Les 21 Toulousains qui contribuent au débat sur le changement climatique (2/2)

Ils sont chercheurs, élus, responsables associatifs ou représentants du monde économique... Chacun à leur manière, à quelques semaines de l’ouverture de la COP21 à Paris, ces Toulousains contribuent au débat sur le dérèglement climatique. Deuxième partie de cette série de portraits, avec les scientifiques.
Qui sont les scientifiques toulousains qui comptent pour la COP21 ?
Qui sont les scientifiques toulousains qui comptent pour la COP21 ? (Crédits : Rémi Benoit)

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L'enjeu est de taille. Jusqu'au 11 décembre, Paris accueille les 40 000 participants de la 21e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, la COP21. Un rendez-vous qui doit permettre d'aboutir à un accord international sur le climat, imaginé par les organisateurs comme à la fois "universel et durable". L'objectif : engager de façon concertée une nouvelle trajectoire de développement économique permettant de limiter à deux degrés le réchauffement climatique par rapport à l'ère préindustrielle.

Durant ces quelques jours, le monde entier aura ainsi les yeux rivés sur la France. Et si les regards sont tout naturellement amenés à se braquer sur les négociations parisiennes, à quelques centaines de kilomètres de là, en Midi-Pyrénées, des personnalités pourraient bien peser - directement ou indirectement - dans les débats.

Responsables politiques, représentants du monde économique, acteurs associatifs et, bien entendu, chercheurs... :  21 Toulousains contribuent, chacun à leur manière, à la lutte contre le réchauffement climatique. Dans cette seconde partie, zoom sur les scientifiques.

Étienne Berthier

Ses zones d'études ? Les Andes, l'Himalaya ou encore l'Alaska. Ses outils ? Les campagnes de terrain et l'imagerie satellitaire. Le glaciologue au CNRS Étienne Berthier, qui travaille au sein du Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales (Legos), à Toulouse, analyse l'évolution des glaciers de montagnes et des calottes glaciaires afin de mieux comprendre leurs réponses aux changements climatiques et leur contribution à la hausse du niveau des mers.

Etienne Berthier

Christophe Cassou

Chargé de recherche Cerfacs/CNRS, Christophe Cassou fait partie avec Catherine Jeandel et Serge Planton du groupe de chercheurs à l'origine du "Train du climat". Un train qui parcourt 20 villes de France du 6 au 25 octobre à la rencontre des citoyens pour les sensibiliser au changement climatique. Ce climatologue, contributeur du Giec (Groupement intergouvernemental d'experts sur le changement climatique), est spécialisé dans les prévisions à courte échéance. Il co-préside le comité international d'étude à ce sujet. Le chercheur, très impliqué dans des actions de médiation scientifique, le martèle :

"Si on ne fait rien, si on ne change rien, cela conduira au réchauffement global de la planète de 4 à 6 degrés à l'horizon 2100. C'est un climat que nous n'avons pas connu depuis au moins 1 million d'années !"

Christophe Cassou

Anny Cazenave

Son champ d'expertise : l'utilisation des techniques spatiales en sciences de la planète, et notamment au service de l'étude du climat. Chercheuse émérite au sein du Legos, Anny Cazenave a par ailleurs été nommée en 2004 au sein du Giec et a été une contributrice majeure des 4e et 5e rapports du Giec, publiés en 2007 et 2013. Celle qui est également directrice pour les Sciences de la terre à l'International space science institute, à Berne (Suisse), a été élevée en septembre dernier à la dignité de Grand officier de l'Ordre national du mérite par François Hollande.

Anny Cazenave

 Christian Gollier

En juin dernier, l'ancien directeur général de Toulouse School of Economics (TSE) a lancé un appel commun avec la chaire économie du climat de l'Université Paris-Dauphine pour instaurer un prix mondial unique pour le carbone lors de la conférence COP21. Un appel signé par 38 économistes de renom, parmi lesquels le Prix Nobel d'économie Jean Tirole et Philippe Aghion, professeur à Harvard. Actuellement "professeur invité" pour un an au département d'économie de la Columbia University, à New York, Christian Gollier travaille sur des champs variés, de l'économie de l'incertain à l'économie de l'environnement en passant par la finance, la consommation, l'assurance et l'analyse des coûts-bénéfices. Il est l'un des principaux auteurs des 4e et 5e rapports du Giec. Son successeur à la tête du département "économie de l'environnement" de TSE est Nicolas Treich.

Christian Gollier

Sinda Haouès-Jouve

Maître de conférences en urbanisme et aménagement (LISST-Cieu, CNRS-Université Toulouse Jean Jaurès), Sinda Haouès-Jouve s'intéresse notamment à l'émergence des stratégies climatiques en ville et à l'intégration des objectifs d'adaptation au changement climatique dans les politiques urbaines. La chercheuse, qui a participé fin septembre au Bogota Climate Summit organisé dans le cadre de la préparation de la COP21, coordonne le projet Eurequa portant sur la qualité environnementale à l'échelle du quartier et participe au projet Mapuce dédié à l'intégration des données climat-énergie dans les documents d'urbanisme. Sinda Haouès-Jouve participe également au Train du climat.

