Jean-Luc Moudenc, élu président de la nouvelle association France Urbaine

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Jean-Luc Moudenc
Jean-Luc Moudenc (Crédits : Rémi Benoit)
Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a été élu à l'unanimité ce vendredi 6 novembre président de France Urbaine, la nouvelle association des élus des grandes villes de France. Dans un contexte de baisses des dotations publiques, il souhaite faire entendre la voix du monde urbain "moteur premier de la croissance du pays". Entretien.

Vous allez présider France Urbaine, la nouvelle association d'élus regroupant l'AMGVF (l'Association des maires des grandes villes de France) et l'ACUF (l'Association des communautés urbaines de France), quelles seront les missions de cette nouvelle entité ?

Dans un contexte de réformes territoriales, des dotations, des collectivités et des normes, il s'agit de représenter le monde urbain auprès des pouvoirs publics, défendre et faire entendre la voix des métropoles, des grandes agglomérations et des grandes villes. L'association compte 99 membres. Il est important que la France urbaine, qui est le moteur premier de la croissance du pays, soit entendue.

Tous les jours, il y des questions, des textes et des réformes qui concernent la vie des collectivités. Nous sommes attentifs à ce que les spécificités du monde urbain soient respectées et prises en compte dans un contexte très mouvant.

Nous sommes là pour influencer en faveur des grands ensembles urbains et nous travaillons dans le dialogue avec les pouvoirs publics.

Quels seront vos premiers chantiers ?

Ils sont nombreux. Il va falloir appliquer les réformes. Nous sortons d'un cycle législatif de deux ans qui s'est traduit par trois lois nouvelles sur les métropoles, les régions et les compétences des collectivités. Il faut que ces trois textes vivent. Ils vont se traduire par des décrets d'application. On sait très bien leur importance car ils conditionnent la façon dont le texte de loi est mis en œuvre. Nous allons être vigilants sur leur rédaction en lien avec le Premier ministre et la ministre de la Réforme territoriale, Marylise Lebranchu.

Nous serons à l'avant-garde sur la question des ressources des collectivités territoriales qui constitue un grave problème depuis un an et demi qu'a été annoncée et mise en œuvre la baisse des dotations de l'État. Le gouvernement a essayé de faire passer en force la réforme des dotations, avant d'avoir reculé, comme chacun sait. Nous voulons faire entendre notre voix et souhaitons que la concertation, qui semble à présent de mise - c'est nouveau - soit l'occasion de faire prévaloir notre point de vue. Les intérêts des Français qui vivent en milieu urbain doivent être préservés. Cette réforme ne doit pas se traduire par une nouvelle perte de moyens, une sorte de doublement de la peine que le gouvernement nous inflige depuis avril 2014.

C'est la mobilisation des élus qui a forcé le gouvernement à repousser la réforme sur les dotations de l'État ?

Je le crois car c'est une réforme qui a été lancée dans la plus grande des précipitations, à l'aveugle. Nous avons eu le plus grand mal à obtenir des simulations pour savoir ce que les collectivités allaient devenir, à quelle sauce elles allaient être mangées. Nous avons eu les simulations pour 2016 mais pas pour au-delà, or cette réforme s'appliquera ensuite de manière pérenne. Le gouvernement a reculé car il y a eu des protestations dans les familles politiques, à commencer par la majorité.

Pour autant, cette réforme est-elle nécessaire ?

Je le crois. La dotation globale de fonctionnement est un système ancien et compliqué qui est devenu assez opaque. C'est une forêt vierge dans laquelle on a du mal à se reconnaître. Aller vers une simplification pour regarder posément les injustices et les besoins me semble nécessaire. Mais, comme tout cela est complexe et lourd, cela ne doit pas être fait de manière brutale et autoritaire comme le Premier ministre a tenté de le faire.

Quelles sont les solutions des collectivités pour faire face à la baisse des dotations ?

Chacun les connaît. Il faut faire des économies de fonctionnement, même si cela peut être ressenti comme douloureux sur le terrain. Cela nous oblige à changer nos habitudes. Il y a ensuite des leviers comme la fiscalité, l'emprunt, les tarifs des services. Il y aussi une rationalisation de notre action qui a souvent été sédimentée. Il faut mutualiser et nous interroger sur nos pratiques pour assurer la pérennité du service public et faire avancer nos projets de manière plus économe. C'est une révolution sur nous même à laquelle nous sommes conviés. De gré ou de force.

Vous êtes président de France Urbaine jusqu'en 2020, que cela représente pour vous ?

Je m'y investis. C'est la première fois qu'un maire de Toulouse est président de l'association des maires de grandes villes. Toulouse est reconnue comme l'une des métropoles les plus importantes et dynamiques du pays. Je m'efforce dans ma façon de gouverner l'AMGVF et demain France Urbaine, de fédérer, de rassembler et de faire prévaloir la logique des intérêts du monde urbain et non une logique politicienne droite contre gauche. Nous travaillons ensemble par delà nos différences politiques. C'est la force de notre association.

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Commentaires
a écrit le 06/11/2015 à 16:41 :
A Toulouse, il est surnommé Monsieur + 15 % !! Il a été élu sur un programme de stabilisation de la pression fiscale mais sa première décision c'est d'augmenter les impôts locaux. Encore un élu qui se moque de ses électeurs !!

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