Manifestation : très forte mobilisation avec 90.000 personnes dans les rues de Toulouse

La sirène des pompiers vient de retentir, le cortège quitte Compans-Caffarelli, Didier Jean Dit Cadet est « impressionné par la mobilisation », selon le secrétaire général FO des Sapeurs-Pompiers de la Haute-Garonne, « cette manifestation illustre l'inquiétude des salariés du public ou du privé ». Pour ce fonctionnaire, « le chef de l'état doit tenir compte de la colère de la rue ».

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Parmi les nombreux slogans, celui du service public de santé et de l'action sociale : « il est urgent d'agir ».

Les salariés du public représentent le gros des troupes rassemblées cet après-midi entre Compans et Jeanne D'arc. On peut y voir des salariés de la direction départementale du travail et de l'emploi, des employés de l'équipement, du CHU, sans oublier des universitaires de Paul Sabatier, des salariés de Météo France ou des fonctionnaires de police. « Il faut que cela cesse ! » scandent-ils. Plus loin, des journalistes et techniciens de France 3 sud dénoncent « une info locale au rabais », certains détaillent : «la direction veut toujours plus, avec toujours moins ». Plus loin, les chenimots font bloc derrière des banderoles et des slogans.

Dans le cortège, il y avait de très nombreux manifestants du privé : de Molex (en tête du cortège) à EADS Astruim en passant par Thales Services ou Continental. Ce matin, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO avait mis l'accent sur ses « espoirs de mobilisation du secteur privé, citant « le cas de l'aéronautique, avec ses amis d'Airbus dans les rues de Toulouse ». Des centaines et des centaines de salariés de l'avionneur étaient dans les rues de Toulouse à l'appel de l'ensemble des syndicats. Jean-Luc, cadre à Toulouse, voulait exprimer sa colère : « chez Airbus, on nous fait croire que l'entreprise doit se serrer la ceinture pour ne pas nous faire profiter des fruits de la croissance : participation et intéressement ».

Des débrayages ont également eu lieu dans de nombreuses entreprises. Des salariés de l'entité Outsourcing de l'agence HP Labège ont cessé le travail ce matin. Ils refusent d'être cédés à EDS France. Il ne comprennent pas pourquoi après le rachat d'EDS par HP au niveau mondial ils doivent être vendus à EDS France au niveau national.

Les retraités étaient eux aussi au rendez-vous du 29 janvier. Sylvette, 64 ans, qui a travaillé durant 22 ans dans une clinique privée toulousaine : « lorsque vous êtes mal payé, vous êtes dans la rue 10 ans plus tard. Ma retraite, c'est une misère. Comment faites-vous pour vivre avec quelques centaines d'euros ? ». Autour d'elle, d'autres groupes complètent le cortège. Des employés de Sanofi Aventis font part de leur inquiétude avec des craintes de cession de leur usine de Colomiers. Quant aux salariés de Molex, ils sont « fidèles au poste » dit Raymond, « notre conflit est symbolique. Ce qui se passe chez nous, c'est ce qui se passe partout ailleurs dans le monde. Il s'agit de délocaliser pour produire moins cher ». Lors de la présentation de son plan mondial de restructuration, La direction a confirmé que le CA de Molex avait baissé de 20% en 2008 (perte de 87,2 de dollars). Pour la division « Transportation », outre le projet de fermeture du site de Villemur-Sur-Tarn (31), le groupe annonce la fermeture du site de Kosice en Slovaquie.

En savoir plus :

En France, 1 million de personnes ont manifesté aujourd'hui dans les rues des grandes villes (Paris, Marseille, Lyon ou Bordeaux)
A Toulouse, selon la police, la manifestation a réuni 56.000 salariés du public et du privé

En photo : l'un des slogans cet après-midi dans le cortège toulousain (photo Rémi Benoit)

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