AZF : Christophe Lèguevaques « très fier » de représenter la Ville de Toulouse lors du procès

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Toulouse s'est portée partie civile dans le procès AZF, qui débute lundi 23 février, pour « connaître la vérité ». A l'issue d'un appel d'offres, Me Christophe Lèguevaques a été choisi par la mairie. L'avocat toulousain était présent cet après-midi aux côtés de Pierre Cohen lors d'une conférence de presse. Il a affirmé qu'il mettrait « beaucoup d'ardeur à défendre la Ville. »Quelques jours avant le Département et la Région, la Ville de Toulouse s'est constituée partie civile lors du prochain procès.

Toulouse s'est portée partie civile dans le procès AZF, qui débute lundi 23 février, pour « connaître la vérité ». A l'issue d'un appel d'offres, Me Christophe Lèguevaques a été choisi par la mairie. L'avocat toulousain était présent cet après-midi aux côtés de Pierre Cohen lors d'une conférence de presse. Il a affirmé qu'il mettrait « beaucoup d'ardeur à défendre la Ville. »

Quelques jours avant le Département et la Région, la Ville de Toulouse s'est constituée partie civile lors du prochain procès. Pas pour y gagner de l'argent mais pour découvrir la vérité, précise Pierre Cohen depuis plusieurs jours. Cet après-midi il a réaffirmé sa position. « La Ville a eu une négociation avec la société Grande Paroisse, indique le maire. Et a reçu 87 millions d'euros. Ce qui nous amène à ne pas demander d'indemnisation. »

Dans ce cas, qu'attend la collectivité ? Des réponses. « C'est un moment très dur qui est resté dans l'histoire de la ville, poursuit Pierre Cohen. Cette plateforme chimique était un objet de débats et d'inquiétudes depuis longtemps. Il y a une vraie déchirure entre, d'un côté certains des salariés, et de l'autre les sinistrés. Il est important que ce procès apporte la vérité et qu'il permette une cicatrisation des blessures, qui sont encore largement ouvertes sept ans après la catastrophe. »

« Dès que la Ville s'est constituée partie civile, nous avons lancé un appel d'offres », reprend Pierre Cohen. « Huit avocats nous ont répondu, celui qui a été choisi est Christophe Lèguevaques. C'est celui qui avait une connaissance du dossier, une connaissance de la ville et aussi une adéquation entre le coût et la prestation souhaitée. » L'avocat a assuré de sa « présence quotidienne et permanente afin d'appuyer le Ministère public » lors du procès. Il touchera 75.000 euros pour minimum de 500 heures de présence et son travail annexe. Pierre Cohen le connaît bien puisqu'il était l'un de ses concurrents lors de l'investiture PS pour les dernières municipales. Christophe Lèguevaques, avocat au Barreau de Paris, avait alors recueilli 3,9% des suffrages.

Me Lèguevaques s'est dit « très fier » de représenter la Ville : « C'est un enfant d'Empalot qui portera la parole de Toulouse. Je mettrais beaucoup d'ardeur à la défendre. » Le Toulousain connaît bien le dossier AZF : il représentait les 52 victimes ayant cité à comparaître Total SA et son PDG de l'époque, Thierry Desmarest.

Serge Biechlin, le directeur de l'usine, et la société Grande Paroisse, exploitant le site, seront sur le banc des prévenus. Mais une partie des sinistrés a souhaité que Total, dont Grande Paroisse est une filiale, comparaisse lors du procès, estimant que l'usine n'a fait qu'appliquer les consignes du siège. Le Tribunal de grande instance devrait se prononcer sur le sujet le 25 février.

Christophe Lèguevaques milite donc pour la présence de Total lors du procès. Cette prise de position a-t-elle pesé dans la balance au moment de le désigner ? « Non, assure Pierre Cohen. « On ne pouvait pas être spectateur et observateur, note Pierre Cohen. Mais on n'a pas non plus à juger où est la vérité. » La Ville n'attaque donc pas Total. « Nous sommes auprès du procureur de la République pour que le procès aille jusqu'au bout et qu'il détermine les responsabilités. Nous n'avons pas à jouer le rôle d'agitateur. » Christophe Lèguevaques s'est retiré de la procédure des sinistrés et représentera uniquement la Ville. « Pour plus de clarté », il a transmis le dossier à « deux avocats toulousains, Me Magali Pascual et Me Jean-François Abadie, ainsi que peut-être un ténor du Barreau parisien ». L'avocat ne renie pour autant pas ses idées. Il s'est fendu d'une charge musclée contre Total : « La SNPE s'était portée partie civile depuis le début. Mais elle a accepté de se retirer en contrepartie d'un chèque de 150 millions d'euros de Total. C'est très déstabilisant car son expert avait suivi le dossier depuis le début et ne pourra pas affronter celui de Total. »

Sur son blog, www.montoulouse.fr, Christophe Lèguevaques se définit comme un « avocat qui tente de mettre le droit au service de la justice ». Né le 2 décembre 1968, il a pour lui une expérience professionnelle auprès d'Hubert Védrine et de Jean-Pierre Jouyet dans un grand cabinet d'avocats parisiens ; il a créé en 1999 le cabinet « CLE avocats associés » avec deux associés. Basé à Paris, il dispose d'une antenne à Toulouse. Le Toulousain défend notamment l'association SOS irradiés 31, qui regroupe les patients fortement surdosés par des rayons X entre avril 2006 et avril 2007 à l'hôpital de Rangueil.

En savoir plus :

- Parmi les 87 millions d'euros reçus par la Ville, 68 ont servi à la rénovation et la reconstruction des bâtiments, 9 pour le Zénith et d'autres équipements ; 8,8 pour divers préjudices matériels (routes, éclairage, etc.) ; 1,5 pour les accidents du travail des employés municipaux. Par ailleurs, Toulouse avait bénéficié de 8,5 millions de dons. 4,5 ont été dépensés, l'autre partie a été reversée à la Fondation de France.

- La Cour de cassation a rejeté le 17 février le pourvoi de Total : le procès sera filmé. Une décision exceptionnelle. Jusqu'à présent, seuls les procès historiques de Klaus Barbie, de Paul Touvier et de Maurice Papon avaient été enregistrés.

- Le procès débutera lundi 23 février à 14 heures à la salle Jean Mermoz, prêtée par la mairie pour l'occasion.

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