La vente imaginaire de la startup Meet My Designer

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Boris Mounet, fondateur de Meet My Designer.
Boris Mounet, fondateur de Meet My Designer. (Crédits : Rémi Benoit)
La startup toulousaine Meet My Designer, fondée par Boris Mounet, n'a pas été achetée par la société anglaise Not Just A Label, contrairement à ce que nous avait annoncé son fondateur. Rectification et genèse d'une vente imaginaire.

Le 2 novembre dernier, nous annoncions que la startup toulousaine Meet My Designer avait été rachetée par la société anglaise Not Just A Label. Cette information s'est révélée fausse et nous a conduit à dépublier notre article. Face à cette situation exceptionnelle, nous présentons nos excuses à nos lecteurs. Voici le récit de cette vente imaginaire.

Genèse d'une fausse info

Évoquée la première fois en juin dernier lors d'une conversation avec Boris Mounet (le créateur de cette plateforme de vente de produits de mode), la vente de Meet My Designer nous avait été confirmée par ce dernier fin octobre. Une information qu'il aurait également confiée à différents acteurs de l'écosystème toulousain au cours du mois dernier.

Après l'échec de sa levée de fonds d'environ 2 millions d'euros, Boris Mounet affirmait en effet avoir vendu sa société à Not Just A Label (NJAL) pour un montant resté confidentiel.

Fondé à Londres en 2008, ce poids lourd anglais du secteur revendique en 2015 un catalogue de 24 000 designers dans le monde. Un chiffre sans commune mesure avec les 177 créateurs référencés sur le site du petit poucet toulousain. Boris Mounet certifiait cependant que sa place de marché était "rentable", avec un chiffre d'affaires - "en croissance" - de 300 000 euros. Des chiffres à manier avec prudence, au vu des éléments récents.

Contactés avant la publication de notre article, les dirigeants de NJAL n'avaient pas donné suite à nos demandes. Sans réponse, nous avons choisi de faire confiance à Boris Mounet qui nous avait précisé que NJAL ne souhaitaient pas s'exprimer sur le sujet avant décembre. À aucun moment, nous n'avons masqué à ce dernier notre intention de publier un article concernant cette vente. L'article a donc été mis en ligne le 2 novembre, avec le titre "La startup toulousaine Meet My Designer rachetée par des Anglais".

Coup de théâtre

La belle histoire du petit toulousain racheté par le grand anglais a pris du plomb dans l'aile mardi 8 novembre à 22h04. Dans un message adressé à notre rédaction, le directeur des opérations de Not Just A Label remet complètement en cause les affirmations du Toulousain.

"Not Just A Label n'a ni acquis Meet My Designer, ni été en contact avec Boris Mounet", affirme sans détour Robert Cavell-Clarke.

Dans un message (transmis à La Tribune Toulouse par Stefan Siegel, le fondateur de NJAL), Boris Mounet explique aux Anglais à 22h17 qu'il avait "essayé de dire (à La Tribune Toulouse, NDLR) qu'il aurait aimé être acheté par NJAL."

Mounet

Copie du message

Le matin suivant, Boris Mounet nous conte une autre version de l'histoire. "La vente était sur le point de se faire, veut-il encore faire croire. Il y avait un point de tension sur un élément du dossier. Le fait d'avoir communiqué a rompu les négociations. J'ai fait une erreur."

Joint au téléphone mercredi après-midi, Robert Cavell-Clarke, le directeur des opérations de NJAL, s'étonne sans nuance des propos du Toulousain : "S'il vous dit cela, c'est un menteur. Nous avons appris l'existence de Boris Mounet de Meet My Designer lors de la parution de l'article de La Tribune Toulouse".

Une réalité que Boris Mounet a reconnu ce jeudi midi dans un communiqué :

"Les équipes de Meet My Designer n'ont jamais été en contact avec NJAL. C'était une stratégie maladroite de notre part. Nous regrettons ce malentendu."

Quel avenir pour Meet My designer ?

Sans acheteur, que va donc devenir Meet My Designer ? D'après Jessica Franck, l'une des deux associées de Boris Mounet, seul ce dernier (aujourd'hui en charge du développement de Momentum) est encore actif dans cette startup. "Je me suis éloignée au moment où la levée de fonds a échoué. Je m'étonne que NJAL n'ait jamais eu connaissance de notre société, mais je ne m'occupais pas de ces négociations", rapporte-t-elle.

Sans collaborateur, ni activité apparente sur son site, Meet My Designer semble à présent vouée à l'abandon.

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Commentaires
a écrit le 12/11/2016 à 7:52 :
On sent bien la colère du journaliste et /ou de la rédaction d'avoir commis l'erreur de ne pas avoir assez vérifié ses infos avant la publication !

Pour devoir se déculpabiliser, on refait la genèse ! Un peu facile..

Les rumeurs influencent les marchés et les nouveaux contrats ! C'est connu dans le business ! Tant qu'on ne changera pas les codes, cela restera ainsi même pour la nouvelle économie ! Tout le monde se vantent, tout le monde fait sa petite auto-promo... !
a écrit le 10/11/2016 à 15:27 :
Et il en pense quoi monsieur Remi Demersseman-Pradel de son nouveau protégé ?
Réponse de le 11/11/2016 à 20:55 :
Je prône le droit à l'erreur. Erreur de communication, en la matière.
a écrit le 10/11/2016 à 13:24 :
Mythomanie... Maladie des temps modernes. Il n'est pas le seul et sans doute pas le dernier. Cela va finir par abîmer la confiance que peut faire de potentiel BA aux starts up. Quel dommage...

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