Des Toulousains vont observer des poussières de l'espace

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Une partie de l’équipe de Pilot devant la nacelle qui contient l’instrument de la mission
Une partie de l’équipe de Pilot devant la nacelle qui contient l’instrument de la mission (Crédits : Cnes)
C'est une première mondiale. Entre le 10 et le 20 septembre, des chercheurs toulousains de l'Irap et du Cnes, réunis au sein de la mission Pilot, vont observer depuis le Canada les grains de poussière dans l'espace à l'aide d'un ballon stratosphérique. L'expérience doit permettre d'analyser les lignes de champs magnétiques présentes dans l'univers et mieux comprendre - in fine - le big bang.

Pas de télescopes ou de satellites en vue pour la mission Pilot qui doit démarrer ce jeudi 10 septembre. Installées au Canada au cours de la mission, les équipes toulousaines de l'Irap et du Cnes utiliseront cette fois un ballon stratosphérique pour observer les plus petits éléments présents dans l'espace : les grains de poussières interstellaires.

"Le ballon est plus facile à déployer et moins coûteux qu'une mission sur satellite. D'autre part, il est beaucoup plus performant qu'un télescope au sol puisque le ballon amène l'instrument en haut de l'atmosphère, en s'affranchissant de la pollution atmosphérique", explique Muriel Saccocio, chef du projet Pilot au Cnes, à Toulouse.

Le ballon prendra son envol depuis le Canada et se positionnera à 40 km au-dessus de la Terre.

Pendant une trentaine d'heures, il pourra établir une cartographie des poussières de l'espace visibles depuis l'hémisphère Nord de la Terre. Un second vol prévu au premier semestre 2017 s'élancera de l'Australie pour observer l'hémisphère Sud et compléter la cartographie.

Comment l'instrument va-t-il pouvoir observer ces poussières minuscules ?

"L'instrument pèse 500 kilos. Il est suspendu au ballon par une chaîne de vol haute comme la Tour Eiffel. L'instrument en lui-même est une imposante caméra équipée de capteurs, capable d'enregistrer des signaux dans l'infrarouge submillimétrique pour repérer les poussières de l'espace. L'outil sera placé dans une nacelle qui fournira l'électricité et permettra à l'instrument de recevoir les commandes et d'envoyer les données aux scientifiques pour leur permettre de suivre en temps réel la progression du ballon.

La nacelle est capable de s'orienter de manière horizontale et verticale dans l'univers et les scientifiques, à l'aide d'une sorte de joystick, vont pouvoir diriger l'appareil à distance", poursuit la chercheuse.

Mieux comprendre le big bang

Pilot est le premier instrument au monde dédié à l'observation des poussières interstellaires. La mission des chercheurs sera de faire le tri entre toutes ces poussières, entre celles qui remontent au big bang et les éléments beaucoup plus récents. Après avoir établi une carte précise de ces émissions parasites issues de notre galaxie, les scientifiques espèrent avoir une meilleure connaissance de la genèse de l'univers. L'autre intérêt de la mission est de comprendre le rôle des lignes de champ magnétiques présentes dans l'espace. Les poussières de l'espace sont en effet comme des aimants et leur orientation permettra à la mission de comprendre ce phénomène magnétique encore mystérieux pour les astrophysiciens.

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