Après les travaux, l'aéroport de Toulouse pourra accueillir 10 millions de passagers

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Jean-Michel Vernhes
Jean-Michel Vernhes
En pleine procédure de privatisation, la société Aéroport Toulouse Blagnac annonce la construction d'une extension de 5 000 m2 qui sera mise en fonctionnement à l'été 2017. Confiée au cabinet d'architectes Cardete et Huet, l'extension permettra d'augmenter les capacités d'accueil de 8,5 à 10 millions de passagers par an. Parallèlement, ATB a constaté une fréquentation en légère baisse en 2014.

C'est une année 2014 "médiocre" en termes de fréquentation dont la société Aéroport Toulouse-Blagnac dresse aujourd'hui le bilan. "Dans un contexte européen plutôt favorable à l'aviation, l'offre des compagnies aériennes n'a pas été au rendez-vous", explique Jean-Michel Vernhes, le président du directoire d'ATB.

Avec un petit peu plus de 7,5 millions de passagers, l'aéroport affiche en effet une légère baisse du trafic de 0,7 % par rapport à 2013. Si le trafic international est quasi stable (+0,1 %), le trafic national baisse lui de 0,8 %. L'important mouvement de grève à Air France en septembre a notamment fait perdre 100 000 passagers à l'aéroport de Toulouse cette année.

Avec 94 030 mouvements enregistrés cette année, les vols ont baissé de 1,7 %, malgré une hausse de 10 % du nombre de vols non commerciaux. "Le trafic des vols commerciaux a reculé de 3,4 %. Cette baisse importante confirme celle de 2013", indique ATB.

Pour 2015, Jean-Michel Vernhes est plus optimiste : "Nous allons avoir une offre bien meilleure cette année que l'an passé". Après avoir lancé deux liaisons vers Tenerife et Venise, la compagnie à bas coûts Volotea devrait par exemple ouvrir trois lignes vers Palerme, Figari et Palma de Majorque, en avril.

Malgré ces chiffres, le chiffre d'affaires d'ATB, en hausse de 2,7 %, s'établit à 120,6 M€. La part la plus importante, l'extra-aéroportuaire (parc auto, commercial, immobilier) représente 48,6 M€. Les redevances aéroportuaires ont rapporté 42,7 M€ et le produit des taxes aéroportuaires, 29,3 M€. Le résultat d'exploitation - qui reste à confirmer - devrait dépasser les 10,6 M€ de 2013.

Le calendrier de la privatisation

À l'heure du bilan 2014, difficile de faire l'impasse sur la privatisation de l'aéroport et le rachat des parts de l'État par le consortium chinois Symbiose. "Cette opération nous a bien plus mobilisés que prévu, reconnait Jean-Michel Vernhes. Nous rentrons à présent dans la phase de mise en œuvre. Nous sommes à un peu plus de la moité du chemin."

Consulté le 16 décembre, le comité d'entreprise devrait donner sa réponse à la mi-février. La privatisation de la société Aéroport Toulouse-Blagnac devrait être effective à la fin du 1er trimestre 2015. "Des changements de gouvernance sont attendus, avertit le président du directoire. Le nouvel actionnaire disposera de 6 membres au conseil de surveillance et l'État passera de 8 à 2 membres."

L'arrivée d'un actionnaire chinois sera-t-il synonyme d'ouverture de lignes aérienne vers la Chine ? "Symbiose l'a proposé mais rien n'a encore été discuté", affirme Jean-Michel Vernhes qui rappelle que "Symbiose est repreneur pressenti. Tant que rien n'est signé, rien ne se fera. Il y a un recours en cours comme vous le savez."

Une extension de 5 000 m2

Présente depuis 10 ans à Toulouse, Easy Jet a "presque doublé son trafic avec près de 2 millions de passagers par an depuis et vers Toulouse, soit 5,89 % de plus d'une année sur l'autre", constate ATB. "Fin 2013, vus les engagements des compagnies à bas coûts qui font la croissance du trafic à Toulouse, nous avons revu nos projets d'investissements sur 5 ans, ajoute Jean-Michel Vernhes. Plutôt que d'améliorer le nord de l'aéroport, nous avons décidé de réaliser une extension au sud."
Ce nouvel espace s'étendra sur 5000 m2 entre les halls A et B actuels et disposera de 600 m2 destinés aux installations commerciales. L'aérogare pourra traiter simultanément cinq avions "en faux contact", c'est-à-dire sans utiliser de passerelles. En faisant monter les passagers à pied, par l'avant et l'arrière de l'appareil, les compagnies aériennes, Easy Jet notamment, peuvent ainsi augmenter leurs rotations.
C'est le cabinet toulousain d'architecture Cardete et Huet qui a été retenu au terme d'un appel à candidatures. "Le projet a été présenté aux repreneurs, précise Jean-Michel Vernhes. Il répond à leurs objectifs industriels. Il n'y a pas de raison qu'ils le modifient, d'autant plus que délais sont courts et ambitieux." Le projet, d'un budget de 14,1 M€, sera mis en chantier fin 2015 pour une durée de 15 mois. Il devrait être testé début 2017 et mis en service à l'été.

Avant cela, l'aéroport verra l'arrivée du tram en avril. L'ouverture de la ligne Envol sera complétée par la création d'un pôle multimodal face au hall C où arriveront également les bus, dont la navette centre-ville / aéroport. D'après Tisseo, 9 500 passagers par jour sont attendus sur la ligne.

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