Le futur nom de la région LRMP peut-il influer sur son attractivité ?

 |   |  1193  mots
(Crédits : DR)
Dans le nouveau territoire Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, la transition énergétique, les transports et le numérique sont des filières à conforter pour gagner en visibilité au niveau mondial. Alors que le processus pour trouver le futur nom de la région est en cours, quel sera son impact sur l'économie ? La Tribune Toulouse et Objectif Languedoc-Roussillon donnent la parole aux chefs d’entreprises de ces secteurs à l’occasion des 2e Rencontres de la Nouvelle Région le 24 mai prochain à Narbonne.

En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, tous les voyants sont au vert en matière de transition énergétique. Première région de France en ce qui concerne l'énergie photovoltaïque, seconde pour l'hydroélectricité... La lutte contre le changement climatique constitue l'un des objectifs majeurs du territoire. Carole Delga souhaite d'ailleurs que Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées devienne la première région en énergie positive d'Europe.

Le nom de la nouvelle région impactera-t-il  le business ?

Dans cette filière, comme dans les transports ou encore le numérique, les chefs d'entreprises comptent sur la nouvelle Région pour accroître leur visibilité, notamment à l'international. À l'heure où le processus du choix du nom de la région est en cours, quel peut être l'impact de ce futur nom sur leur business ?

La question sera posée le 24 mai prochain aux décideurs de ces secteurs lors des 2èmes Rencontres de la Nouvelle Région organisées par les rédactions de La Tribune Toulouse et Objectif Languedoc-Roussillon. Une table ronde rassemblera entre autres André Joffre, le président du pôle de compétitivité Derbi, et Nicolas Cristi, le fondateur de Sunibrain. Ils présenteront leurs attentes dans les secteurs de la transition énergétique. Pierre Deniset, le président de FrenchSouthDigital et de Kaliop, expliquera comment les entreprises du numérique se fédèrent au sein de la nouvelle région. Bertin Nahum, le PDG de Medtech et membre du Conseil national du numérique, expliquera comment la nouvelle région doit favoriser les liens entre jeunes entreprises et donneurs d'ordre.

"Un nom est une marque et impacte donc forcément le business. Il faudrait donc positionner le nom de la future région comme étant synonyme d'excellence et de produits high-tech", estime André Joffre, qui appréhende la nouvelle région comme beaucoup plus qu'une simple réunion administrative.

Bertin Nahum, nommé au Conseil national du numérique il y a quelques mois, veut aussi se faire l'ambassadeur de la nouvelle région qu'il décrit comme un territoire extrêmement innovant. "La seule région qui compte deux métropoles labellisées FrenchTech." Mais, selon lui, le choix du nom est pratiquement "une question anecdotique". Il estime que "ce qui compte, c'est surtout que le nouveau territoire soit un vecteur de création de richesse et, pour cela, il faut reconnaître et soutenir les petites entreprises". Lui qui dit avoir dépassé "la vallée de la mort des entreprises innovantes" regrette que "la France ait tant de mal à renouveler son tissu industriel".

Développer un pôle énergétique régional

De son côté, l'entreprise Sunibrain, spécialisée dans l'amélioration du rendement des panneaux photovoltaïques, a déjà profité plusieurs fois des soutiens financiers de la Région pour développer son projet. Elle a reçu le prix Midinvest, a été accompagnée par Madeeli et vient de lever 1,3 million d'euros pour accélérer son programme de R&D et recourir notamment à l'intelligence artificielle. Dans ce dernier tour de table, la Région soutient la startup à hauteur de 260 000 euros sous forme de subsides. Mais, selon Nicolas Cristi, fondateur de la startup, la filière photovoltaïque régionale manque encore de visibilité. "J'aimerais développer un pôle énergétique sur le modèle de l'IoT Valley qui a vocation à créer un microcosme et un terrain fertile", explique-t-il. Dans ce secteur, il manque selon lui une petite marche entre l'incubateur et le business : "il faudrait une structure capable de créer de l'activité économique et d'aider notamment les startups à se mettre en rapport avec les grands comptes".

