Nouvelle levée de fonds pour Cerenis Therapeutics. Interview du président Jean-Louis Dasseux

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Jean-Louis Dasseux, président de Cerenis Therapeutics
Jean-Louis Dasseux, président de Cerenis Therapeutics
L'entreprise de biotechnologies Cerenis Therapeutics a obtenu deux désignations de médicaments orphelins par l'Agence européenne des médicaments. Cette reconnaissance valide la valeur thérapeutique du traitement sur lequel la société toulousaine travaille depuis plusieurs années. Cerenis, qui compte 9 salariés, prépare une nouvelle levée de fonds afin de développer ce médicament. Interview du président Jean-Louis Dasseux.

Quels sont les enjeux du produit CER-001 sur lequel Cerenis travaille depuis plusieurs années?
Notre produit CER-001 imite une protéine naturelle (HDL, autrement appelée "bon cholestérol") qui est le principal promoteur du transport inverse du cholestérol, voie par laquelle l'excès de cholestérol est retiré des artères puis transporté vers le foie pour son élimination. À cause de défauts génétiques rares, certains patients n'ont pas du tout ce bon cholestérol ou ils en ont très peu. Il existe encore d'autres patients affectés par l'hypercholestérolémie familiale, cela veut dire qu'ils produisent trop de cholestérol. Grâce à une étude que nous avons terminée avant l'été, nous avons démontré que, quelle que soit la raison de la maladie, notre produit réactive le processus naturel du corps humain qui permet d'évacuer le mauvais cholestérol, activant ainsi une régression des plaques d'athérosclérose, principales responsables des maladies cardiovasculaires.

Cerenis vient d'avoir deux désignations de médicaments orphelins de l'Agence européenne des médicaments (EMA) pour le produit CER-001. Que représentent-elles pour votre entreprise ?
L'agence européenne a validé notre produit comme étant un traitement des maladies génétiques. C'est donc une attestation qui confirme que notre produit est un bon concept et qu'il a le potentiel pour traiter les patients affectés par l'athérosclérose. Cette désignation signifie également que l'EMA va travailler avec nous pour nous aider à définir les étapes de tests cliniques et les phases de mise sur le marché.

Quelles sont les prochaines étapes pour le développent de ce médicament?
Nous allons travailler en accord avec les autorités afin de définir un calendrier de travail et mettre en place l'étude clinique qui va permettre d'obtenir l'autorisation de mise sur le marché. Il faut d'abord définir combien de patients seront concernés par les tests cliniques et pendant combien de temps. À mon avis, l'étude se déroulera pendant un an et demi. Ensuite il faut espérer que les résultats soient bons.

Avez-vous prévu une date de lancement sur le marché ?
Pour l'instant, il est difficile de donner une date. Nous devons d'abord faire une levée de fonds, indispensable au lancement d'une étude clinique. Sachant que l'étude prendra au moins un an, je ne vois pas un lancement sur le marché avant fin 2017 ou début 2018. Il faut savoir que ces maladies sont rares et, pour une étude clinique, il faut trouver des patients, ce qui prendra du temps. Cependant, une fois cette étape clinique franchie, le médicament pourra être mis sur le marché rapidement.

Quand la nouvelle levée de fonds aura-t-elle lieu ? Quel montant visez-vous ?
Au plus tard, nous allons lancer la levée de fonds début 2015. Il nous faut au moins 30 à 35 M€, mais nous n'avons pas encore le chiffre exact.

Quel est le marché potentiel de ce médicament ?
50 patients identifiés sur toute l'Europe, mais je suis persuadé qu'il y a beaucoup de patients qui n'ont pas été identifiés. Toutefois, il est important de souligner qu'un médicament est défini orphelin si le nombre de patients concernés est inférieur à 200.000 personnes, ce qui est le cas pour les produits sur lesquels nous travaillons. Il est donc très difficile d'évaluer le marché, qui sera en tous cas inférieurs à 200.000 personnes dans toute l'Europe.

Quel chiffre d'affaire attendez-vous de ce marché ?
Je ne suis pas en mesure de chiffrer le marché parce que nous n'avons pas fixé le prix du médicament. Cela est en discussion avec les autorités mais, pour l'instant, l'important est de savoir que le produit fonctionne et que nous serons en mesure d'aider des patients qui n'ont pas de traitement.

Que représentent ces résultats pour vous en tant qu'entrepreneur et en tant que chercheur ?
Les travaux de recherche que nous avons poursuivis en valaient la peine. C'est une chose très importante pour moi, et pour toute l'équipe. Nous avons démontré que notre produit est actif et que les patients pourront en bénéficier. Or, ceci est un accomplissement scientifique. Il est évident que pour une entreprise, il faut également un accomplissement d'investissement et c'est sur celui sur lequel nous travaillons en ce moment.

Comment préparez-vous Cerenis à ce nouveau défi ?
D'abord, nous allons nous tourner vers les investisseurs qui nous soutiennent depuis le début, et ensuite nous allons partir à la rencontre de nouveaux pour les convaincre de l'importance du médicament. C'est un parcours du combattant, les choses ne sont pas simples et la crise financière a été très dure, mais nous sommes confiants.

Propos recueillis par Simona Pizzuti
© photo Rémi Benoit

En savoir plus :
Depuis sa création en 2005, Cerenis Therapeutics a levé 117 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 06/05/2018 à 6:20 :
Je vous souhaite du succès en Europe et dans le reste du monde.
Cordialement,
Jean-Philippe Vergnes

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