Toulouse réunit 300 acteurs de l'économie pour préparer les Assises de l'économie

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(Crédits : @Rémi Benoit)
Ce mardi 17 mars, 300 chefs d'entreprises, fondateurs de start-up, universitaires ou directeurs de pôles de compétitivité et clusters étaient réunis au Centre de Congrès Pierre Baudis. Objectif d'un tel bouillonnement ? La rédaction d'un nouveau Schéma métropolitain en faveur du développement, de l'innovation et du rayonnement de Toulouse. Une volonté politique du président de Toulouse métropole, Jean-Luc Moudenc, à l'origine de ces Assises du développement économique. La présentation du futur Schéma aura lieu au Delivery center, chez Airbus, le 23 juin prochain.

Toulouse, dans le Top 5 des métropoles qui tirent leur épingle du jeu. Entre 2007 et 2013, alors que la France a perdu, selon l'Acoss, plus de 400 000 emplois salariés privés, Toulouse mais aussi Lyon, Nantes, Marseille-Aix et Bordeaux ont continué à en gagner. "Nous sommes même au troisième rang avec 53% d'emplois salariés", a souligné Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse métropole, devant un parterre de 300 personnalités du monde économique, scientifique ou politique réunies ce mardi 17 mars au Centre de Congrès Pierre Baudis à l'occasion des Assises du développement économique.

Parmi eux des acteurs de l'économie numérique tels Daniel Benchimol, président d'Eurogiciel ainsi que du cluster Digital Place, Stéphane Contrepois, PDG de Myfeelback ou Edouard Forzy, co-président de la Mêlée Numérique. Des acteurs du monde aéronautique avec André Benhamou, vice-président du Pôle Aerospace Valley ou de la santé avec Philippe Prigent, directeur de Cancer Bio Santé.

Des acteurs de l'économie sociale et solidaire avec Jean-Louis Ribes, fondateur de DSI. Les universitaires étaient également représentés en la personne de Bruno Sire pour l'Université Toulouse 1 Capitole ou de Marc Ivaldi, économiste à la Toulouse School of Economics. Des architectes, des promoteurs immobiliers ou encore des banquiers complétaient l'assemblée.

Du côté des élus, on pouvait notamment remarquer la présence de Mireille Garcia, Vice-Présidente du Sicoval en charge du développement économique et de la promotion du territoire ou celle du maire de Blagnac Bernard Keller.

Objectif : accoucher d'un Schéma métropolitain

L'objectif d'un tel bouillonnement est de déboucher sur la présentation aux Toulousains d'un nouveau Schéma de développement économique, d'innovation et de rayonnement métropolitain.

"Certains de mes collègues maires doivent gérer une période de déclin", a reconnu Jean-Luc Moudenc, ce qui n'est pas le cas de Toulouse, bien que concernée directement par la baisse des dotations de l'État.

Conscient des atouts de la métropole, Jean-Luc Moudenc attend ainsi de ces Assises, "un dialogue fécond et permanent entre le secteur privé et la collectivité publique" pour renforcer l'attractivité et l'excellence de Toulouse et ainsi "ne pas s'endormir sur ses lauriers..."

Pour encourager la création de richesses et d'emplois sur la métropole, Jean-Luc Moudenc entend s'appuyer sur la nouvelle charte des marchés publics intitulée Small Business Act ou sur des projets d'aménagements tels que le quartier Matabiau doté d'un futur centre d'affaires en plein cœur de la métropole.

"La collectivité a un rôle à jouer pour adapter son offre foncière, a-t-il rappelé. Nous devons aussi conforter nos points forts tout en diversifiant l'économie et en explorant de nouveaux champs thématiques, notamment dans le numérique."

Cette initiative ne doit pas être un simple coup de com' mais bien permettre "de fixer des indicateurs afin de mesurer dans le temps l'efficacité de notre politique économique tout en anticipant les coopérations à venir avec la future grande région". Une compétence économique d'ailleurs renforcée dans le cadre de la réforme des collectivités locales.

Quatre pistes déjà retenues

Chargée de piloter la réalisation du futur schéma, Dominique Faure, Vice-présidente de Toulouse métropole en charge du développement économique et de l'aménagement des zones d'activités a justifié la création de quatre groupes de travail après un travail préparatoire enclenché en septembre dernier. Les quatre pistes retenues ont été dévoilées :

  • la métropole stratège qui fait des choix
  • la métropole exemplaire sur ses fonctions régaliennes
  • la métropole innovante sur la chaîne de valeur de l'idée au marché
  • la métropole aménageuse qui offre des conditions d'implantation adaptées à chacun

"Notre logique est triple, a poursuivi Dominique Faure. Créer les conditions du développement économique en finançant des infrastructures de transports publics tels que la future troisième ligne de métro et en adoptant une politique foncière attractive et qui répond aux différents segments de l'économie (start-up innovantes, ETI...). La deuxième logique est partenariale, entre les collectivités locales mais également entre le privé et le public. Enfin la troisième logique est celle d'une Smart métropole qui réalise des arbitrages. Gouverner, c'est choisir !"

Pour épauler l'élue Dominique Faure dans son travail de coordination auprès des différents acteurs locaux, le cabinet parisien CEIS a été retenu après appel d'offres. "C'est l'une des villes qui marchent le mieux en France", a flatté d'emblée Gilles Rabin, membre de cette société de conseil en stratégie.

L'homme a travaillé un temps pour la métropole lyonnaise comme délégué général au développement économique et à l'international.

"Entre l'accélérateur d'Airbus dédié aux start-up de l'aéronautique, la levée de fonds record de Sigfox ou le prix Nobel d'économie Jean Tirole, Toulouse ne manque pas d'atouts, reconnaît-il. Midi-Pyrénées est même la deuxième région française en terme d'attractivité. Ce n'est pas l'Aquitaine !"


Politique régalienne au service de l'attractivité toulousaine

"Prenons garde aux effets de rente, alerte toutefois Gilles Rabin. Si Airbus doit être le produit d'appel quand nous parlons d'attractivité, il n'y a pas de développement économique possible sans réussite des politiques régaliennes. Je pense à la propreté, à l'accessibilité et à la sécurité. C'est la base de la pyramide. Viennent ensuite la politique foncière, la constitution de pépinières ou la stratégie de commande publique."

Alors que le maire de Toulouse invite tous les acteurs économiques à formuler leurs contributions jusqu'à la mi-avril (à l'adresse toulouse@ceis.eu), ceux-ci ont encore trois mois pour accompagner la métropole toulousaine dans la définition d'un Schéma de développement économique, d'innovation et de rayonnement. "Nous voulons du concret pour nos entreprises, pas de l'institutionnel !", ont déjà prévenu quelques dirigeants à la sortie des Assises. Rendez-vous est pris le 23 juin au Delivery center, dans le fief d'Airbus.         

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