Lors de son meeting à Toulouse, Jean-Luc Mélenchon plaide pour "une nouvelle Europe plus humaniste"

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jean-Luc Mélenchon à Toulouse
jean-Luc Mélenchon à Toulouse
Devant plus de 1 000 personnes, Jean-Luc Mélenchon, candidat Front de Gauche pour la circonscription Sud-Ouest, a appelé hier soir 20 mai "à voter vraiment à gauche" lors des élections européennes. Il plaide pour une refonte de l'Europe et fustige les dirigeants actuels. Le président du Parti communiste Pierre Laurent a ouvert la soirée.

Le chant des Partisans interprété par Zebda, l'Internationale, des drapeaux rouges... Tout était réuni hier soir salle Jean Mermoz pour le grand show Mélenchon. L'arrivée du président du Front de gauche a débuté par une ovation et une accolade chaleureuse avec Pierre Laurent, qui l'avait précédé sur scène. Le président du Parti communiste a exhorté les Français à aller voter, affirmant que "l'abstention n'est pas seulement pronostiquée. Elle est organisée, voulue, souhaitée par ceux qui dirigent le système."

Devant la menace d'une montée des extrêmes, Pierre Laurent a souligné avec virulence que "le FN n'est en aucun cas une alternative, c'est un danger. Ils appliqueront les mêmes recettes, en pire. La seule voie de sortie de crise pour l'Europe, c'est celle du progrès, incarnée par la gauche européenne que nous représentons." Souhaitant la fin de l'austérité et à la relance de la politique industrielle en Europe, il a réagi aux propos de Tom Enders. Le président d'Airbus Group, qui a appelé ses salariés à voter, a pris la réussite de l'avionneur européen comme exemple concret de l'intégration européenne. "C'est faux, a protesté Pierre Laurent. Cela a été créé par la coopération européenne. Si des pays essayaient aujourd'hui de faire Airbus, ils seraient confrontés à l'interdiction de créer une situation de monopole."

Le show Mélenchon
Prenant le relais de Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon s'est lancé dans un discours aux accents lyriques. Citant Gabriel Garcia Marquez, évoquant Giordano Bruno et Marie Durand, il a harangué ses troupes. "Je vous demande solennellement de vous unir, car nous allons changer le monde", a-t-il lancé. "On nous dit que, pour la première fois, les électeurs vont voter pour le président de la Commission. C'est faux. Un nom sera proposé et les députés ne pourront dire que oui ou non", s'est-il emporté.

Le député européen, candidat à sa réélection dans la circonscription du Sud-Ouest, a longuement évoqué la candidature de l'Allemand Martin Schulz à la présidence de la Commission. "On le présente comme le candidat de la gauche, mais il fait partie de la coalition qui gouverne avec Angela Merkel. Il n'y aucune différence avec le président de la Commission actuel. 'Je ne vois pas ce qui nous distingue', a-t-il d'ailleurs déclaré. Jean-Claude Juncker a lui indiqué 'nous sommes les deux faces d'une même médaille' ", s'est amusé Jean-Luc Mélenchon.

"Nous voulons une refonte de l'Europe, a-t-il poursuivi. Une Europe où l'harmonisation sociale serait le point de départ de toute politique, une Europe plus humaniste. Il faut tourner la page de cette civilisation productiviste." Enfin, le président du Front de gauche n'a pas manqué de critiquer la politique du gouvernement, "qui approuve la politique européenne". "Ne permettez pas qu'on croit qu'il n'y a que deux oppositions possibles : celle de droite et celle d'extrême droite. Si vous voulez une politique de gauche, votez vraiment à gauche" a-t-il exhorté les très nombreux militants et sympathisants présents.

Paul Périé
© photo Rémi Benoit

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