Après 30 ans de médecine spatiale à Toulouse, qu'a-t-on appris ?

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La clinique spatiale de Toulouse simule la microgravité.
La clinique spatiale de Toulouse simule la microgravité. (Crédits : Cnes)
L'Institut de médecine et de physiologie spatiales de Toulouse (Medes - IMPS) fête ses 30 ans en 2019. Ses expériences en microgravité ont permis d'améliorer la prise en charge de certaines maladies comme l'ostéoporose ou le diabète.

"Un astronaute dans l'espace est totalement isolé, comme s'il était dans un désert médical. Il subit aussi un vieillissement accéléré. Le soumettre à des expériences pendant son séjour dans l'espace permet d'améliorer l'usage de la télémédecine sur Terre et de comprendre les effets du vieillissement chez les personnes âgées", avance Philippe Hazane, directeur exécutif du Medes.

Fondé en 1989 sous l'impulsion du Cnes et du CHU de Toulouse, l'Institut de médecine et de physiologie spatiales mobilise aujourd'hui une trentaine d'équivalents temps plein et réalise un chiffre d'affaires annuel de trois à quatre millions d'euros.

"Nous participons à la sélection, la préparation, le suivi en vol et la réhabilitation des astronautes de l'agence spatiale européenne. Depuis 1996, une clinique de 1600 m2 a été construite (au coeur du CHU de Rangueil, ndlr). Elle est équipée de deux modules de simulation de la microgravité que l'on peut trouver dans l'espace.

Le premier permet de tester les effets d'un alitement par une inclinaison du - 6°. Dans le second module, les volontaires sont immergés dans l'eau mais ne sont pas en contact direct avec elle car une bâche les sépare. C'est ce qu'on appelle une immersion sèche. Enfin, la troisième mission du Medes est d'accélérer l'innovation en santé grâce aux outils spatiaux", détaille Philippe Hazane.

medes medecine spatiale

Un module d'immersion sèche permet de simuler la microgravité. (Crédits : Medes)

De nouveaux appareils pour détecter l'ostéoporose

30 ans après sa création, le Medes a permis des avancées importantes dans la prise en charge de certaines maladies. Initié en 1997, le projet de recherche Eristo a ainsi permis d'améliorer le suivi de l'ostéoporose, cette pathologie qui entraîne de la perte osseuse chez les femmes ménopausées.

"Nous avons testé un appareil qui permet de mesurer l'architecture osseuse, de connaître la qualité de l'os, s'il est plus ou moins poreux, avec une résolution de 100 microns", explique Marie-Pierre Bareille, responsable des études cliniques.

Ces travaux ont donné lieu à 60 publications et à la commercialisation de l'appareil vendu par la société suisse Scanco sous le nom de XtremeCT.

Le diabète suivi par télémédecine

Autre illustration des applications des recherches du Medes, l'utilisation de la télémédecine pour le suivi du diabète.

"Nous avons été précurseur en matière de télémédecine, puisque dès 2009 des unités médicales mobiles ont été déployées dans le cadre du projet Diabsat. Cela permet aux personnes habitant en zone rurale de ne pas se déplacer tous les jours chez le médecin", décrit Audrey Berthier, directrice des opérations.

Le véhicule est équipé de plusieurs appareils médicaux et d'une station d'émission-réception satellitaire et d'une antenne. Les informations du patient sont ensuite transférées à ses médecins au CHU de Toulouse. "D'autres territoires français sont intéressés pour déployer ce système comme La Réunion", ajoute-t-elle.

Par ailleurs, dès 2009, les équipes du Medes sont parvenues à obtenir des échographies réalisées à distance par un robot. L'astronaute Thomas Pesquet a lui-même pu expérimenter cette technologie à bord de la Station spatiale internationale (ISS). L'engin est commercialisé depuis 2016 par la PME AdEchoTech à destination de distributeurs de matériel médical dans une trentaine de pays, dont la Chine, la Colombie et l'Arabie saoudite.

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Commentaires
a écrit le 04/10/2019 à 20:20 :
Seule la medecine réalisée dans l'espace peut etre de la medecine spaciale

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