En 2014, le transport aérien fêtera ses 100 ans par des gains records

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En 2014, l'aviation commerciale fêtera ses 100 ans d'existence. L'association internationale du transport aérien (Iata) anticipe un bénéfice net de 19,7 milliards de dollars pour le secteur. Mais derrière ce record, se cachent de nombreuses disparités régionales.

En 2014, l'aviation commerciale fêtera son centième anniversaire en affichant des bénéfices record. Selon les prévisions de l'association internationale du transport aérien (Iata), le bénéfice opérationnel cumulé des 240 compagnies membres de cette association (elles représentent 94% du trafic international) va atteindre 34,7 milliards de dollars (+47% par rapport à 2013), dépassant le record de 28,9 milliards de dollars atteint en 2010.

En termes de bénéfice net aussi, les compagnies aériennes vont également atteindre en 2014 un niveau record : 19,7 milliards de dollars, contre 19,2 milliards enregistrés en 2010. Ceci avec un chiffre d'affaires en forte hausse entre les deux périodes : il devrait s'élever à 743 milliards de dollars en 2014, contre 579 milliards en 2010 et 708 milliards en 2013. Pour autant, le directeur général de l'Iata, Tony Tyler, continue de jouer profil bas : "Nous devons tempérer notre optimisme avec une dose de prudence. Les marges nettes restent faibles. Elles étaient de 1,1% en 2012, et seront de 1,8% en 2013 et de 2,6% l'an prochain. En moyenne, les compagnies dégageront un profit net de 5,94% par passager en 2014".

La marge opérationnelle sera plus élevée, à 4,7% en 2014, contre 3,3% cette année.

Baisse du prix du pétrole
Plusieurs facteurs expliquent cette bonne performance. Les compagnies aériennes profiteront tout d'abord d'un prix du carburant moins élevé qu'en 2013. Selon Brian Pearce, chef économiste de l'Iata, le prix du baril devrait s'élever à 104,5 dollars en moyenne, 3,7 dollars de moins qu'en 2013. Dans le même temps, les transporteurs pourront toujours compter sur le dynamisme de la demande de voyages aériens.

Après une hausse de 5,8% en 2012 et 2013, le trafic mondial devrait progresser de 6% en 2014, pour atteindre 3,3 milliards de passagers. Un rythme supérieur à l'augmentation de capacités prévue (+4,7%), ce qui améliorera le coefficient d'occupation d'un point à 81,3%. Cela n'empêchera pas un recul (limité) de la recette unitaire l'an prochain (-0,6%, -0,2% en 2013). Enfin, les transporteurs pourront également compter sur l'augmentation des revenus annexes, lesquels devraient s'élever en moyenne à 13 dollars par passagers en 2014.

Les compagnies américaines, championnes de la rentabilité

Pour autant derrière ce tableau général, se cachent de nombreuses diversités régionales. Comme c'est le cas depuis plusieurs années, les compagnies américaines sont les championnes de la rentabilité : leur bénéfice net s'élèvera à 8,3 milliards d'euros l'an prochain, en hausse de 43% par rapport à 2013. Leurs marges d'exploitation s'élèveront en moyenne à 6,4% en 2014. Une performance qui résulte notamment de la hausse des prix qui est intervenue après les fusions entre Delta et Northwest en 2008 puis entre United et Continental en 2010. Cette concentration sera renforcée l'an prochain avec la fusion entre American Airlines et US Airways, effective depuis le 9 décembre.

En Europe, les compagnies relèvent la tête, après des années de difficultés. Et ce malgré l'accumulation de taxes que dénonce l'Iata. Elles devraient quasiment doubler leur bénéfice net en 2014, par rapport à 2013, à 3,2 milliards. Plusieurs compagnies dans le rouge depuis des années, comme Air France, ont en effet prévu de revenir dans le vert l'an prochain.

L'Afrique toujours en retrait
Les compagnies d'Asie-Pacifique vont, malgré les difficultés de l'activité cargo (40% du cargo mondial sont traités dans cette zone) augmenter leurs profits de 900 millions, à 4,1 milliards. Les compagnies du Moyen-Orient comme Emirates, vont quant à elles dégager un bénéfice de 2,4 milliards (1,6 milliard en 2013), et celles d'Amérique latine de 1,5 milliard (700 millions en 2013).

Seule zone où les prévisions restent inchangées : l'Afrique, où les compagnies vont perdre 100 millions de dollars en 2013 et en gagner autant en 2014.

Fabrice Gliszczynski pour LaTribune.fr
©photo Rémi Benoit

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