Impression 3D : Rossi Aéro devient actionnaire de la startup toulousaine Opt’alm

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À gauche, Alain Toufine (président d'Opt'alm), Loïc Mesmin, Cécile Cazaux (conseil de la société Opt’alm) et à droite, Mathieu Rossi (président de groupe Rossi Aéro), Maïté Leleu-Menassier (conseil du groupe Rossi Aéro) et Matthieu Dupré (directeur commercial du groupe Rossi Aéro).
À gauche, Alain Toufine (président d'Opt'alm), Loïc Mesmin, Cécile Cazaux (conseil de la société Opt’alm) et à droite, Mathieu Rossi (président de groupe Rossi Aéro), Maïté Leleu-Menassier (conseil du groupe Rossi Aéro) et Matthieu Dupré (directeur commercial du groupe Rossi Aéro). (Crédits : Groupe Rossi Aéro)
Opt’alm, le spécialiste toulousain de la fabrication additive métallique, a désormais pour actionnaire le groupe Rossi Aéro. Ce partenariat va permettre au sous-traitant aéronautique d’intégrer l’impression 3D dans son cycle de production.

C'est sans doute l'expertise unique d'Opt'alm dans l'impression de pièces métalliques en 3D qui a attiré l'attention du groupe sous-traitant aéronautique Rossi Aéro. Au mois de juillet, la jeune pousse toulousaine s'est en effet lancée à la recherche d'investisseurs, et l'industriel Rossi (32,8M€ de chiffre d'affaires en 2016) a répondu à l'appel. Séduit par les techniques de fabrication brevetées et innovantes d'Opt'alm, le groupe a investi 500 000 euros dans la société, dont il est aujourd'hui le troisième actionnaire en plus des deux fondateurs :

"Nous sommes fournisseurs de rang un de pièces élémentaires pour le secteur aéronautique, spécialisés dans les métiers de l'usinage, de la tôlerie et de la chaudronnerie. Avec l'impression 3D, nous voulons innover, explique Matthieu Dupré, directeur commercial du groupe Rossi Aéro et maintenant directeur général d'Opt'alm. Le partenariat avec la startup toulousaine va nous permettre de bénéficier de sa technologie d'impression en 3D par projection de poudre, dont l'utilisation est encore inédite dans l'industrie aéronautique".

Deux procédés brevetés

En effet, d'autres sous-traitants se servent déjà de l'impression 3D, mais avec des procédés différents d'Opt'alm.

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De son côté, la jeune pousse utilise la technologie du Direct Energy Deposition (DED), afin de déposer directement de la poudre fusionnée par laser à l'endroit souhaité :

"Cette technique permet notamment de fabriquer des pièces de formes complexes avec un gain avec des gains de temps et de délai de l'ordre de 20 à 30%, éclaire Alain Toufine, président et co-fondateur d'Opt'alm. Elle permet d'assurer une excellente reproductibilité par rapport à la méthode actuelle qui nécessite souvent des interventions manuelles. Plus généralement, intégrer l'impression 3D dans les cycles de fabrication répond aux besoins de montée en cadence en réduisant les coûts, les délais et évitant aussi les rebuts et le recyclage des copeaux ".

Une nouvelle machine dernier cri

Ainsi, depuis début 2015, Opt'alm crée des pièces dites "sandwich" (légères et de formes complexes) grâce à la technologie DED. La jeune pousse améliore également la performance de structures de type bielle ou arbre de transmission (pièces très utilisées en aéronautique, énergie et naval). En outre, ces nouvelles techniques de fabrication permettent la mise en œuvre de nouveaux alliages de métaux plus performants.

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Opt'alm va se munir de sa première machine d'impression 3D d'ici la fin de l'année. Crédits: groupe Rossi Aéro.

Par ailleurs, l'investissement du groupe Rossi Aéro va permettre à la startup toulousaine d'acquérir sa première machine d'impression 3D. L'installation de cet outil dernier cri de la marque française Be Additive Manufacturing (BeAM) est prévue à la fin de l'année dans les locaux du groupe Rossi Aéro à Saint-Caprais. Le sous-traitant aéronautique bénéficiera ainsi de l'expertise d'Opt'alm pour fabriquer des pièces de grande dimension (jusqu'à un demi mètre cube) et de formes complexes, sans avoir besoin d'interrompre le procédé de fabrication.

Chiffre d'affaires de 1M€ en 2018 ?

"Grâce à cette nouvelle machine et à la maîtrise d'Opt'alm en DED, nous allons pouvoir rajouter des fonctions supplémentaires à des pièces déjà fabriquées en leur greffant des éléments a posteriori, explique Matthieu Dupré. Il sera également possible de réparer des pièces d'avion endommagées, en reconstruisant les formes ou les fonctions 'perdues'. Exploiter cette technologie dans le domaine de la MRO (Maintenance, Repair and Overhaul, NDLR) est une démarche novatrice dans l'industrie aéronautique, et nous sommes fiers d'ajouter cette corde à notre arc ".

Enfin, le groupe Rossi Aéro et Opt'alm pensent déjà à leurs futurs innovations et à l'amélioration des procédés d'impression 3D actuels. Avec cette nouvelle étape de son histoire, Opt'alm prévoit de son côté d'embaucher quatre personnes supplémentaires d'ici fin 2018 - huit personnes au total - et d'atteindre 1M€ de chiffre d'affaires l'année prochaine.

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