À Balma, l’opposition dénonce un maire "clivant" et "penchant vers l'extrême droite"

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Laurent Méric, conseiller municipal PS de Balma
Laurent Méric, conseiller municipal PS de Balma (Crédits : DR)
Dans la commune de Balma, dirigée depuis mars 2014 par Vincent Terrail-Novès (LR) , la gauche, qui a longtemps été aux affaires, dénonce la mauvaise gestion de la ville, notamment sur le volet social. Le socialiste Laurent Méric, leader de l’opposition de gauche, estime que le maire "court après l’extrême droite". Il lance l'association BalmAvenir. Interview.

Vincent Terrail-Novès (LR) est maire de Balma depuis presque deux ans. Comment le qualifiez-vous ?
Plus que de parler de l'homme, je préfère parler de son action, même si les deux sont bien sûr étroitement liés. Ce que je déplore le plus, c'est sa politique clivante au service de son ambition personnelle. Je constate que beaucoup de Balmanais témoignent de leurs difficultés à communiquer avec lui et ressentent un rejet de sa part. Or, quand on dirige Balma, il faut s'adresser à l'ensemble des Balmanais et faire les choses pour tout le monde. C'est le fondement de l'action politique. Sa politique est celle d'une droite dure dont les seules priorités sont la sécurité et les finances. Une droite qui court après l'extrême droite et qui prend des décisions seule dans son coin, sans concertation et sans considération pour le débat démocratique avec les Balmanais et l'opposition à laquelle il laisse peu de place.

Pourquoi dites-vous qu'il laisse peu de place à l'opposition ?
Le maire de Balma ne nous laisse pas une capacité d'existence forte. Il utilise plusieurs moyens pour faire en sorte que nous existions le moins possible. Par exemple, il n'autorise qu'un seul élu de l'opposition dans les commissions municipales. Ces commissions sont faites pour préparer les conseils municipaux. Quand Alain Fillola (PS) était maire, l'opposition avait 2 ou 3 représentants par commission. Ils pouvaient participer. Cette possibilité aujourd'hui n'est plus offerte. C'est difficile d'être entendu dans cette configuration : il fait en sorte que nous ne puissions pas nous exprimer. Cette volonté d'entrave décuple nos forces. Notre groupe travaille d'autant plus et connaît très bien les dossiers.
Autre exemple, lors de la cérémonie d'accueil des nouveaux Balmanais, samedi dernier (13 février, NDLR). Il a présenté tous les élus de sa majorité et ignoré les élus d'opposition pourtant bien présents. De nombreux nouveaux Balmanais se sont offusqués de ce mépris et de ce manque de respect de la démocratie.

Sur le fond, quels sont les dossiers sur lesquels vous êtes en désaccord avec les décisions du maire ?
À Balma, ce qui est important, c'est la qualité de vie. Par qualité de vie, j'entends l'environnement mais aussi le lien social. Balma a un tissu associatif très important (autant que Muret qui est deux fois plus grande). On remarque un gros défaut de communication à leur égard et particulièrement envers celles qui s'occupent de lien social, qui sont négligées. Par exemple, le maire ne propose aucune solution pour trouver un local adapté au Secours Populaire. Le budget pour les associations, dans sa globalité, n'a pas baissé, mais celles qui œuvrent pour la solidarité et le lien social ont vu leurs subventions baisser. D'autres n'ont même plus le courage de demander des subventions.

Autre exemple de dossier sur lequel je ne partage pas l'avis du maire : les logements sociaux. La grande fierté de Balma est de disposer de 19 % de logements sociaux, qui sont harmonieusement implantés. On est très proche de l'objectif de la loi SRU qui est de 20 %. La loi Alur prévoit quant à elle 25 % de logements sociaux d'ici à 2025. Pour cela, il faut réserver au moins 30 % dans les nouvelles constructions. Le maire refuse cela. Balma ne va donc plus respecter ses engagements en matière de logement social.

Sur la modification du PLU (Plan local d'urbanisme), encore une fois, le maire ne prend pas en compte l'intérêt de tous les Balmanais. Je lui reproche de mettre en place les mesures de la loi Alur de façon différenciée selon les quartiers et ce n'est pas équitable. Quand on mène une telle réforme de l'urbanisme, il faut une volonté d'équité. Elle n'est pas présente et c'est une faute politique du maire.

Dernièrement, vous vous êtes opposés sur la question de l'armement de la police municipale...
En effet. Le maire de Balma souhaite armer les policiers municipaux, notamment ceux qui patrouillent de nuit. Je suis pour la protection et la sécurisation de ces hommes, évidemment. Mais je rappelle que Balma a un taux de criminalité au sens large trois fois inférieur à Toulouse et que la brigade de gendarmerie forte de plus de 40 femmes et hommes est basée sur la ville. Je pense qu'il existe une autre solution, notamment l'utilisation d'armes non létales, comme les tasers. Ce débat est politique, et encore une fois, le maire penche vers l'extrême droite. Sur la forme aussi ce débat est symptomatique de sa manière de faire : il annonce sa volonté d'armer la police municipale à 23 heures, en fin de conseil municipal et en dehors de l'ordre du jour.

Sur le plan de la fiscalité, Vincent Terrail-Novès avait promis de ne pas augmenter les impôts et il a tenu cette promesse. Lui reconnaissez-vous cela ?
Non. le maire de Balma a voté pour l'augmentation des impôts à Toulouse Métropole : 7,5 % en 2015 et 7 % en 2016, soit une augmentation moyenne de + 200 euros par foyer balmanais pour la taxe d'habitation et + 400 euros si vous payez aussi la taxe foncière. Personnellement, j'ai voté contre. La CFE (cotisation foncière des entreprises) va quant à elle augmenter de 9 % cette année, c'est irresponsable dans cette période de grande difficulté pour les entreprises et les commerçants.

Vous venez de créer l'association BalmAvenir, pour quelle raison ?
Cette association rassemble des citoyens de toutes sensibilités autour des 8 élus de l'opposition et s'ouvre à tous ceux qui souhaitent débattre autour de nos valeurs : solidarité, culture, vivre ensemble... Nous comptons déjà une centaine d'adhérents. L'association fait de la proximité sa priorité. Nous avons divisé la ville de Balma en 13 quartiers et chacun d'entre eux dispose désormais d'un correspondant qui est à la disposition des Balmanais qui veulent poser des questions, proposer des choses ou avoir des informations sur la vie de Balma. BalmAvenir est aussi, désormais, le nom de notre groupe d'opposition au conseil municipal.

Vous préparez les municipales ?
Nous n'en sommes pas là. Bien sûr, nous y pensons, et nous ne laisserons pas Balma évoluer dans un mauvais sens, mais le but de cette association n'est pas de préparer une élection.

"Pas au niveau intellectuellement"

Dans le numéro de La Tribune Toulouse d'octobre-novembre 2015, une brève dans la page "Indiscrets" rendait compte d'une déclaration de Vincent Terrail-Novès, estimant que son principal opposant Laurent Méric "n'est pas au niveau intellectuellement" d'Alain Fillola, précédent maire PS de Balma. Laurent Méric assure qu'il ne "souhaite pas réagir à ces injures auxquelles il ne prête pas attention".

Balma

14 200 habitants

17 millions d'euros de budget

Endettement de 936 euros par habitant (moyenne des communes de même catégorie : 958 euros)

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