Sinda Haouès-Jouve

Julia Hidalgo

Après une formation universitaire en physique de l'atmosphère et de l'environnement, Julia Hidalgo s'est spécialisée en climatologie et météorologie urbaines à travers une thèse binationale (France et Espagne). Cette ancienne responsable de l'équipe "climat urbain" au sein de l'Unité d'environnement urbain et industriel du Centre technologique LABEIN de Bilbao, en Espagne, passée entre-temps par le Groupe d'études de l'atmosphère météorologique de Toulouse, est depuis début 2014 chargée de recherche au sein du Laboratoire interdisciplinaire Solidarités, sociétés, territoires (Lisst) de l'Université Toulouse Jean Jaurès. Elle travaille sur l'intégration des enjeux climatiques dans la planification et l'aménagement urbain.

Julia Hidalgo

Catherine Jeandel

Catherine Jeandel est sur tous les fronts. Cette titulaire d'une thèse d'État en géochimie marine (discipline qui contribue à comprendre le fonctionnement de l'océan et son rôle sur le climat) est directrice de recherches au CNRS au sein du Legos. Mais elle est également présidente déléguée de l'agence régionale de développement économique Madeeli. Catherine Jeandel participe par ailleurs à la coordination du programme mondial Geotraces, qui vise à constituer un atlas géochimique des océans. Très impliquée dans les débats liés à la COP21, elle est à l'origine, avec Serge Planton et Christophe Cassou, de la création du "Train du climat".

Catherine Jeandel

Aude Lemonsu

Chargée de recherche CNRS au sein du Groupe d'étude de l'atmosphère météorologique  (Game), Aude Lemonsu est également membre élue du bureau de l'International association on urban climate. Spécialiste des changements climatiques en milieu urbain, cette titulaire d'un DEA Océan Atmosphère Environnement et d'un doctorat en Sciences de l'Univers, de l'environnement et de l'espace travaille notamment sur la question des îlots de chaleur urbains.

"Ce phénomène, lié à l'artificialisation des sols en ville, mais aussi au trafic routier, aux activités industrielles et aux rejets de chaleur des habitations, génère des hausses de températures dans les villes de l'ordre de 3 à 4 degrés, et jusqu'à 7 degrés en cas de canicule."

Aude Lemonsu

Serge Planton

Le climatologue toulousain a contribué au dernier rapport du Giec. Un document qui sera la base de négociations de la COP21. Polytechnicien diplômé de l'École nationale de la météorologie, Serge Planton a intégré Météo-France au début des années 1980. Il supervise aujourd'hui le groupe de recherches climatiques du CNRM. L'homme, qui fait partie des instigateurs du "Train du climat", le répète :

"Pour parvenir à stabiliser la température à + 2°C, il faudrait que le pic d'émissions intervienne en 2020 et qu'à partir de là, elles diminuent très fortement."

Serge Planton

Valéry Masson

Responsable du Groupe de météorologie de moyenne échelle du Centre national de recherches météorologiques (CNRM)-Game, unité mixte de recherche constituée par le CNRS et Météo-France, Valéry Masson est un spécialiste de la météorologie urbaine. Ses champs de recherche : la turbulence atmosphérique, la modélisation des échanges surface-atmosphère, le climat urbain, mais aussi les villes et le changement climatique.

Valéry Masson

Guillaume Simonet

Le Franco-Canadien Guillaume Simonet est chargé de recherche du projet Abstract-colurba (2014-2016) mené par CDC Climat Recherche. Chercheur invité au laboratoire Géosciences environnement Toulouse de l'Observatoire Midi-Pyrénées, il est par ailleurs responsable du projet de recherche Abstract-terripture (Ariège). Les travaux de ce docteur en Sciences de l'environnement portent sur l'étude des obstacles à la mise en place de stratégies d'adaptation aux changements climatiques en milieu urbain.

Guillaume Simonet

Pierre Soler

Cet ingénieur des mines dirige depuis fin 2011 l'Observatoire Midi-Pyrénées, qui fédère les laboratoires de sciences de l'univers, de la planète et de l'environnement de l'Université Paul Sabatier. Titulaire d'une thèse d'ingénieur-docteur en géologie minière et d'une thèse de doctorat d'État en sciences de la terre, Pierre Soler a auparavant dirigé le département terre-océan-atmosphère de l'Orstom (actuel Institut de recherche pour le développement, IRD), puis le Laboratoire d'océanographie dynamique et de climatologie de Paris, avant de représenter l'IRD au Pérou de 2004 à 2007. Il a ensuite dirigé le département Milieux et environnement puis
les programmes et recherche et la formation au Sud de l'IRD.

Pierre Soler

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