À la tête du pôle Derbi, André Joffre fédère déjà des acteurs des deux territoires. Déployé depuis 2013 sur Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, le pôle a anticipé le passage à la nouvelle région. À fin 2015, il affiche un réseau de plus de 150 adhérents (dont 90 entreprises, 28 centres de recherche, laboratoires, établissements d'enseignement supérieur, 29 fédérations professionnelles et partenaires institutionnels et 12 collectivités territoriales).

Concernant les réalisations, il recense 233 projets labellisés depuis la création du pôle en 2006 réunissant plus de 560 partenaires et représentant 658 millions d'euros d'investissement, dont 124 projets financés pour un investissement global de 275 millions d'euros.

Selon son président, "le fait d'agréger les deux territoires a donné une complémentarité à la filière en termes de métiers. Actuellement, près de 300 acteurs travailleraient dans le secteur et le pôle Derbi a rapporté 100 millions d'euros depuis dix ans en Languedoc-Roussillon."

Des aides pour développer l'export

Avec la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées est l'une des régions plus ensoleillées de France, un atout majeur en matière de transition énergétique. Pour autant, les industriels attendent quand même un appui de la Région pour se déployer.

"Le nouveau territoire régional nous donne une taille critique suffisante, mais nous souhaitons maintenant que le chantier de l'international s'ouvre et que la région nous aide à mettre en place des coopérations internationales en nous emmenant dans ses bagages", décrit André Joffre.

Il cite notamment les pays du Maghreb, qui vivent une vraie mutation énergétique et constituent des marchés à prendre qui n'attendront pas.

André Joffre, également à la tête du bureau d'études Tecsol, qui développe des activités dans l'ingénierie des stations solaires, a pour l'heure adopté la technologie Sigfox pour développer un appareil de suivi des performances énergétiques du réseau solaire à distance. "L'entreprise de Ludovic Le Moan commence à se déployer dans la baie de San Francisco et nous partons dans leurs bagages. Nous gérons actuellement 500 installations et le fait de travailler avec Sigfox nous a permis de proposer 300 installations supplémentaires."

Au sein du pôle Derbi, le secteur des panneaux photovoltaïques émerge comme un secteur promis à une belle évolution. "Il y aura à l'avenir des produits très haut de gamme et l'avenir est bel et bien à la convergence des technologies d'information et des énergies renouvelables", promet André Joffre. D'ailleurs, l'un des axes du pôle est de lancer des appels d'offres permettant à des entreprises du numérique d'inventer des produits nouveaux grâce aux réseaux intelligents.

Les 2èmes Rencontres de la Nouvelle Région le 24 mai à Narbonne

Les rédactions de La Tribune Toulouse et Objectif Languedoc-Roussillon organisent les 2èmes Rencontres de la Nouvelle Région, au Théâtre Scène Nationale de Narbonne de 9h30 à 16h. Plusieurs chefs d'entreprises viendront exprimer leur vision sur l'identité régionale et l'attractivité. Deux tables rondes seront ensuite consacrées aux filières "pépites" qui portent déjà la région à l'international et aux secteurs qu'il faut conforter pour se distinguer sur le marché mondial. Un débat interactif et une consultation autour du nom viendra conclure la journée. Plus de 400 acteurs de la vie économique et politique sont attendus.

Un service de navettes sera proposé entre Toulouse et Narbonne de 7h30 à 17h*
*Sous réserve d'un nombre minimum de réservations

--> Inscriptions ici.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/04/2016 à 18:55 :
Le futur nom de la région LRMP peut-il influer sur son attractivité ?

La réponse est NON.

Si c'était le cas, il y a longtemps que les régions du tiers-monde auraient changé de nom pour être plus attractives !

Ce ne sont pas les noms qui rendent attractives les régions : c'est l'inverse, les régions riches font rêver, leurs noms sont très populaires : exemple, le Sud-Ouest des USA est une région prospère, du coup, la Californie est un nom qui fait rêver ! Si le Sud-Ouest des USA s'était appelé Cailloux-à-Chèvres-naines, et bien à l'heure actuelle, Cailloux-à-Chèvres-naines serait un nom qui ferait rêver.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :