En Haute-Garonne, la Fédération du BTP lance une charte éthique contre le travail illégal dans le bâtiment

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Frédéric Carré, président de la Fédération du BTP 31
Frédéric Carré, président de la Fédération du BTP 31 (Crédits : DR)
La Fédération du BTP 31 lance Ethibat, une charte pour inciter les entreprises à lutter contre le travail illégal et pour "valoriser les entreprises qui respectent les règles", selon son président Frédéric Carré.

Un millier d'emplois détruits en Haute-Garonne chaque année depuis cinq ans, 10 M€ de redressements Urssaf l'année dernière en Midi-Pyrénées, des rémunérations anormalement basses (8 euros de l'heure) imposées à des travailleurs le plus souvent détachés, des répercutions économiques avec un manque à gagner en terme de recettes et de cotisation... C'est ainsi que la Fédération départementale du bâtiment et des travaux publics décrit les effets du travail illégal et elle dit stop. "Les impacts du travail illégal sont multiples sur l'emploi, la santé des travailleurs et d'éventuels problèmes de qualité sur les ouvrages construits. Nous lançons donc la charte Ethibat, pour valoriser les entreprises qui respectent les règles", a expliqué Frédéric Carré, président de la FBTP de Haute-Garonne lors de la présentation de cette initiative qui est une première en France.

Une démarche citoyenne

La charte Ethibat, ouverte aux 450 entreprises adhérentes de la Fédération du BTP en Haute-Garonne, repose sur sept engagements et incite les professionnels à un comportement vertueux. Les signataires devront ainsi s'engager à privilégier l'emploi local, contribuer à la protection de l'environnement et au développement de l'économie durable, garantir des conditions de travail légales, être en règle avec les assurances, présenter des offres économiquement responsables, respecter les obligations de formations et exercer une pratique légale de la sous-traitance. Les entreprises pourront mentionner leur labellisation dans leurs réponses aux appels d'offres publics : une façon de sensibiliser aussi les maîtres d'ouvrage publics et privés à cette problématique. "À ce jour, 150 entreprises nous ont déjà fait part de leur volonté d'adhérer à Ethibat", assure Frédéric Carré.

Pour obtenir ce label, les entreprises doivent néanmoins présenter un dossier de candidature attestant d'indicateurs chiffrés et d'éléments tangibles (chiffres d'affaires, effectifs ventilés, part et origine de l'intérim...) auprès de la fédération. "Adhérer à cette charte, c'est un acte militant qui permet de sauver notre modèle d'entreprise", estime Émile Noyer, président assesseur de la FBTP 31 et président du syndicat de la maçonnerie et du gros œuvre. Il prévient : "Dans le bâtiment, le low cost est une illusion et une bombe à retardement."

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