et engendre la fermeture de nombreux buralistes chaque année. Il faut savoir que le marché parallèle représente chaque année 25,8 % des ventes de cigarettes en France et 2,5 milliards d'euros de recettes fiscales en moins pour le pays.

Comment peut-on lutter contre ce trafic de masse en France ?

Aujourd'hui, les forces de l'ordre reconnaissent leur impuissance face à ces réseaux mafieux. En ce qui concerne Toulouse, j'étais sur place vendredi 1er décembre pour rencontrer l'adjoint au maire en charge de la sécurité, Olivier Arsac, afin d'évoquer ce problème. Malheureusement, il a annulé notre entretien au dernier moment et je me suis seulement entretenu avec la direction régionale des douanes.

Au niveau national, le président de la République Emmanuel Macron a promis lors de sa campagne électorale de se pencher sur la question du prix du paquet de cigarettes entre les différents pays de l'Union Européenne. Certains de nos pays voisins pratiquent des prix 40, 50 voire 60 % moins chers que ceux pratiqués en France. Ces fortes différences encouragent incontestablement le trafic comme on peut l'observer à Toulouse.

Pour quelles raisons avez-vous rencontré le ministre Gérald Darmanin le 4 décembre ?

Il faut préparer et accompagner les 25 000 entreprises que sont les buralistes en France à la prochaine hausse du paquet de cigarettes de un euro en mars 2018, avant qu'il n'atteigne 10 euros en 2020. Nous devons être moins indépendant des revenus du tabac d'un point de vue économique. Les buralistes sont avant tout des commerces de proximité. Nous devons développer le segment jeux sous toutes ses formes (paris sportifs, jeux à gratter, bulletins de jeux, etc), mais aussi développer la délégation de services publics.

Par conséquent, nous travaillons avec Gérald Darmanin et ses équipes à l'élaboration d'un accord avant la fin de l'année 2017. Cet accord devra déboucher sur un plan large et ambitieux d'accompagnement du réseau entrepreneurial des buralistes français.

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