Le campus de l'IOT Valley à Labège dans l'incertitude

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Jacques Oberti le président du Sicoval, Ludovic Le Moan, à la tête de Sigfox et de l'IOT Valley et Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région en charge notamment du développement économique et de l'innovation.
Jacques Oberti le président du Sicoval, Ludovic Le Moan, à la tête de Sigfox et de l'IOT Valley et Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région en charge notamment du développement économique et de l'innovation. (Crédits : Rémi Benoit)
La Silicon Valley de l'IOT sera-t-elle un jour une réalité à Labège ? À l'origine, le programme devait couvrir 8 hectares mais faute de financement, il a été ramené à 1 seul hectare. Le président de l'IOT Valley et CEO de Sigfox, Ludovic Le Moan, menace de quitter la région vue la tournure prise par le projet.

La tension était palpable jeudi 20 septembre entre le Sicoval et l'IOT Valley en évoquant le futur campus des objets connectés qui doit voir le jour à Labège. Depuis 2016, des négociations sont en cours entre l'écosystème de startups et de grands groupes et la communauté de communes du Sud-est toulousain afin de trouver les fonciers nécessaires pour créer une Silicon Valley de l'IoT à Labège.

Le financement du campus pas encore bouclé

À l'origine, le projet prévoyait de construire un immense campus sur les 8,5 hectares de l'ancien terrain de Sanofi, dont le Sicoval a fait l'acquisition. Mais la collectivité a depuis changé de braquet et le programme ne prévoit plus qu'un hectare de surface au sol. Pour le moment, un permis de construire a été déposé en février dernier pour un premier bâtiment de 20 000 m2 destiné à accueillir le nouveau siège social de Sigfox, des startups et des grands comptes partenaires. Un autre immeuble de 7200 m2 comprendra un parking de 310 places, un hôtel de 90 chambres et des commerces. Ces nouvelles constructions seraient livrées au plus tôt fin 2021. À terme, le programme occuperait 85 000 m2.

"Si on nous avait proposé un programme de 100 000 m2 de bureaux avec un financement bouclé, nous aurions accepté de faire un projet sur 8 hectares mais ce n'est pas le cas", justifie le président du Sicoval Jacques Oberti.

En effet, pour l'instant seule la Région Occitanie s'est engagée à investir pour la première tranche de 20 000 m2 (dont le budget total est estimé à 50 millions d'euros).

"Nous allons mettre 15 millions d'euros 'en cash' et 20 millions sous forme de portage immobilier", indique Nadia Pellefigue, vice-présidente en charge du développement économique et de l'innovation.

Reste donc encore à trouver une dizaine de millions d'euros. De même si Eiffage devrait devenir co-titulaire du bail pour le parking, les porteurs du projet sont toujours en quête de candidats pour l'hôtel et les commerces. "Nous recherchons un hôtel qui pratique des tarifs à la fois accessibles aux startups et aux grands groupes que nous allons accueillir", précise Nathalie Fabre, directrice du pôle immobilier de l'association l'IOT Valley.

Ludovic Le Moan (Sigfox) menace de quitter Labège

Ludovic Le Moan, président de l'IOT Valley et CEO de Sigfox n'a pas caché son agacement devant la tournure prise par le projet :

"Le programme prévoyait 8 hectares, si c'est pour faire 1 hectare, on partira ailleurs. L'IOT Valley est née dans 30 m2, aujourd'hui c'est 13 000 m2 et 700 collaborateurs (une centaine de recrutements supplémentaires sont prévus d'ici fin 2018, ndlr). Quand les travaux du nouveau bâtiment seront achevés, nous serons déjà à l'étroit.

Nous ne voulons pas d'un terrain mais créer une vallée des objets connectés, il faut voir grand si l'on veut atteindre un objectif. Nous sommes restés fidèles à ce territoire puisque c'est là que Sigfox est né. Cela ne peut tenir que jusqu'à un certain point. Je ne veux pas que mon énergie soit dissipée dans des problèmes politiques".

Sigfox est la tête de pont de l'IOT Valley depuis sa création mais comme le révélait La Tribune en février dernier, Ludovic Le Moan s'inquiète d'un éventuel rachat de l'entreprise. "Nous allons tout faire pour éviter le rachat même si les prédateurs existent", a indiqué l'entrepreneur.

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