Troisième ligne de métro : le "oui, mais" des Toulousains

Le débat public autour du projet de troisième ligne de métro à Toulouse se termine le 17 décembre. Les Toulousains se sont fortement mobilisés pendant cette consultation. Selon la Commission nationale du débat public, l'utilité du projet convainc les personnes interrogées à certaines conditions.
Les Toulousains interrogés par la CNDP sont favorables à une 3e ligne de métro à certaines conditions.
Les Toulousains interrogés par la CNDP sont favorables à une 3e ligne de métro à certaines conditions. (Crédits : Rémi Benoit)

20 000 visiteurs uniques sur le site de la Commission nationale du débat public (CNDP). 5 000 questionnaires remplis. 4 000 conversations avec des passants. 3 000 participants aux rencontres publiques. 800 avis recueillis. 290 questions posées sur le site. 62 contributions d'associations et d'institutions. 30 auditions d'experts. La CNDP misait sur plus de 10 000 participations citoyennes durant toute la durée du débat, elle estime qu'il y en a eu environ  20 000 au final.

"Il n'y a probablement jamais eu de dispositif de concertation aussi important à Toulouse, se satisfait Jacques Archimbaud, le président du débat public toulousain. Cela montre que c'est une ville où les gens parlent avec sérieux et appétit des sujets de mobilité. On voit qu'il y a une blessure : la thrombose (les embouteillages, ndlr) de la ville. Et un désir : le maintien d'un modèle de vie toulousain attractif et diversifié. Cela pose de vrais problèmes en termes de mobilité car les transports doivent répondre à différents modes de vie (en centre-ville, en zone péri-urbaine, etc)."

"Oui à la troisième ligne, mais"

Le dépouillement des questionnaires est en tout cas très clair. Environ 75 % des Toulousains interrogés sont favorables au projet d'une troisième ligne de métro reliant les zones de vie aux zones de travail. "C'est un 'oui, mais', explique Jacques Archimbaud. Il y a un feu vert sur le projet, un feu orange clignotant sur la desserte du centre-ville et un feu rouge sur le rabattement vers la ligne."

D'après les avis recueillis, les Toulousains demandent une intermodalité plus efficace entre la future ligne de métro et les autres moyens de transport (TER, bus, etc) car la solution actuelle à base de bus Linéo est perçue comme "extrêmement faible". Un sentiment de déséquilibre apparaît pour "les laissés-pour-compte du côté de l'Union et Tournefeuille". Enfin, certains Toulousains demandent un tracé desservant les zones déjà densément peuplées (Amidonniers et Pont-Jumeaux par exemple), et non celles qui le seraient dans quelques années (zone Fondeyre).

Une liaison aéroport à la charge de l'actionnaire

Concernant la liaison vers l'aéroport, "l'enthousiasme est moins grand", constate Jacques Archimbaud. Les Toulousains interrogés semblent trouver l'idée "cohérente", mais estiment que c'est au nouvel actionnaire de l'aéroport (le groupe Casil Europe) de prendre en charge le financement. Un point de vue qui a surpris l'organisateur du débat public puisque la solution d'une tarification particulière aurait aussi pu émerger. "Les gens qui travaillent dans la zone aéroportuaire ne veulent pas payer plus cher que les autres usagers", conclut Jacques Archimbaud.

Le 15 février, la CNDP remettra son rapport détaillé sur les résultats de la consultation publique. "Les décideurs publics ne peuvent rester dans l'entre-deux actuel, estime Jacques Archimbaud. Le projet est convaincant mais il doit répondre aux attentes des citoyens."

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