À Toulouse, Jean-François Copé et Michèle Alliot-Marie promettent une "veste" au PS pour les européennes

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De gauche à droite : Jean-Luc Moudenc, maire de Touloue, Jean-François Copé, président de l'UMP, et Michèle Alliot-Marie, tête de liste UMP aux élections européennes pour le Sud-Ouest.
De gauche à droite : Jean-Luc Moudenc, maire de Touloue, Jean-François Copé, président de l'UMP, et Michèle Alliot-Marie, tête de liste UMP aux élections européennes pour le Sud-Ouest.
Hier soir 15 mai, le président de l'UMP Jean-François Copé était à Toulouse pour soutenir Michèle Alliot-Marie, candidate aux élections européennes pour la circonscription Sud-Ouest. Les colistiers de l'ancienne ministre, ainsi que Jean-Luc Moudenc et Laurence Arribagé, étaient présents. Une opération séduction organisée en pleine tempête médiatique pour Jean-François Copé, dont le parti est soupçonné par le journal Libération d'avoir réglé 20 M€ en 2012 pour des prestations événementielles.

Hier soir 15 mai, le président de l'UMP Jean-François Copé était à Toulouse pour soutenir Michèle Alliot-Marie, candidate aux élections européennes pour la circonscription Sud-Ouest. Les colistiers de l'ancienne ministre, ainsi que Jean-Luc Moudenc et Laurence Arribagé, étaient présents. Une opération séduction organisée en pleine tempête médiatique pour Jean-François Copé, dont le parti est soupçonné par le journal Libération d'avoir réglé 20 M€ en 2012 pour des prestations événementielles.

Des drapeaux français et européens qui virevoltent. Une musique, digne d'un blockbuster hollywoodien, qui résonne dans l'enceinte de la Salle Mermoz. Hier soir, Toulouse accueillait un meeting de l'UMP, en présence du président du parti, Jean-François Copé, venu soutenir la candidature de Michèle Alliot-Marie, tête de liste pour la circonscription Sud-Ouest aux élections européennes. Accompagnée de ses colistiers, la candidate s'est offert un bain de foule aux côtés de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, et de Laurence Arribagé, son adjointe en charge des Sports et des loisirs et par ailleurs candidate aux élections législatives pour la troisième circonscription.

Toulouse, symbole de l'Europe ?
Jean-Luc Moudenc a tenu à saluer Michèle Alliot-Marie, "une femme du Sud-Ouest" dont on prononce le nom "avec l'accent du rugby". Pour le nouveau maire de Toulouse, la candidate UMP est "à la fois fidèle à sa région et fidèle serviteur de la république, et ce dans les plus hautes fonctions". Jean-Luc Moudenc a par ailleurs insisté sur le lien étroit entretenu entre la Ville rose et l'Europe. "Que serait Toulouse sans l'Europe ? s'interroge-t-il. Nous avons ici la recette de ce qu'il faut faire de l'Europe de demain. Les citoyens veulent du concret. Et en la matière, l'exemple toulousain mérite d'être mis en valeur."

Un avis partagé par Jean-Marie Belin, colistier de Michèle Alliot-Marie (4e position) : "À Toulouse, on sait ce que l'Europe veut dire. L'Europe concrète et pragmatique, on la voit ici tous les jours. Toulouse est l'un des endroits où bat le cœur de l'Europe." Et d'ajouter : "Nous voulons une Europe qui nous protège et qui nous défende dans un monde de concurrence effrénée. Une Europe qui mette en avant les entreprises, seules créatrices de richesses et d'emploi. Et nous le sentons, il y a aujourd'hui en Europe un désir de voir la France reprendre sa place."

Franck Proust, numéro 2 de la liste UMP aux élections européennes pour le Sud-Ouest, ne dit pas autre chose, tirant à boulets rouges sur la politique de François Hollande. "Aujourd'hui, la France est isolée, seule, estime-t-il. Le couple franco-allemand n'est plus le moteur de l'Europe et nos partenaires se détournent peu à peu de nous. Et en nommant Harlem Désir (secrétaire d'État aux affaires européennes, NDLR), on a donné une prime à la médiocrité. C'est le signe évident d'un manque de respect pour les institutions européennes." Le candidat résume la position de sa liste : "Entre le déni du PS et le repli du FN, nous voulons donner l'envie."

