Toulouse peut-elle vraiment accueillir le futur Grand Stade de rugby ?

Jean-Luc Moudenc propose la construction, à Toulouse, du Grand Stade de rugby dont le projet est porté par la Fédération française de rugby. Pour le candidat UMP à la Mairie de Toulouse, ce stade "permettrait de créer de nouveaux emplois" et de "donner une nouvelle dimension européenne à Toulouse". Cette proposition intervient alors que c'est, a priori, Évry qui devrait accueillir le stade de la FFR.

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Une vue de l'extérieur du projet de Grand Stade de la FFR
Une vue de l'extérieur du projet de Grand Stade de la FFR

Profitant d'un débat public autour du projet porté par la Fédération française de rugby (FFR) d'un grand stade à Évry, Jean-Luc Moudenc s'est déclaré "favorable à ce que son implantation se fasse à Toulouse, terre de rugby par excellence (...) Le Grand Stade de Rugby est une vraie opportunité que nous, élus toulousains, ne devons pas laisser passer." Une annonce qui intervient alors que la candidature de la préfecture de l'Essonne a pourtant été validée à l'été 2012. Du côté de la Fédération, on répond que "pour le moment, ce stade est à Évry. Nous attendons les résultats des débats publics mais la FFR n'envisage pas d'aller ailleurs."

En région parisienne, la construction de ce Grand Stade de 82.000 places devant accueillir les rencontres du XV de France ne fait cependant pas l'unanimité. . Le coût du projet, et les infrastructures de transport sont les deux points régulièrement mis en avant lors des débats organisés par la Commission nationale du débat public. Cette institution est sollicitée pour tous les projets de plus de 300 M€ ayant des conséquences en termes d'aménagement du territoire et l'environnement.

Estimé à 600 M€, le stade serait entièrement financé par la FFR, par fonds propres mais également via un appel à souscription. L'accès au stade est en effet problématique. En banlieue parisienne, la question des transports est en effet récurrente et les infrastructures envisagées ne seraient pas forcément réalisables dans le timing de livraison du stade, prévu pour 2017. Le compte-rendu de la Commission est attendu pour le 24 avril.

82.000 places
Ce stade, voulu par la Fédération française de rugby, mettrait fin à la convention qui la lie au Consortium du Stade de France. Pour la FFR, il s'agit de générer davantage de recettes. Une nouvelle convention avait été signée en juillet 2013, l'accord portant sur l'organisation de vingt rencontres au minimum jusqu'en juin 2017 pour un montant de location de 23 millions d'euros (soit 1,15 million d'euros par match). L' "Aréna" de 82.000 places serait dotée d'un toit rétractable et d'une pelouse mobile, de tribunes proches du terrain et légèrement surélevées. Le stade serait également modulable, ce qui permettrait d'accueillir d'autres types de spectacles.

"Contre la concentration des grands équipements sportifs"
Des atouts qui ont poussé l'ancien maire de Toulouse à défendre l'implantation de ce stade dans l'agglomération toulousaine. Pour Jean-Luc Moudenc, "ce projet, intégralement financé par la FFR, donc sans incidence pour le contribuable, permettrait de créer de nouveaux emplois à Toulouse et d'augmenter l'offre d'équipements sportifs afin de donner une nouvelle dimension européenne à Toulouse et à tout le Sud-Ouest". Le candidat met également en avant "la trop grande concentration parisienne des plus grands équipement sportifs !"

Avant la proposition de Jean-Luc Moudenc, Pierre Cohen s'était lui déclaré à plusieurs reprises opposé à la construction d'un grand stade à Toulouse, qui nécessiterait selon lui un partenariat public-privé qu'il "ne souhaite pas". Lors de ses vœux en janvier dernier, le maire sortant avait d'autre part déclaré : la ville "n'a pas besoin d'un stade de 70.000 places". Pour rappel, les travaux du Stadium avaient été revus à la baisse à 36 M€ en vue de l'Euro 2016.

Le candidat sans étiquette Jean-Pierre Plancade soutient lui aussi le projet d'implantation du grand stade à Toulouse. "La suggestion de Jean-René Bouscatel nous semble pertinente. Aussi, la ville de Toulouse est prête à se porter candidate pour l'accueillir. Un autre modèle économique qui assurerait une réelle continuité entre le rugby des villages et l'élite mondiale est aussi possible." Le 23 janvier dernier, Toulouse accueillait une réunion organisée par la Commission du débat public à ce sujet. Celle-ci a rassemblé 160 personnes.

Paul Périé


© photo FFR


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Commentaire 1
à écrit le 10/01/2016 à 13:35
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Bonjour je suis un passionné de rugby je suis admiratif de ce projet du grand stade de rugby je suis aussi très attaché à ce que les infrastructures représentant la France ne soit pas uniquement concentré sur la capitale qui est sens aucun doute une ...

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