Réseaux et mentorat : "Les femmes doivent se prendre en main ! "

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La soirée La Tribune Women's Awards a été l'occasion de croiser les points de vue de femmes décideures de différents horizons
La soirée La Tribune Women's Awards a été l'occasion de croiser les points de vue de femmes décideures de différents horizons (Crédits : Rémi Benoit)
La soirée La Tribune Women's Awards, organisée hier 7 juillet par La Tribune-Objectif News, a mis à l'honneur sept femmes manageures et entrepreneures de Midi-Pyrénées. Cette 5e édition, marrainée par Véronique Di Benedetto, présidente de Femmes du numérique, aura permis de débattre de la place des réseaux et du mentorat dans la carrière des femmes.

Comment développer la parité en entreprise, notamment dans les fonctions de management opérationnel et de business ? Quelle importance peuvent avoir les réseaux et le mentorat dans la carrière des femmes ? Quel rôle peuvent tenir les hommes ? La 5e édition des La Tribune Women's Awards, qui a mis à l'honneur hier 7 juillet à la CCI de Toulouse sept femmes manageures et entrepreneures de Midi-Pyrénées, a été l'occasion de débattre de ces questions de fond, qui restent plus que jamais d'actualité.

Avec un diagnostic rappelé par Alain Di Crescenzo, président de la CCI de Toulouse. Aujourd'hui, les femmes représentent 47 % de la population active, mais 85 % des temps partiels. De même, seulement 30 % des entrepreneurs sont des femmes. Et lorsqu'elles créent des entreprises, ces dernières privilégient les petites structures : ainsi, seuls 10 % des dirigeants d'entreprises de plus de dix salariés sont des femmes.

Pourtant, assure l'élu consulaire, "la femme est l'avenir de l'homme, mais aussi de l'entreprise !"

"Prenez le business à bras le corps"

Reste alors à passer du diagnostic aux solutions concrètes. Pour la marraine de la soirée, Véronique Di Benedetto, directrice générale France d'Econocom et présidente du réseau Femmes du numérique, la transformation digitale que vit actuellement l'économie peut changer la donne. "Elle bouscule les modèles existants. Il va falloir innover beaucoup plus rapidement que par le passé. Cette organisation 2.0 doit favoriser l'efficacité collaborative, l'innovation participative et l'apprentissage social."

Pour la dirigeante, les entreprises devront donc se réinventer.

"C'est dans ce cadre que les femmes ont toutes leurs chances !, assure-t-elle en s'adressant aux dirigeantes présentes dans le public. Ne doutez pas de pouvoir contribuer à offrir des visions différentes et qui pourront justement enrichir et bousculer l'existant."

Sa certitude : "La performance des organisations sur le long terme viendra de la mixité des équipes". Une mixité que la marraine de l'événement veut totale, toutes fonctions confondues. Avec un message fort adressé aux femmes.

"Dans vos carrières, ne visez pas que des fonctions support type ressources humaines, communication ou juridique. Prenez le business à bras le corps. C'est par le business que les profits et les visions nouvelles se concrétisent. C'est le business qui pilote la capacité à avoir un impact économique et sociétal fort."

Cecilia Skroder Safir, l'une des "filleules" du programme de mentorat Objectif Up, lancé cette année par La Tribune-Objectif News, confirme. "Dans les fonctions support, on a parfois l'impression de passer un peu à côté du business et de la stratégie", regrette cette juriste d'affaire. Véronique Di Benedetto ajoute dans un sourire : "Aucune raison de laisser l'exclusivité du business aux hommes. N'est-ce pas, messieurs ?".

Le rôle des hommes

Les hommes, justement, ont été associés aux échanges au cours de la soirée. Pour Véronique Di Benedetto, l'entreprise est en effet "une valse qui se danse à deux avec les hommes. C'est ça qui va changer le monde." L'avis est partagé par Fabienne Casoli, directrice adjointe de la direction des programmes, de la stratégie et des relations internationales du Centre national d'études spatiales (Cnes).

"Les hommes ont eux aussi besoin d'avoir une vie personnelle, rappelle-t-elle. Les maris aussi peuvent assumer lorsque leurs deux enfants ont la varicelle !"

Impliqué dans une démarche de féminisation de ses instances de gouvernance, le Cnes est désormais dirigé par un conseil d'administration strictement paritaire, tandis que son comex compte quatre femmes sur 18 membres.

Et si les hommes ont leur rôle à jouer dans ce combat pour la parité, l'éducation est également un levier majeur à activer, assure Annie Dutech, professeure en gestion des ressources humaines à Toulouse Business School (TBS) et membre d'un groupe de travail dédié à la mixité hommes-femmes au sein des entreprises.

"Nous avons constaté que nos étudiantes ne négociaient jamais leurs indemnités de stage, contrairement aux garçons, qui sont donc mieux payés ! Cela commence donc très tôt. Ensuite, les femmes ne vont pas négocier leurs promotions, leurs augmentations... Elles vont attendre d'être 'reconnues'. À TBS, nous avons décidé de cesser de nous arracher les cheveux pour comprendre les raisons de tout cela. Nous souhaitons agir concrètement."

Actions de sensibilisation auprès des étudiants, mise en avant de modèles identificatoires forts, ateliers de coaching, travail avec les anciens élèves, mentorat en entreprise... Toutes les pistes sont étudiées pour faire évoluer les mentalités et lutter contre un certain phénomène d'autocensure. "Arrêtons de nous plaindre !, martèle Annie Dutech. Les femmes doivent se prendre en main !"

Les réseaux et le mentorat, des leviers à activer

Dans ce contexte, les réseaux peuvent jouer un rôle majeur. À condition, là encore, que les hommes y tiennent une place. "Les hommes doivent être les partenaires des femmes dans les réseaux", assure Annie Dutech. Marianne Minard, directrice de la communication de la SNCF Midi-Pyrénées et ambassadrice du réseau SNCF au féminin, lancé il y a quelques semaines dans la région, ne dit pas autre chose.

"L'évolution, c'est de faire rentrer les hommes dans les réseaux de femmes, car nous parlons ici de changement pour tous. Les sujets que nous traitons intéressent aussi les hommes."

Et l'inverse est vrai, assure Carole Garcia, cofondatrice de Graine de Pastel, qui a "fait le choix de rentrer dans les réseaux d'hommes pour amener la mixité chez eux".

La cheffe d'entreprise vante par ailleurs les vertus du mentorat dans l'accompagnement de la carrière des femmes. Elle qui fait partie des mentors Objectif Up évoque l'importance de "la transmission". Mais pas seulement.

"C'est un échange à double sens, un véritable partage. Je me nourris de l'énergie de ma filleule."

Une filleule, Julie Leleu, qui développe des objets connectés dédiés aux animaux de compagnie, et pour qui "l'entrepreneuriat est avant tout une question de réseau, de mise en valeur d'opportunités". Un échange résolument gagnant-gagnant, estime Véronique Di Benedetto : "J'invite les femmes à être mentor pour travailler leur propre leadership."

Un nouveau réseau social pour les femmes

La soirée a par ailleurs été l'occasion pour La Tribune-Objectif news d'annoncer le lancement de son nouveau projet, en partenariat avec la startup de Labège Ubixr : La Tribune Women's Social Community. Un réseau social premium destiné aux femmes décideures de Midi-Pyrénées, dont l'objectif est de favoriser à la fois l'ouverture, l'échange et le business.

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