Les élus toulousains d'opposition réagissent à la fin du PLB

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Les négociations entre le Sicoval et Toulouse Métropole concernant le prolongement de la ligne B sont au point mort depuis hier et l'annonce par la communauté d'agglomération du sud-est toulousain de l'abandon du projet. Depuis les réactions se succèdent dans l'opposition métropolitaine pour dénoncer notamment une "erreur politique".

Après le hashtag #mercijeanluc lancé mardi soir par le Sicoval, dénonçant la fin des négociations engagées à la mi-décembre avec Toulouse Métropole au sujet de la desserte en métro du sud-est de l'agglomération, les réactions se multiplient. Le premier à réagir a été Georges Méric, président du Conseil départemental, qui s'était engagé à financer le prolongement de la ligne B du métro (PLB) à hauteur de 80 millions d'euros. Dans un message publié hier sur son compte Facebook, il appelle à "la sagesse et à la concertation dans ce dossier".

"Si l'abandon du prolongement de la ligne B de métro jusqu'à Labège est confirmé, je déplore cette décision. Je regrette que les négociations entre le Sicoval et Toulouse Métropole n'aient pas permis d'aboutir à un accord. Ce serait une lourde erreur politique. Le projet de PLB est financé, prêt à être lancé et répond à l'urgence de désenclaver le Sud-Est toulousain."

"Une erreur historique"

Sur son blog, Romain Cujives, conseiller municipal PS de Toulouse et conseiller communautaire de Toulouse Métropole, est plus virulent envers Jean-Luc Moudenc :

Une erreur historique vient d'être commise par le Maire de Toulouse et son équipe. Après bientôt deux ans de duplicité et de faux-semblants, entre fausses promesses d'études et tentatives de manipulation de l'opinion, la majorité municipale dévoile enfin ses véritables intentions pour notre aire urbaine en annonçant sa décision d'enterrer définitivement le prolongement de la ligne B du métro.

Selon lui, ce genre de décision porte atteinte "de façon durable et irrévocable à la qualité de vie des habitants ainsi qu'au développement économique et à l'équilibre des territoires." Romain Cujives rappelle par ailleurs que ce projet était financé et devait permettre de désengorger le secteur "d'ici 5 années seulement".

La solution d'une 3e ligne de métro évoquée par Jean-Luc Moudenc ne le convainc pas. "Brandir à l'exclusion de toute autre alternative une solution qui n'offre de perspectives qu'à si long terme, c'est nier l'urgence de la situation, c'est mépriser les difficultés que rencontrent aujourd'hui les habitants de l'agglomération tout en aggravant celles de demain", écrit-il.

"Jean-Luc Moudenc isole Toulouse"

"De quoi le refus du PLB est-il le nom ?", s'interroge pour sa part Joël Carreiras, l'ancien adjoint aux finances, selon lequel la décision de Jean-Luc Moundenc "confirme le mirage du caractère consensuel de la politique du Président de la Métropole de Toulouse".

"Le Maire de Toulouse se revendique tellement un homme du centre... qu'il en méprise la périphérie, écrit le socialiste. Jean-Luc Moudenc isole Toulouse. À l'échelle métropolitaine, il entend faire peser sur la desserte des communes la priorité d'une nouvelle ligne de métro très toulousaine. Il fait voter une augmentation d'impôts en cachant aux maires la réalité des produits fiscaux engrangés qui ne la rendait pas nécessaire."

Sur Twitter, Régis Godec, conseiller municipal EELV de Toulouse et élu commnautaire, évoque lui "un champ de ruines".

Même constat du côté de François Briançon (PS). L'ancien adjoint au maire de Toulouse dénonce sur son blog "l'intransigeance" du maire LR de Toulouse et met en avant l'impact économique qu'aurait le chantier pour les entreprises locales.

"Il renvoie tout simplement des dizaines de milliers de toulousains et de métropolitains dans les bouchons, sans perspective réelle d'amélioration pendant de longues années. Alors qu'il est indispensable de l'étendre, l'offre de transports en commun se voit entravée d'une extension attendue et nécessaire. Par ailleurs, cette situation prive également les entreprises d'un marché conséquent au moment où la situation économique et l'emploi restent très préoccupants."

Il appelle Jean-Luc Moudenc à "faire preuve de responsabilité et [à] reprendre au plus vite la concertation avec la volonté d'aboutir et d'engager au plus vite les travaux de réalisation".

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