Philippe Martin, président du Conseil général du Gers : "Plus de transparence sur le dossier des OGM"

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Président PS du Conseil général du Gers, Philippe Martin va saisir la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour faire annuler la décision de la Commission européenne d'autoriser la commercialisation en Europe de six variétés de maïs OGM. Décryptage.Pourquoi avoir pris l'initiative de saisir la CJUE ?

Président PS du Conseil général du Gers, Philippe Martin va saisir la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour faire annuler la décision de la Commission européenne d'autoriser la commercialisation en Europe de six variétés de maïs OGM. Décryptage.

Pourquoi avoir pris l'initiative de saisir la CJUE ?
Je mène, dans le département du Gers, une bataille pour la transparence sur le dossier des organismes génétiquement modifiés (OGM). Je considère qu'une grande opacité entoure ce sujet et qu'il n'est pas normal que les citoyens ne soient pas associés aux décisions prises. Je milite donc pour plus de démocratie.

En quoi la décision de la Commission européenne vous paraît-elle mauvaise ?
Elle a décidé, au creux de l'été, qu'en l'absence de position commune entre les États sur le sujet, elle autoriserait l'importation et la mise sur le marché de 6 variétés de maïs OGM sur l'ensemble du territoire et ce pour dix ans. Cette décision va se traduire par l'arrivée de bateaux, containers et autres trains qui vont multiplier les risques de contamination involontaire.

Vous êtes donc opposé aux OGM ?
Il ne s'agit pas de cela. Je ne suis pas contre les OGM ni dans le camp des faucheurs. Je me place sur le plan du droit et de la démocratie. Mon but est d'empêcher que tout se passe dans un silence absolu. Ce qui me choque le plus dans cette histoire, c'est le recul démocratique de l'Union européenne. On a la démonstration que c'est l'État des experts qui l'emporte sur l'État de droit. Il ne faut pas être surpris si les électeurs se détournent de l'Europe.

Quel est l'objectif de ce recours ?
Je vais introduire un recours début septembre pour demander que cette décision soit purement et simplement annulée au motif de la violation du principe de précaution, étant donné que les mesures prises l'ont été sans l'accord des États.

Quels peuvent-être vos chances de succès ?
Je sais que c'est un peu le village gaulois qui se bat contre l'envahisseur. Reste que nous avons déjà remporté une victoire en France avec la délibération favorable du Conseil d'État en décembre dernier qui reconnaissait que le Conseil général du Gers avait délibéré à bon droit sur la question des OGM compte-tenu du caractère significatif de l'agriculture dans notre département et de la présence significative de cultures bio.

Vous sentez-vous soutenu dans votre démarche ?
Oui, j'en juge par les réactions lors de l'Université d'été du PS le week-end dernier à La Rochelle tant des socialistes que des Verts. De très nombreuses collectivités locales envisagent d'ailleurs de déposer, à leur tour, un recours. De plus en plus, les régions ou départements vont être amenées à intervenir dans ces décisions. Quant à nos chances d'obtenir gain de cause, je ferai mienne la maxime chère à Jacques Fouroux, un Gascon célèbre : "Il n'y a pas de citadelle imprenable mais que des citadelles mal attaquées".

Propos recueillis par Jean Couderc

En photo : Philippe Martin, président PS du Conseil général du Gers (© DR)

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