Marlène Schiappa rencontre Valérie Jimenez, pionnière de l'égalité professionnelle

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Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a rencontré ce vendredi 13 avril Valérie Jimenez, présidente de la société de transport du même nom.
Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a rencontré ce vendredi 13 avril Valérie Jimenez, présidente de la société de transport du même nom. (Crédits : Rémi Benoit)
La secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa était ce vendredi 13 avril en déplacement dans la région toulousaine. Elle a fait notamment la connaissance de Valérie Jimenez, à la tête depuis 22 ans de la société de transport du même nom. L'entreprise a développé des pratiques innovantes pour y favoriser l'égalité professionnelle.

C'est une entreprise atypique dans le milieu des transporteurs. Jimenez FVA a été créée en 1996 par Valérie Jimenez et son mari François. La première en est devenue la présidente et le second directeur général. "Il était sur la route toute la nuit et moi je venais en remplacement la journée. C'est lui qui m'a appris comment conduire un camion", raconte la présidente de l'entreprise devant Marlène Schiappa, la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, de passage ce vendredi 13 avril dans la société basée à Villeneuve-lès-Bouloc (Haute-Garonne).

5% de conductrices

Le transporteur a initié une politique volontariste en matière d'égalité professionnelle. D'abord, en favorisant la mixité dans un milieu très masculin.

"Nous avons 5% de conductrices contre 3% en moyenne dans les autres sociétés de transport de la Région Occitanie", explique Valérie Jimenez.

À l'occasion de la visite ministérielle, la dirigeante a tenu à présenter Morgane et Laura, des jeunes femmes d'à peine 20 ans avec quelques mois de permis en poche et qui ont choisi ce métier.

"Marlène Schiappa, vous parlez de 'plafond de mère' pour parler des freins dans la carrière des femmes. Dans le milieu des transporteurs, on a tendance à penser qu'une femme ne peut pas arriver à maîtriser certaines choses. Je dis aux conductrices que tout s'apprend. Moi-même, au début, j'avais le vertige dans le camion et peur de passer les péages autoroutiers", confie-t-elle. Au niveau des fonctions support, la société de 500 salariés compte 48% de femmes. Dernièrement, le responsable informatique s'est vu confier "le défi de recruter une femme développeuse web".

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Valérie Jimenez (Crédit : Rémi Benoit).

Aménagement de temps de travail et espace de garde pour les enfants

L'entreprise a également créé d'autres pratiques innovantes pour favoriser l'égalité professionnelle. "Notre responsable comptabilité est arrivée en poste juste après avoir accouché de jumelles. Nous avons aménagé son temps de travail pour qu'elle puisse jongler entre les deux. De même, j'autorise les salariés à venir avec leurs enfants dans l'entreprise quand ils ont des problèmes de garde. Nous avons aménagé un espace bien-être à cet effet", détaille Valérie Jimenez.

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Marlène Schiappa (Crédit : Rémi Benoit).

"Valérie Jimenez est l'une des premières femmes a avoir créé une entreprise de transport dans la région. Souvent, quand on parle de mixité dans les métiers, on a tendance à avoir un langage un peu théorique sur le fait d'être une femme dans un métier dit masculin. Là c'est l'occasion de montrer qu'on est libre de suivre sa passion", a réagi Marlène Schiappa à l'issue de sa visite. La secrétaire d'État s'était rendue un peu plus tôt dans un centre de formation des compagnons du tour de France pour rencontrer des jeunes femmes apprenties dans des cursus BTP.

Au-delà de ces exemples, que compte faire Marlène Schiappa pour favoriser l'égalité professionnelle en France ?

"À mon arrivée au gouvernement, j'ai installé dans mon ministère un bureau des enfants dans lequel les collaborateurs qui n'ont pas de mode de garde peuvent déposer leurs petits. On le fait visiter aux entreprises et cela nous a coûté seulement 145 euros. C'est surtout une question de volonté".

La secrétaire d'État a ensuite esquissé les pistes de travail à l'étude au sein de son ministère (doté d'un budget annuel de moins de 30 millions d'euros) :

"Nous travaillons actuellement sur les causes des inégalités de carrière en faisant en sorte qu'il y ait un congé maternité harmonisé y compris pour les cheffes d'entreprises et les autoentrepreneuses. Nous réfléchissons également sur le congé paternité pour que les hommes s'engagent plus sur la sphère domestique. Nous menons une collaboration avec la Suède pour réduire les écarts de salaires. Et puis, on veut faire passer de 1700 à 7000 les contrôles de l'inspection du travail sur l'égalité professionnelle".

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Marlène Schiappa (Crédit : Rémi Benoit).

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