SNCF : une sauvegarde des petites lignes en Occitanie ?

 |   |  659  mots
La région Occitanie compte 2 514 km de voies ferrées  qui transportent 66 000 voyageurs chaque jour.
La région Occitanie compte 2 514 km de voies ferrées qui transportent 66 000 voyageurs chaque jour. (Crédits : Rémi Benoit)
Le gouvernement doit rendre courant mars ses préconisations pour sauver les petites lignes ferroviaires régionales. En Occitanie, SNCF Réseau prévoit d'investir 380 millions d'euros en 2019, dont une partie pour sauver certaines de ces lignes de desserte fine.

Que vont devenir les petites lignes ferroviaires d'Occitanie ? Le 11 janvier dernier, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, a missionné le préfet François Phillizot pour établir un diagnostic de l'état de ces "lignes de desserte fine" qui représentent un réseau de 9 137 kilomètres à travers la France. Le but : éviter leur fermeture grâce à des solutions alternatives au cas par cas.

2 500 km de lignes feroviaires en Occitanie

En région Occitanie, le réseau ferré qui transporte chaque jour 66 000 voyageurs, est composé de 2 514 km de voies ferrées, dont la majorité sont des "petites lignes". Pour Pierre Boutier, directeur territorial de SNCF Réseau Occitanie, ces lignes de desserte fine représentent "des coûts de maintenance et de rénovation trop élevés par rapport au taux de fréquentation". Par ailleurs, pour des raisons de sécurité, "certains trains sont parfois obligés de rouler à 10 kilomètres/heure", à cause du mauvais état des voies.

Afin de réduire ces dépenses, le PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, avait alors proposé aux Régions un "kit de bonnes pratiques" composé d'une cinquantaine de solutions. Parmi elles, l'utilisation du grave-bitume (un mélange de bitume et de granulats) au lieu du ballast ou encore la rénovation d'une seule voie au lieu de deux.

Alors que des interrogations continuent de planer concernant l'avenir des petites lignes d'Occitanie, SNCF Réseau prévoit d'investir 380 millions d'euros en 2019 sur l'ensemble du réseau. Ces investissements seront dédiés à des grands programmes de rénovation sur des lignes TER comme Toulouse-Tarbes (450 millions d'euros engagés entre 2015 et 2022), mais quelques petites lignes feront également l'objet de travaux pour continuer à exister.

"La priorité est de rénover le réseau existant"

À ce titre, le sauvetage de la liaison Brive-La-Gaillarde (Corrèze)/St-Denis-près-Martel (Lot) semble assuré. Sur cette ligne à cheval entre la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie, le mauvais état de la voie obligeait les trains à circuler à 80 km/h au lieu de 110 km/h. Une situation qui devrait être réglée grâce à la "modernisation totale de la voie", explique le directeur. Pour minimiser les coûts, le chantier sera mené d'un bloc entre le 15 avril et le 15 août 2019, période pendant laquelle la ligne sera fermée. Ce financement fait appel au Contrat de Plan État-Région (CPER) avec 6 millions d'euros financés par la Région Nouvelle-Aquitaine et 7,5 millions d'euros pour la Région Occitanie.

"La priorité de SNCF Réseau est de rénover le réseau existant. Le gouvernement a donné cette conduite et la SNCF l'applique de manière loyale", affirme Pierre Boutier, directeur territorial.

Les deux Régions ont également repris le leadership sur la ligne de fret Auch-Agen (plus exploitée depuis le 1er mars 2016). L'absence de fonds européens a entraîné le report des travaux à une date non déterminée et les collectivités recherchent toujours un industriel pour se charger de la rénovation.

Du côté de l'Ariège, 12,3 millions d'euros seront investis pour permettre la circulation des nouvelles rames TER sur la ligne Toulouse-Latour de Carol où la petite ligne Foix-Latour De Carol était menacée de fermeture. Concernant la remise en circulation de la ligne Montréjeau-Luchon grâce au test du train à hydrogène, elle "fait l'objet d'études d'avant projet jusqu'en 2021", annonce le chef d'entreprise.

Par ailleurs, les passages à niveaux de Muret et de Montaudran, jugés "très dangereux" par le directeur général, seront supprimés. À Muret, 23 millions d'euros seront investis pour créer un pont ferroviaire qui permettra à la route de passer sous la voie ferrée. Quant au passage à niveaux de Montaudran (témoin d'un accident mortel en janvier 2017), sa suppression impliquera la création de deux ouvrages d'art, un pont ferroviaire et un pont routier, le tout pour un total de 50 millions d'euros.

Lire aussi : Le train à hydrogène va être testé près de Toulouse

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :