Polémique sur les dividendes des actionnaires chinois : l'AG de l'aéroport de Toulouse reportée

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Le directoire de l'aéroport Toulouse-Blagnac a décidé de reporter sine die l'assemblée générale extraordinaire prévue ce mardi 28 juin.
Le directoire de l'aéroport Toulouse-Blagnac a décidé de reporter sine die l'assemblée générale extraordinaire prévue ce mardi 28 juin.
Face à un climat jugé peu serein, le directoire de l’aéroport Toulouse-Blagnac a décidé de reporter l'assemblée générale prévue ce mardi 28 juin. L'attribution de 17,5 millions d'euros de dividendes aux actionnaires devait notamment y être décidée. Un an après l'arrivée des actionnaires chinois au capital d'ATB, la privatisation de l'aéroport suscite toujours autant de remous à Toulouse.

La distribution des dividendes aux actionnaires de l'aéroport Toulouse-Blagnac devra attendre. Dans un contexte économique et politique tendu, le directoire de l'aéroport Toulouse-Blagnac (présidé par Jean-Michel Vernhes) a décidé de reporter sine die l'assemblée générale extraordinaire prévue ce mardi 28 juin.

"L'ordre du jour prévoyait la distribution exceptionnelle de 17,5 millions d'euros de dividendes aux actionnaires dont 9 millions d'euros pour Casil Europe (l'actionnaire chinois qui a racheté les 49,99% de parts de l'État, NDLR) en puisant dans la réserve de 67 millions d'euros de l'aéroport. Casil Europe demandait à l'origine 40 millions de dividendes aux actionnaires", explique Anne-Marie Idrac la présidente du conseil de surveillance de l'aéroport Toulouse-Blagnac.

L'autre point à l'ordre était une réforme des statuts des collectivités pour qu'elles détiennent une majorité de blocage quand l'État n'aura plus de parts dans l'aéroport (Casil Europe a mis une option de vente sur les 10,01% de parts encore détenues par l'État jusqu'en 2018, NDRL)"

"Une assemblée générale n'est pas une assemblée politique"

Un an après la privatisation de l'aéroport, l'arrivée des actionnaires chinois continue de créer des frictions. Le 13 juin dernier, le sénateur socialiste Claude Raynal a écrit une lettre ouverte au président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc pour s'inquiéter de cette redistribution des dividendes. De son côté, le président du Ceser (Conseil économique, social et environnemental régional) Jean-Louis Chauzy a envoyé ce lundi un courrier au ministre de l'Économie Emmanuel Macron pour demander à l'État de ne pas vendre en 2018 les 10% de parts restantes au nouvel actionnaire chinois.

"Une assemblée générale n'est pas une assemblée politique. Casil Europe n'est pas une instance politique mais un investisseur de long-terme. Face aux interférences et aux bruits qui courent nous avons préférer reporter l'assemblée générale" affirme Anne-Marie Idrac.

L'actionnaire chinois a également réagi via un communiqué en interpellant l'État :

"Casil Europe tient tous ses engagements et assume toutes ses responsabilités en tant qu'actionnaire d'Aéroport Toulouse Blagnac et par conséquent Casil Europe entend que l'État en fasse de même, comme cela a été prévu lors du choix du consortium et comme cela a été le cas jusqu'à maintenant".

Les Chinois vont-ils financer la troisième ligne de métro ?

À l'occasion d'une conférence de presse organisée dans l'urgence ce mardi matin, Anne-Marie Idrac a rappelé que le nouvel actionnaire allait permettre de "financer de grands projets de territoire à Toulouse et ailleurs". Pour le moment, 162,5 millions d'euros d'investissements sont prévus sur 5 ans pour le développement de l'aéroport. En revanche, on sait déjà que les actionnaires de l'aéroport ne vont pas participer au financement du Parc des expositions. Les Chinois iront-ils jusqu'à financer une partie de la troisième ligne de métro, comme le souhaite Jean-Luc Moudenc ? : "L'objet social de l'aéroport permet de financer la station de métro à l'aéroport mais pas la ligne en elle-même. Mais Casil Europe est prêt à participer à ce projet", note la présidente du conseil de surveillance.

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Commentaires
a écrit le 29/06/2016 à 11:02 :
Et on va construire NDDL pour le vendre dans 10 ans a des étrangers........
a écrit le 29/06/2016 à 9:52 :
C'est exactement la même problématique qui s'est produite avec l'acquisition par le Groupe Vinci des autoroutes. Le bilan est toujours le même: hausse des tarifs, suppression d'emplois, maintenance et initiatives médiocres. La Revue "Que Choisir" a consacré dans son numéro de juin dernier un article entier consacré au "fiasco" du partenariat "public-privé". S'agissant de la construction de la ligne de Tgv Nîmes-Montpellier, on commence à percevoir les tensions entre les partenaires. Ne parlons même pas de l'implantation des gares de la "Mogère" et de "Manduel" qui font vif débat et sont loin de recueillir l'approbation des utilisateurs locaux. La BCE se prépare à distribuer près de 1 000 milliards d'euros de crédits pour relancer l'économie. Il me semble que ces fonds devraient être affectés à la réalisation d'équipements structurants, porteurs d'avenir. Ceci dit, je ne crois pas à la "théorie de l'offre", ni à celle des politiques "keynésiennes" visant à soutenir (maintenir?) le développement. Nous voyons bien que depuis 2008, année funeste de la crise des "subprimes", ces politiques ne marchent pas. Une nouvelle fois mille mercis à votre journal de permettre et d'enrichir ce débat.
a écrit le 29/06/2016 à 1:37 :
Je vis en Chine depuis pres de 20 ans. Il n'y a aucune surprise ici, argent facile a court terme. On taille dans le moyen et long terme pour s'en mettre un maximum dans les poches tout de suite. On depense le minimum pour mettre un coup de peinture, on fait un truc tape a l'oeil a l'entree, on fait des grands discours sur l'enrichissement de tous mais au final, on pompe tout le pognon. Dans 10 ans, l'aeroport est delabre, les actionnaires auront tout suce.
Faites le calcul, ils vont "investir" 160 millions mais ils commencent par pomper les 67 millions de reserve! En gros, l'aeroport lui-meme va financer les travaux avec les moyens qu'il avait avant. Ils ne vont pas sortir un rond et il faudra leur dire merci. D'autant qu'ils vont tout renegocier dans les 5 ans a venir quand l'aeroport n'aura plus de reserve et en facade plus d'argent puisque le jeu des societes ecran le rendra a peine viable. Les dotations de l'etat vont payer les travaux, c'est sur!!
A bon entendeur
a écrit le 28/06/2016 à 16:51 :
Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que la stratégie des chinois s'oppose(era) TOUJOURS à celle des autres actionnaires : d'un côté la volonté affichée et arrogante importée de faire du fric à tout prix face à une gestion traditionnelle autochtone de "service public". J'ai pris l'avion la semaine dernière à Toulouse et j'ai pu constater que le parcours des voyageurs de l'entrée aux salles d'embarquement a doublé en quelques semaines, empruntant d'interminables couloirs bientôt flanqués de boutiques de tout poil. En fait, ils ont compris que les voyageurs du 4ème aéroport de France sont captifs dans ce lieu qu'ils veulent transformer en vulgaire galerie marchande. Vendre des infrastructures, pourquoi pas? Mais le vendeur aurait quand même être plus regardant sur la (les) qualité(s) de l'acheteur.

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