Toulouse encore sous le choc, les hommages aux victimes de Charlie Hebdo continuent ce jeudi

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Drapeaux en berne place du Capitole où 10 000 personnes se sont réunies hier soir
Drapeaux en berne place du Capitole où 10 000 personnes se sont réunies hier soir
Toulouse, comme le reste de la France, est en deuil ce jeudi, après l'attentat qui a fait 12 morts chez Charlie Hebdo hier en fin de matinée. François Hollande a décrété hier soir à la télévision que ce jeudi 8 décembre serait une journée de deuil national. À midi, une minute de silence a été sera respectée dans plusieurs lieux de la Ville rose et au sein des entreprises.

Les événements d'hier à la rédaction de Charlie Hebbo, à Paris, ont bouleversé l'ensemble de la classe politique et des citoyens français.
Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a modifié son agenda. Alors que ce matin était prévue l'installation officielle de la nouvelle métropole, la cérémonie a été annulée hier soir pour laisser place à une séance d'hommage. Le président de Toulouse Métropole, accompagné de plusieurs élus, a pris la parole pour saluer la mémoire des victimes, en particulier Bernard Maris. L'économiste, originaire de Toulouse, aura son nom "inscrit dans la toponymie de la cité" a déclaré Jean-Luc Moudenc. Une rue ou place portera sans doute son nom. Un livre d'or en ligne, ouvert à tous, lui est consacré à l'initiative de Sciences Po Toulouse où il a été professeur.

Silence et recueillement

Une minute de silence a été observée aujourd'hui à 12h00. Tout d'abord, place du Capitole, où les drapeaux sont en berne depuis hier soir. Mais aussi dans toutes les écoles et administrations. Sur le parvis du Conseil général, Pierre Izard, son président, et le personnel administratif, ont respecté cette minute de silence. Le Conseil Général était fermé au public, comme toutes les administrations publiques, en cette journée de deuil.

Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées, a fait la même chose au Conseil régional à 12h00. Une minute de silence a été observée avant la cérémonie des vœux à la presse durant laquelle il a affirmé que "c'est un moment difficile pour notre Histoire".

Tisséo a suspendu également son service tram et métro le temps d'une minute d'hommage, à 12h00.

De son côté le préfet de Haute-Garonne Pascal Mailhos a rendu hommage à 11h30 à l'Hôtel de Police de Toulouse aux deux policiers décédés hier. À 12h00, il a observé à la Préfecture le moment de recueillement prévu.

Les avocats ont manifesté "leur indignation et leur soutien aux journalistes", en venant à 12h00 en robe dans la salle des Pas perdus au Tribunal de Grande Instance de Toulouse.

À Sciences Po Toulouse, l'ensemble du personnel s'est réuni sur le parking de l'université Toulouse 1 pour une minute de silence "avec une pensée particulière pour Bernard Maris", ancien élève et professeur de l'établissement. Idem sur le campus de l'Université Paul Sabatier et à Epitech.

Les entreprises et leurs salariés aussi ont rendu hommage aux victimes aujourd'hui, avec des rassemblements silencieux chez Airbus Defence and Space et chez Capgemini notamment. La librairie Privat écrit : "La liberté d'expression, de création ou d'édition constituent des principes absolus que les libraires, comme tous ceux qui sont attachés à la démocratie et aux droits fondamentaux, sont plus que jamais résolus à défendre."

Par ailleurs, ce week-end, une marche citoyenne et républicaine est organisée samedi ou dimanche à partir de 14h30 au départ du Capitole, en fonction des conditions de sécurité.



Je suis Charlie

Hier matin, les dessinateurs Charb, Cabu, Georges Wolinski, Honoré et Tignous ont été assassinés, ainsi que l'économiste et chroniqueur toulousain Bernard Maris. Parmi les victimes de cet attentat figurent aussi le président-fondateur du festival du carnet de voyage à Clermont-Ferrand, Michel Renaud, la psychanalyste et chroniqueuse Elsa Cayat, le correcteur Mustapha Ourad, l'agent d'entretien Frédéric Boisseau et les policiers Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet.

Sophie Arutunian et Florine Galeron
©photo Frédéric maligne / Ville de Toulouse

En savoir plus:

Des élus ont encore réagi ce jeudi, par voie de communiqué de presse :

Jean-Louis Chauzy, président du Ceser : "Le racisme, l'antisémitisme, le rejet par une fraction de la société de nos valeurs qui constituent les conditions du vivre ensemble doivent être combattus sans faiblesse. Parce que nous aimons tous la liberté de pensée et de dire, d'écrire et de dessiner, nous sommes tous des Chalie !"

Les parlementaires de Haute-Garonne ( Kader Arif, Laurence Arribagé, Joël Aviragnet, Gérard Bapt, Christophe Borgel, Monique Iborra, Françoise Imbert, Patrick Lemasle, Catherine Lemorton, Martine Martinel, Alain Chatillon, Françoise Laborde, Pierre Médevielle, Brigitte Micouleau, Claude Raynal): "Notre émotion est très vive devant cette agression abominable faite à la liberté de pensée et d'expression. Derrière Charlie Hebdo, c'est la République toute entière, ses valeurs de liberté et de tolérance, qui sont visées. Notre condamnation est totale devant ces actes. Nous voulons aussi mettre en garde contre tout amalgame, ces assassins ne sauraient conduire à une mise en cause des musulmans de France."

La Fédération PRG de Haute Garonne : "Les tueurs doivent être pourchassés, jugés et condamnés sévérement pour ces actes ignobles. Nous républicains devons nous rassembler pour affronter, combattre et mettre à bas toutes les tentatives de déstabilisation de notre pays et pour soutenir notre république laique seule garantie de liberté de culte, de liberté d'expression et de liberté d'opinion."

Les représentants des cultes chrétiens, musulmans, juifs et bouddhistes en Midi-Pyrénées réfutent "toute récupération des religions pour justifier la violence et les crimes extrémistes". "Pour nous, toute vie est sacrée, écrivent-ils. Face à ce drame d'ampleur nationale, nous sommes plus forts et unis que jamais, et déterminés à oeuvrer pour l'unité nationale, et la défense des valeurs républicaines."

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