La "veste", le "pantalon" et le "pardessus"
Michèle Alliot-Marie a ensuite pris la parole, n'hésitant pas à descendre de scène pour se faufiler, micro à la main, entre les rangées de militants. Une opération séduction autant qu'une diatribe anti-PS. "L'élection de Jean-Luc Moudenc a été une très bonne chose, une belle leçon pour les socialistes, et ça leur fait du bien, sourit la candidate. Ce pauvre François Hollande, il était déjà tellement mal habillé, avec sa cravate de travers. Aux municipales, nous lui avons donné une belle veste. Il n'a pas pas compris. Alors après la veste, je propose qu'on lui donne le pantalon aux européennes. Et si ça ne suffit pas, il aura le pardessus aux présidentielles !"

"Que l'Europe arrête de se mêler de tout !"
En attendant 2017 et les prochaines échéances nationales, c'est bien l'Europe qui est restée au cœur des débats hier soir. "Soyons réalistes : le monde d'aujourd'hui est celui des grands pays, qui sont des concurrents directs de la France, assure Michèle Alliot-Marie. Et avec nos 66 millions d'habitants, quels que soient nos atouts, nous ne pouvons pas tenir le choc face à eux. Si nous voulons compter dans le monde, nous devons nous appuyer sur les 500 millions d'Européens. Bien sûr, l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui mérite d'être plus efficace. Et il faut qu'elle retrouve son ambition."

Les grands projets de l'ancienne ministre ? Un "arrêt de l'agrandissement", une "convergence fiscale et sociale" et une "véritable défense européenne". Son combat pour le Sud-Ouest ? "Que l'Europe arrête de se mêler de tout et de n'importe quoi. La chasse, la tauromachie et nos spécificités locales ne sont pas des choses qui doivent se traiter au niveau européen."

Après le "carton jaune", le "carton rouge"
Le mot de la fin est revenu à Jean-François Copé, venu soutenir ses troupes en pleine tourmente liée à l'affaire Bygmalion (lire ci-dessous). Pour le patron de l'UMP, l'objectif est double : dénoncer "l'échec" du Parti socialiste et mettre en garde contre "la tentation" du Front national. "La France mérite mieux que d'être gérée par des hommes et des femmes qui ne sont guidés que par l'idéologie et le sectarisme, scande-t-il. Le 30 mars dernier (date du second tour des élections municipales, NDLR), nous avons déjoué tous les pronostics. Nous avons montré que la vérité n'était pas dans les sondages. Avec une victoire emblématique, ici, à Toulouse, de Jean-Luc Moudenc. Nous sommes aujourd'hui le premier parti de France."

Un parti qui entend bien compter dans la bataille des européennes. "Après le carton jaune des municipales, j'invite les habitants du Sud-Ouest à offrir un carton rouge à François Hollande, lance Jean-François Copé. Il n'y a pas d'élection défouloir. Chaque scrutin compte. Notre famille politique a besoin d'avoir le maximum de députés européens pour défendre les intérêts des Français." Et de conclure : "C'est d'abord un choix patriotique que de s'engager vers l'Europe."

Alexandre Léoty
© photo Rémi Benoit

Un meeting organisé en pleine affaire Bygmalion
Pour Jean-François Copé, cela ne fait aucun doute : les informations publiées hier dans les colonnes du journal Libération ne sont pas le fruit du hasard. Le quotidien assure que l'UMP a réglé entre janvier et juin 2012 "pour près de 20 millions d'euros d'événements liés à la communication" à Event&Cie, filiale de Bygmalion, agence fondée par des proches de Jean-François Copé. Des événements dont, suggère Libération, certains pourraient ne pas avoir eu lieu. Si le président de l'UMP n'a pas abordé le sujet pendant le meeting, il s'est exprimé sur l'affaire quelques minutes auparavant, devant un parterre de journalistes venus en nombre pour l'occasion. "Nous ne sommes dupes de rien, s'est défendu Jean-François Copé. Nous sommes à dix jours des élections européennes et la gauche est en grande difficulté. Tout a été dit sur le sujet. J'ai donné d'ailleurs tous les détails dans un rapport de sept pages."

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