Municipales à Cugnaux : quatre listes contre le maire sortant Philippe Guérin

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Pierre Guérin, Philippe Guérin, Alain Chaléon et Michel Aujoulat
Pierre Guérin, Philippe Guérin, Alain Chaléon et Michel Aujoulat
Le scrutin s'annonce serré à Cugnaux, au Sud-Ouest de Toulouse. Le maire sortant Philippe Guérin devra faire face à quatre listes. Tous ses opposants mettent en avant une "mauvaise gestion financière" et un "urbanisme débridé". Des arguments que Philippe Guérin, "très serein", conteste point par point.

En 2008, Michel Aujoulat et Philippe Guérin s'étaient déjà affrontés et l'élection s'était jouée à 230 voix après une triangulaire au second tour. Cette année, la situation pourrait bien se représenter avec 5 listes en course au premier tour. Pour autant, Philippe Guérin, soutenu par le PS, le PC, EE-LV et le PRG, aborde cette campagne "très serein, dans un esprit de confiance, de poursuite de l'action entreprise".

Les finances en question
Pour les adversaires de Philippe Guérin, les choses sont claires : il doit partir. Pourtant, tous avancent en ordre dispersé. C'est notamment le cas à droite, où l'ancien maire (de 1989 à 2001, NDLR) Michel Aujoulat devra compter sur la présence en face de lui de son ancien adjoint aux affaires scolaires Alain Chaléon. "J'aurais accepté de ne pas être tête de liste mais M. Chaléon ne voulait pas que je fasse partie de sa liste, explique Michel Aujoulat. J'ai été maire pendant 12 ans. Je pense encore pouvoir apporter des choses à Cugnaux. Un électorat me suit et l'union aura lieu au deuxième tour", assure-t-il. Pour l'ancien maire, investi par l'UMP et l'UDI, l'objectif est simple, "mettre Philippe Guérin dehors, car il gère la commune d'une mauvaise façon".

Une vision partagée par Alain Chaléon, soutenu par le Modem, pour qui "Cugnaux n'avance pas depuis 10 ans". Il met en avant "des méthodes de coups médiatiques, sans concertation". Des accusations auxquelles Philippe Guérin répond en contre-attaquant : "Michel Aujoulat avait laissé 3 M€ de factures non déclarées et avait souscrit un emprunt pour le fonctionnement de la mairie, ce qui est interdit. J'ai réduit l'endettement de la commune. La gestion de la ville est très bien notée."

Une candidature dissidente
Pierre Guérin, ancien conseiller municipal en charge des finances et candidat sans étiquette, avance de son côté "un profond désaccord avec le maire sortant au niveau de l'élaboration du budget. J'ai voté contre ce budget." En cause, un projet de pôle multiculturel évalué à 14 M€. "Philippe Guérin a refusé de rendre le marché infructueux, se désole Pierre Guérin, à la tête d'une liste de rassemblement. Si je suis élu, je suspendrai le chantier pour éviter le dérapage fiscal de la commune. Je renégocierai avec les banques et je réduirai le coût de fonctionnement de la commune. Je suis le mieux placé pour redresser la ville", assure-t-il.

Cette candidature de Pierre Guérin conforte Michel Aujoulat dans sa vision de la gestion de la ville par le maire sortant : "À chaque mandat, le responsable aux finances disparaît. Il y a une raison. Philippe Guérin compte sur la division. J'ai rencontré Pierre Guérin et je suis prêt à faire un pacte républicain et à lui laisser la tête de liste au 2e tour. Je l'ai déjà fait en 1989", indique Michel Aujoulat, qui souhaite "mettre en place un audit financier de 3 à 6 mois sur le fonctionnement de la mairie". Philippe Guérin ne s'émeut pourtant pas de la candidature de son ancien conseiller municipal. "Mon premier adjoint était candidat en 2008. Ce sont des ambitions personnelles. Un complexe d'Iznogoud. Ils veulent simplement devenir calife à la place du calife." Il souligne également que "c'est Pierre Guérin qui a établi le budget. Il ne l'a pas voté par posture politique."

Urbanisation et Francazal
Autres points de reproches des différents candidats, "un urbanisme débridé", dixit Alain Chaléon. "Il y a une grande densification du centre-ville, avec des voieries inadaptées", déplore-t-il. "Il faut revoir le POS (Plan d'occupation des sols, NDLR), bloquer les constructions et passer de nombreuses zones en Zac", indique quant à lui Michel Aujoulat. Pour Pierre Guérin, il est essentiel de "désengorger la ville. Je suis opposé à la voie du canal Saint-Martory car Cugnaux ne doit pas être une voie de passage. Le PLU, le PDU et le Scot doivent être remis à plat." Là encore, Philippe Guérin conteste : "Le Scot et le PLU ont été votés par ces élus qui critiquent. Il y a 300 ha de foncier disponible. Nous en avons placé 180 en Zone d'aménagement différé (Zad) pour les ouvrir au fur et à mesure à la construction."

Enfin, l'avenir de la base de Francazal fait débat. Pour Michel Aujoulat, "l'inquiétude est que Lavallin se serve des fuseaux aériens disponibles pour du fret. Il faut que Toulouse Métropole soit saisie." "Francazal est une opportunité pour Cugnaux. Mais le terrain est trop cher et la dépollution est à la charge de l'acquéreur, détaille Alain Chaléon. La priorité est de développer l'emploi. On a eu droit à Hollywood sur Garonne, un projet mal ficelé." Sur ce dossier "Philippe Guérin a berné ses collègues, selon Pierre Guérin. Je ne peux pas croire qu'il ne savait pas que le porteur de projet, Bruno Granja, n'avait pas les fonds. Il faut étendre la Zac pour que des entreprises locales s'y installent. Berdoues est par exemple en recherche d'espace."

Le projet du maire sortant est "une zone d'activité économique pour créer de l'emploi. L'activité pourrait être liée aux drones, mais aussi à la recherche." Confiant, Philippe Guérin rappelle cependant que "rien n'est jamais gagné d'avance". En plus de ces trois concurrents, il devra en effet compter sur une liste Lutte ouvrière, menée par Anne-Marie Laflorentie, qui n'a pas souhaité répondre à notre demande d'interview.

Paul Périé
© photo DR et Rémi Benoit

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