Université Toulouse III : le mouvement de grève du personnel perdure

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L'agenda social tant redouté par le personnel sera voté lors du CA du 6 mai prochain.
L'agenda social tant redouté par le personnel sera voté lors du CA du 6 mai prochain. (Crédits : Université Paul Sabatier)
Depuis quelques semaines, le personnel BIATSS (Bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniciens de service et santé) de l'université Toulouse III Paul Sabatier est en grève. La cause ? L' agenda social prévu par le président de l'université, Jean-Pierre Vinel, qui devrait modifier le temps de travail des 2 000 BIATSS de l'établissement.

C'est la troisième fois qu'ils choisissent de mener ce type d'action pour se faire entendre. Jeudi 11 avril, une vingtaine de membres du personnel BIATSS (Bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniciens de service et santé) de l'université Paul Sabatier a occupé le bâtiment administratif du campus afin de protester contre l'agenda social, rédigé par Jean-Pierre Vinel. Celui-ci sera voté lors du conseil d'administration du 6 mai pour application définitive à partir du 1er septembre 2019.

"L'agenda prévoit d'augmenter le temps de travail quotidien de 40 minutes par jour afin d'atteindre un volume horaire de 1 607 heures par an tout cela, sans payer ces heures supplémentaires", explique un membre du Snptes (Syndicat national du personnel technique de l'enseignement supérieur), le syndicat majoritaire au sein de l'établissement.

De son côté, le président des lieux entend suivre les recommandations de la Cour des comptes qui avait épinglé l'université pour sa situation financière "très dégradée" dans un rapport publié en 2018. Aujourd'hui à l'équilibre, l'UPS souhaite assurer sa stabilité.

"Nous souhaitons revenir au plus près de la réglementation pour sortir l'université de la situation financière dans laquelle elle se trouve. La loi d'août 2000 stipule que les fonctionnaires doivent travailler 1 607 heures par an. Or, ici à l'UPS un accord a été passé en 2002 avec l'ancien président et le personnel pour 1 370 heures par an. Il y a un engagement de l'État de nous accompagner vers l'amélioration des conditions de vie du personnel sous réserve qu'on soit conforme avec la réglementation. La Cour des comptes a pointé ce problème, j'ai été convoqué devant la troisième chambre de la Cour des comptes qui m'a rappelé qu'une de mes missions était de faire appliquer la loi. Qu'est ce que je peux répondre à cela ? Je ne vois pas au nom de quoi, alors que nous dépendons de l'argent public, on pourrait s'exonérer des charges qui sont communes aux fonctionnaires et inscrites dans la loi", explique le président de l'établissement depuis janvier 2016.

Lire aussi : La Cour des comptes épingle l'université Paul-Sabatier

Des primes pas assez élevées

Autre élément qui fâche, les primes. Dès septembre prochain, l'agenda social du président prévoit d'accorder 42 euros de prime en plus par mois aux BIATSS de catégorie C en priorité. Tous les autres membres du personnel auront une augmentation de prime au moins égale à celle-là, avec entre 50 et 63 euros pour les catégories B et entre 53 et 81 euros pour les catégories A. Des sommes qui ne satisfont pas le Snptes ainsi qu'une partie du personnel administratif.

"Nous sommes les plus mal lotis. Les primes du personnel de l'université Paul Sabatier sont les plus basses sur la place universitaire toulousaine. Par rapport aux métropoles de Bordeaux, Montpellier, Aix, elles sont également très plus basses", assure une source syndicale

Jean-Pierre Vinel a tenu à rappeler qu'une enveloppe de 3 millions d'euros entièrement destinées aux primes des fonctionnaires BIATSS "a été accordée pour l'année dernière, cette année et l'année prochaine".

"Maintenant que nous sommes à l'équilibre, la première mesure que l'on prend est au bénéfice du personnel. On ne peut pas donner plus sans mettre en danger l'équilibre financier de l'établissement. Et ça, je ne le permettrai pas. C'est une politique de primes qui n'a jamais été réalisée dans l'établissement auparavant", justifie-t-il.

Des congés augmentés

Jeudi 11 avril après un séance de travail et de négociations, le Snptes et Jean-Pierre Vinel ont conclu un premier un premier accord concernant les jours de congés. En plus des 11 semaines habituelles, certains membres du personnel administratif pourraient voir leurs vacances allongées de six jours.

"Si la quantité de travail quotidien est suffisamment importante, il sera possible, sous certaines réserves, d'augmenter le nombre de jours de congés. J'y suis très favorable, j'ai envoyé ces propositions au ministère de façon à ce qu'il nous donne son arbitrage. Je veux bien négocier avec des personnes qui veulent discuter et participer au groupe de travail, ce que certains syndicats ont refusé à plusieurs reprises", précise M. Vinel.

N'ayant pas obtenu gain de cause sur les points majeurs que sont le temps de travail et les primes, les syndicats et personnels devraient se réunir prochainement afin de décider de la suite du mouvement.

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