Transition énergétique, méga données, open innovation : les grandes mutations d'ERDF

 |  | 1948 mots
Entretien avec Phlippe Monloubou, président d'ERDF, en visite à Toulouse la semaine dernière.
Entretien avec Phlippe Monloubou, président d'ERDF, en visite à Toulouse la semaine dernière. (Crédits : Rémi Benoit)
Transition énergétique, open innovation, méga données, mutation d'ERDF. En visite à Toulouse, Philippe Monloubou, le président d'ERDF, est revenu - pour La Tribune Toulouse - sur les enjeux auxquels est confronté le gestionnaire d'infrastructures électriques. Entretien.

La Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées veut devenir la première région à énergie positive en Europe. Quel pourrait être le rôle d'ERDF dans la mise en œuvre de cet objectif ?

Les réseaux de distribution ont toute leur place dans cette ambition. Ils doivent être capables d'intégrer la production d'énergies renouvelables et intermittentes (solaire et éolien principalement). Historiquement, l'énergie était produite de façon centralisée et descendante. Le réseau avait vocation à transmettre ces électrons vers les clients. Maintenant, il reçoit de plus en plus d'énergie locale : il y a actuellement 350 000 producteurs d'électricité en France. Il doit intégrer en permanence de façon systémique plusieurs flux. Le réseau doit donc être plus intelligent pour appréhender ces flux énergétiques liés aux conditions météo, être plus réactif et conserver sa qualité.

Le réseau en est-il capable aujourd'hui ?

Il y a des progrès à faire, mais nous avons déjà plus 18 démonstrateurs en France qui testent tous les modèles techniques et économiques pour intégrer ces flux.

Il faut augmenter l'intelligence du réseau en déployant massivement le compteur Linky. Cela nous permettra de gérer ces échanges d'énergie en temps réel. 500 000 compteurs ont été installés en France (dont 20 000 dans la région LRMP, NDLR) et  3 500 en Haute-Garonne. L'objectif est de 35 millions de compteurs installés en 2021.

Quel est l'enjeu pour ERDF ?

Le développement de compteurs intelligents et de technologies numériques sur les réseaux de distribution permettra d'améliorer la transition énergétique et d'intégrer massivement les énergies renouvelables et les voitures électriques qui se rechargeront à des moments et en des lieux différents. Les compteurs Linky vont nous dire quand et combien d'énergie il faut envoyer sur le réseau. Sans cette information, on risque de surdimensionner les réseaux ou de dégrader la qualité en ne respectant pas l'équilibre production/consommation. Cela n'est pas acceptable, car c'est risquer le blackout.

Pourquoi dit-on que Linky est la première brique vers la transition énergétique ?

Exemple très concret : la Guadeloupe, l'un des territoires au monde les plus mixés énergétiquement avec du charbon, de l'éolien, de la géothermie et de la canne à sucre. On disait qu'au-delà de 30 %...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :