Airbus confirme la construction en 2013 de sa première usine aux États-Unis

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Vue du futur site d'Airbus à Mobile, en Alabama
Vue du futur site d'Airbus à Mobile, en Alabama
La nouvelle était attendue, elle a été confirmée ce lundi après-midi par Fabrice Brégier, président exécutif d'Airbus : l'avionneur européen va lancer à l'été 2013 une usine à Mobile, dans l'Alabama. La production d'A320 démarrerait en 2015 et livrer ses premiers appareils l'année suivante. C'est la première décision stratégique annoncée par Fabrice Brégier depuis son arrivée aux commandes d'Airbus le 1er juin.

Jeudi dernier, Airbus l'assurait malgré les informations ayant fuité dans la presse : aucune décision n'avait été prise quant à l'installation d'une usine aux États-Unis. Mais deux jours plus tard, Fabrice Brégier posait ses valises à Mobile, Alabama. Avant de confirmer, cet après-midi lors d'un show bien rodé, ce que tout le monde attendait. Le nouveau président exécutif a bien annoncé la création du premier site d'assemblage d'Airbus sur le continent nord-américain. Sa construction devrait démarrer dès l'été 2013 et la production d'A320 serait lancée en 2015. Les premiers mono-couloirs seraient alors livrés l'année suivante.

L'avionneur compte produire 40 à 50 avions par an à l'horizon 2018. L'investissement dans ce projet devrait dépasser les 474 millions d'euros. « Le moment est venu pour Airbus d'élargir sa présence aux Etats-Unis », a lancé cet après-midi Fabrice Brégier. « C'est le bon moment pour se développer aux Etats-Unis, a-t-il déclaré dans un communiqué. Cette ligne d'assemblage nous rapproche de nos clients. »

La création d'un millier d'emplois a été évoquée par le gouverneur d'Alabama, Robert Bentley. Airbus emploie déjà un millier de personnes aux Etats-Unis dans ses centres d'ingénierie et d'entraînement.

L'annonce sonne comme un défi lancé à Boeing et confirme les ambitions d'Airbus sur le marché américain, le premier du monde pour les monocouloirs. L'avionneur évalue la demande des compagnies américaines à 4 600 appareils de ce type dans les 20 ans à venir. En s'implantant sur les terres de Boeing, en zone dollar, Airbus espère conserver son avance sur son grand rival et s'accaparer la majeure partie de ces futures commandes.

Le site de Mobile, proche du Golfe du Mexique, avait été initialement retenu par Airbus pour y construire les ravitailleurs de l'US Air Force. Mais l'Européen avait finalement été battu par Boeing lors de l'appel d'offre en 2011. Depuis 1990, Airbus estime avoir dépensé 127 milliards de dollars auprès de ses fournisseurs américains, dont 12 milliards sur l'année écoulée.

"L'annonce du projet d'installation d'une usine d'assemblage d'Airbus aux Etats-Unis mérite clarification et précisions, a réagi la députée européenne toulousaine Christine de Veyrac dans un communiqué. Si un tel investissement, avec l'effort financier conséquent qu'il représente, peut constituer un effet de levier nécessaire pour pénétrer le marché américain, il n'en demeure pas moins qu'il ne doit pas conduire à l'affaiblissement de l'engagement d'Airbus en Europe, et en Midi-Pyrénées notamment. A ce stade, si l'on peut se réjouir de ce projet, il nécessite aussi toute la vigilance des acteurs locaux et des pouvoirs publics nationaux."

Mikaël Lozano

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