Prison Saint-Michel : Jean-Luc Moudenc met la pression sur Pierre Cohen

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Le président du groupe d'opposition municipale « Toulouse pour tous » dénonce les « atermoiements » de la municipalité actuelle sur l'avenir de la prison Saint-Michel. Considérant qu'elle ne souhaite pas acquérir le bâtiment, il vient d'écrire une lettre aux ministres de la Justice, de la Culture et au Secrétaire d'État aux Anciens Combattants pour empêcher sa démolition et sa revente au secteur privé. Pierre Cohen, maire de Toulouse, a réaffirmé son intention d'acheter le bâtiment.

C'est entouré de Marie Déqué, conseillère régionale et municipale et ancienne adjointe à la culture de 2001 à 2008, et Jean Maubec, maire adjoint honoraire de la ville de Toulouse et premier vice-président du conseil départemental de l'Ordre national des anciens combattants des victimes de guerre, que Jean-Luc Moudenc a reçu la presse le 15 septembre pour une conférence en forme de mise au point.

Offensif, l'ancien premier édile de la ville s'en est pris à son successeur, coupable à ses yeux de mener un double jeu : « Je me demande comment on a pu en arriver là alors que l'État s'était engagé, par écrit, à vendre le bâtiment de la prison Saint-Michel pour que cela devienne un équipement public culturel, a-t-il déclaré. Le calcul de Pierre Cohen que je suppose est le suivant : si la prison est vendue (à un promoteur par exemple, ndlr), il pourra faire un procès politique à l'État et n'aura pas de projet à financer. »

De son côté, Pierre Cohen a pourtant réaffirmer son intention d'acquérir la Maison d'arrêt en rappelant les raisons de la lenteur du projet : « J'ai, dès septembre 2008, interrogé la Garde des Sceaux pour connaître la date à laquelle serait envisagée la vente de la prison. Dans sa réponse du 5 mars 2009, elle indiquait qu'elle serait disponible en janvier 2010. Elle précisait qu'un programme de valorisation du patrimoine immobilier de la Justice étant en cours, elle communiquerait le montant estimé de la maison d'arrêt lorsqu'elle en aurait connaissance. »

Une évaluation toujours en cours qui cristallise les divergences entre les deux bords. Car entre-temps, l'administration centrale a quelque peu révisé sa position en envisageant désormais de vendre l'établissement pénitencier au secteur privé pour y faire une opération immobilière. Une volte-face logique selon Jean-Luc Moudenc, qui dénonce l'absence de projet de Pierre Cohen pour ce site : « Il faut d'abord rappeler qu'il a rejeté notre projet "L'artiste et l'ingénieur" qui avait l'assentiment des habitants et commerçants du quartier et du monde artistique. C'est cruel mais c'est la règle du jeu en démocratie. Le problème vient du fait qu'il n'a pas enclenché l'écriture d'un nouveau projet, argumente-t-il. A partir du moment où l'actuelle majorité a été incapable en deux ans et demi de prendre une seule délibération ou orientation concrète pour qu'il y ait un autre projet, il n'est pas anormal que l'État s'interroge dans un temps où il a besoin d'argent. Cette situation est imputable au vide créé par l'absence de projet de l'équipe municipale. »

L'actuel hôte du Capitole fournit une autre version des faits : « A ce jour, la promesse (de communiquer le montant estimé par France Domaine) de la Garde des Sceaux d'alors, Rachida Dati, n'a pas eu de suite et l'État envisagerait maintenant de vendre la Maison d'arrêt en oubliant l'engagement pris et en faisant abstraction du caractère historique et architectural du site. La Ville confirme sa volonté d'acquérir ce site, au prix initialement fixé par le Service des Domaines (750.000 €), éventuellement actualisé. Cette décision fera l'objet d'une délibération lors du prochain conseil municipal. »

Le chef de l'opposition à la mairie a pris les devants en intervenant auprès des Ministres de la Justice et de la Culture et du Secrétaire d'État aux Anciens Combattants pour « préserver l'ex-prison Saint-Michel : « Le projet sur lequel nous avions travaillé était d'envergure internationale. Toulouse le mérite, ajoute Marie Déqué. On ne peut pas imaginer que cette prison disparaisse du quartier. »

Le groupe « Toulouse pour Tous » propose donc que la Ville de Toulouse finalise au plus vite la négociation avec le ministère de la Justice sur le prix de cession de la prison, se rende propriétaire du bâtiment avant la fin de l'année 2010 et lance sa réhabilitation et sa transformation en équipement culturel de dimension européenne.

Jean Couderc

En photo : Jean-Luc Moudenc, l'ancien maire de Toulouse, reproche à l'actuel édile Pierre Cohen de ne pas avoir de projet pour l'avenir de la prison Saint-Michel (© Rémi Benoit)

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